mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2405970 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, Mme A B demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner aux services de l'Etat d'attribuer effectivement, sous astreinte, un accompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH) individuel à raison de 32 heures par semaine à son enfant comme il est prévu par la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du 28 mai 2024.
Elle soutient que :
- la condition relative à l'urgence est satisfaite, compte tenu des conséquences de l'absence d'attribution d'un AESH sur la scolarisation de son enfant ; la CDAPH de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Alpes-Maritimes a attribué à son enfant par une décision du 28 mai 2024, un accompagnement scolaire et périscolaire de trente-deux heures par semaine ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'éducation de son fils.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
2. La requérante fait valoir, que la non-exécution par l'Etat de son obligation porte atteinte au droit à l'éducation de son fils qui est en situation de handicap. Toutefois, elle n'établit pas avoir effectué des démarches auprès des services compétents du rectorat ou de l'établissement scolaire dans lequel son fils est scolarisé pour la mise en œuvre effective de l'aide accordée à son enfant. Il n'apparaît pas davantage que la présence alléguée d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap partagé à raison de 8h15 au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) ferait obstacle à la scolarisation de l'élève concerné, qui est âgé de six ans, dans l'attente de la mise en place complète de l'aide accordée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, et qu'elle serait de nature à caractériser l'urgence particulière justifiant qu'il soit ordonné à très bref délai, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale.
3. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Nice et à la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice le 29 octobre 2024.
Le juge des référés
signé
A. Myara
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
N°2405970
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