vendredi 15 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405182 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 septembre et 13 novembre 2024, M. D A, représenté par Me Rossler, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou subsidiairement, de le convoquer en vue du dépôt de son dossier et de la remise d'un récépissé dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance de son récépissé de demande de titre de séjour et l'instruction de sa demande ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dès lors qu'en l'absence de délivrance d'un tel récépissé ou d'un titre de séjour, il ne peut se déplacer librement, poursuivre sa scolarité et exercer une activité professionnelle ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucune condition d'urgence n'est pas remplie dans la mesure où le requérant n'a pas suivi les démarches dans les modalités procédurales requises.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant brésilien né en 2005, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B A a sollicité, par un courrier reçu en préfecture des Alpes-Maritimes le 9 juillet 2024, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de " jeune majeur " sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. A l'issue de cette demande, la préfecture des Alpes-Maritimes a indiqué au requérant que sa situation correspondait à une admission au séjour en qualité de " jeune majeur " avant le 19ème anniversaire et non au regard d'une admission exceptionnelle au séjour. En se bordant à adresser une nouvelle demande de titre de séjour, par courrier reçu par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes le 29 juillet 2024, le requérant n'a pas procédé à la procédure de demande de prise de rendez-vous préalable sur le site internet ni déposé par la suite son dossier directement en se présentant personnellement en préfecture. Dans ces conditions, M. B A, qui n'établit pas avoir effectué les démarches requises aux fins de déposer sa demande de titre de séjour, ne démontre pas le caractère utile de la mesure qu'il sollicite au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la requête de M. B A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 15 novembre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
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