lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DEMES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 septembre 2024 et 7 octobre 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Le Petit Palace de Giuliano, prise en la personne de son représentant légal, représentée par Me Aim, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à titre solidaire à la communauté d'agglomération de la Riviera française (CARF) et à la commune de Beausoleil, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la signification de l'ordonnance à intervenir, de retirer tous les conteneurs situés actuellement rue du Gaz et de les mettre hors de portée de son établissement, de protéger le conduit de gaz situé en contrebas du restaurant et de ramasser régulièrement les poubelles, deux fois par jour, et de nettoyer les conteneurs.
2°) de mettre à la charge solidaire de la communauté d'agglomération de la Riviera française (CARF) et de la commune de Beausoleil la somme de 3 000 euros par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie : la présence sans cesse plus importante de conteneurs en contrebas de son restaurant, onze constatés en septembre 2024, occasionne des odeurs pestilentielles pénétrant dans l'établissement ; le conduit de gaz subit régulièrement des chocs ; il est porté atteinte à sa liberté d'entreprendre ; son chiffre d'affaires baisse ; la communauté d'agglomération a reconnu qu'elle devait apporter une solution ;
- l'utilité des mesures sollicitées est avérée : le maire est tenu d'assurer la salubrité en application du code général des collectivités territoriales ; le président de la CARF, compétent en matière de collecte des ordures ménagères, doit assurer les missions en matière de salubrité ; l'administration doit respecter ses obligations au regard du règlement sanitaire départemental des Alpes-Maritimes ; les conteneurs ne sont vidés qu'à 19 h 00 ;
- les mesures sollicitées ne font obstacle à l'exécution d'aucune mesure administrative.
Par un mémoire, enregistré le 25 septembre 2024, la commune de Beausoleil, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Szepetowski-Polirsztok, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, au tribunal de mettre à la charge de la société requérante la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable : c'est la communauté d'agglomération de la Riviera française qui assure la compétence en matière de gestion et de collecte des déchets ménagers ; le référé mesures utiles présente un caractère subsidiaire et la société requérante invoque une atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie ;
- les conditions du référé mesures utiles ne sont pas réunies : l'urgence n'est pas avérée, les conteneurs ont toujours été situés à l'emplacement en litige et leur nombre n'a pas varié ; la société requérante sollicite des mesures définitives qui font obstacle à l'exécution d'une décision de la collectivité en charge des déchets ménagers ; les nuisances et les risques allégués ne sont pas établis.
Par un mémoire et une pièce, enregistrés les 4 et 7 octobre 2024, la communauté d'agglomération de la Riviera française, prise en la personne de son président en exercice, représentée par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, au tribunal de mettre à la charge de la société requérante la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable : la capacité à agir de la société requérante n'est pas démontrée :
- à titre subsidiaire, elle doit être mise hors de cause : c'est le maire de la commune, dans le cadre de ses pouvoirs de police générale qui prend les décisions en matière d'occupation du domaine public communal ;
- à titre très subsidiaire, la requête n'est pas fondée : l'urgence n'est pas établie ; la mesure sollicitée ne présente aucune utilité ; la matérialité des faits et des nuisances fait défaut ; la mesure fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative ; elle n'a aucune compétence s'agissant de la protection du conduit de gaz.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024 à 11 h 00 :
- le rapport de M. Pascal, juge des référés, assisté de Mme Masse, greffière ;
- les observations de Me Aim pour la société Le Petit Palace de Giuliano, qui reprend les moyens et arguments de sa requête et soutient qu'elle a démontré que son établissement subit des odeurs pestilentielles par la présence en augmentation de conteneurs, situation reconnue par la CARF à laquelle il doit être mis fin en urgence ;
- les observations de Me Sammut qui substitue Me Szepetowski-Polirsztok, pour la commune de Beausoleil, qui reprend ses écritures et qui fait valoir que la requête est irrecevable et que les conditions du référé mesures utiles ne sont pas remplies ;
- les observation de Me Bessis-Osty qui substitue Me Jacquemin, pour la communauté d'agglomération de la Riviera française, qui reprend ses écritures et qui conteste l'existence d'une situation d'urgence, des conteneurs sont installés au même emplacement depuis au moins 2011, ce qui n'a pas empêché l'établissement d'ouvrir une terrasse. Elle a pris des mesures pour mettre fin aux nuisances dont se plaint la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée Le Petit Palace de Giuliano qui exploite sous la même enseigne un restaurant à Beausoleil demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre, sous astreinte, à la communauté d'agglomération de la Riviera française (CARF) et à la commune de Beausoleil de retirer l'ensemble des conteneurs situés rue du Gaz et de les mettre hors de portée du restaurant, de protéger le conduit de gaz situé en contrebas du restaurant et de ramasser et de nettoyer de façon régulière les conteneurs.
Sur la mise hors de cause de la commune de Beausoleil :
2. Aux termes de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales : " I.- La communauté d'agglomération exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences suivantes : () 7° Collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés () ".
3. Il est constant que la CARF exerce la compétence en matière de collecte des déchets ménagers. Le présent litige trouvant son origine dans des nuisances et des risques liés, selon la société requérante, à la collecte des déchets relève de la compétence de la CARF. Par suite la commune de Beausoleil doit être mise hors de cause.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
6. Il résulte de l'instruction que des conteneurs collectant les ordures ménagères sont installés depuis plusieurs années rue du Gaz avant que la société requérante ne s'installe en juin 2019 au 19 boulevard de la République. Celle-ci fait valoir que le nombre de conteneurs a augmenté et que ces conteneurs dégagent des odeurs pestilentielles qui s'introduisent dans son établissement. Toutefois, à la date à laquelle le juge des référés statue, la CARF indique, sans être utilement contredite, que sollicitée en juillet 2024 par le conseil de la société requérante, elle a pris des mesures pour alléger le point de collecte du 19 bis boulevard de la République et que depuis le 29 août 2024, elle organise dorénavant deux collectes des bacs, tous les jours à 11 h 00 et 19 h 00. Par ailleurs, la société requérante ne démontre pas la réalité d'une perte de chiffre d'affaires en lien avec la présence des conteneurs d'ordures ménagères. S'agissant du conduit de gaz, il est constant que les collectivités publiques défenderesses n'en ont pas la charge. Enfin, les mesures sollicitées par la société requérante présentent un caractère définitif qui ne relève pas de l'office du juge des référés qui, en application de l'article L. 511-1 du code de justice administratif, statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Par suite, les mesures sollicitées par la société requérante, à les supposer recevables, ne présentent pas un caractère d'urgence ni d'utilité.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ni les fins de non-recevoir soulevées en défense, que la requête de la société Le Petit Palace de Giuliano doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
8. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Beausoleil et de la CARF, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, le versement de la somme que demande la société requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Le Petit Palace de Giuliano les sommes que demandent la commune de Beausoleil et la CARF au titre des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Beausoleil est mise hors de cause.
Article 2 : La requête de la société Le Petit Palace de Giuliano est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Beausoleil et de la communauté d'agglomération de la Riviera française tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Le Petit Palace de Giuliano, à la communauté d'agglomération de la Riviera française et à la commune de Beausoleil.
Fait à Nice, le 14 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
N° 2505040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026