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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2405097

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2405097

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2405097
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme B l'original de sa carte de séjour pluriannuelle "vie privée et familiale" valable jusqu'en 2025. La requérante, qui avait reçu une carte temporaire erronée et se trouvait dans l'impossibilité de renouveler son titre expiré, a vu son recours jugé urgent et utile. Le tribunal a accordé un délai de quinze jours à l'administration pour exécuter cette injonction, sans astreinte, et a condamné l'État à verser 900 euros à Mme B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Deudon, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer l'original de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2025, sans délai et sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance du titre susmentionné ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité pour justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et bénéficier de ses droits sociaux ;

- la mesure qu'elle sollicite ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante brésilienne née en 1981, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sans délai et sous astreinte, de lui délivrer l'original de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2025.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L.521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. En l'espèce, et d'une part, il résulte de l'instruction, que Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes, lesquels lui ont indiqué, via une attestation de décision favorable versée au dossier, que sa demande était acceptée et qu'une carte de séjour pluriannuelle, valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2025, était en cours de fabrication. Toutefois, il est constant que le titre qui lui a été délivré, à savoir une carte de séjour temporaire valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2024, ne correspond pas à la carte de séjour pluriannuelle susmentionnée dont elle devait bénéficier. D'autre part, l'intéressée soutient, sans être contredite par le préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense, qu'elle se retrouve dans l'impossibilité de renouveler la carte de séjour qui lui a été délivrée et qui est désormais expirée, la plateforme dédiée établissant qu'elle dispose du titre de séjour susmentionné valable jusqu'en 2025. Dans ces conditions, alors que la requérante produit de nombreux courriels de relance restés sans réponse, sa demande présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A l'original de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2025, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a en revanche pas lieu, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 900 euros à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A l'original de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 19 juillet 2023 au 18 juillet 2025, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 4 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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