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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2405213

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2405213

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2405213
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait la délivrance d'un titre de séjour "recherche d'emploi et création d'entreprise". La juge a estimé que la demande de délivrance d'un titre de séjour ne relevait pas des mesures provisoires ou conservatoires que le juge des référés peut ordonner. En outre, la condition d'urgence n'était pas justifiée, le requérant ne démontrant pas de situation particulière nécessitant une intervention immédiate. La demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Zouatcham demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi et création d'entreprise ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de prendre toutes les mesures utiles, à titre subsidiaire, lui permettant de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi et création d'entreprise ".

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences de l'absence de titre de séjour sur sa situation ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, dès lors qu'il ne peut, sans disposer d'un titre de séjour, d'une part, justifier de sa régularité sur le territoire français et, d'autre part, exercer une activité professionnelle ;

- la délivrance d'un titre de séjour ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Chevalier-Aubert, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais () " et, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

En ce qui concerne les conclusions à fins de délivrance d'un titre de séjour :

2. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Les conclusions présentées par M. A, ressortissant ivoirien né le 15 août 1988, tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour n'entrent pas dans le champ de celles, de nature provisoire ou conservatoire, que le juge des référés peut ordonner sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions à fins d'injonction de toutes mesures utiles :

4. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a formé une demande de changement de statut d'un titre de séjour, laquelle a été réceptionnée par les services de la préfecture des Alpes-Maritimes le 22 mai 2024. Suite à une demande d'information en date du 17 juin 2024, la préfecture, par un courrier électronique en date du 20 juin 2024 indique à M. A que le délai actuel de traitement des dossiers est de l'ordre de deux à trois mois à compter de la réception du dossier. Toutefois, en se bornant à indiquer avoir relancé l'administration le 28 août 2024 au sujet de l'examen sa demande, et en faisant valoir l'irrégularité de sa situation sur le territoire français ainsi que son impossibilité d'exercer une activité professionnelle, sans pour autant justifier d'une quelconque promesse d'embauche, l'intéresse ne justifie pas d'une situation d'urgence particulière au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les conclusions à fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

6. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

7. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives à l'astreinte doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée pour information au Préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 30 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

V. Chevalier-Aubert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

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