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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406254

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406254

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406254
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui demandait d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail. Le tribunal estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car M. A s'est lui-même placé dans cette situation en ne complétant pas son dossier, ce qui a conduit à la clôture de sa demande le 25 novembre 2024. En outre, la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision de clôture. La décision s'appuie sur les articles R. 431-12 et R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Antoine, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance du récépissé de sa demande ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où la délivrance du récépissé sollicité lui permettrait de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et d'exercer une activité professionnelle ;

- la mesure qu'il sollicite ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer sur la requête de M. A et au rejet des conclusions relatives aux frais d'instance.

Il soutient qu'une demande de pièces complémentaires a été adressée au requérant le 14 novembre 2024 et que l'incomplétude de son dossier fait obstacle à la délivrance du récépissé de sa demande de titre de séjour.

Par un mémoire en réplique et des pièces complémentaires, enregistrés les 19 et 22 novembre 2024, M. A doit être regardé comme maintenant l'ensemble des conclusions de sa requête.

Il soutient que :

- il est entré régulièrement en France ;

- la demande de pièces complémentaires est intervenue postérieurement à l'introduction de sa requête et lesdites pièces n'ont jamais été réclamées dans le cadre de ses précédentes demandes de titre de séjour.

Par un second mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que la demande de titre de séjour de M. A a été clôturée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. d'Izarn de Villefort, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né en 1993, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". L'article R. 431-14 du même code énumère les cas dans lesquels le récépissé d'une première demande de titre de séjour vaut autorisation de travail.

5. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.

6. Il résulte de l'instruction, que M. A a sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes, la délivrance d'un titre de séjour le 8 octobre 2024. Malgré une demande faite en ce sens le 10 octobre 2024, aucun récépissé ne lui a été remis. Le requérant soutient que la carence de l'administration dans la délivrance du récépissé sollicité, le place dans une situation précaire, dès lors qu'il ne peut, sans disposer de ce document, justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et exercer une activité professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces produites par le préfet des Alpes-Maritimes, qu'une demande de pièces complémentaires a été adressée au requérant le 14 novembre 2024 et que sa demande de titre de séjour a été clôturée le 25 novembre 2024 en raison de l'incomplétude de son dossier. Dans ces conditions, alors que le requérant ne démontre pas avoir réalisé les démarches nécessaires pour compléter son dossier, il doit être regardé comme s'étant lui-même placé dans la situation d'urgence dont il se prévaut. Par ailleurs, en tout état de cause, la requête de M. A, tendant à ce qu'un récépissé de demande de titre de séjour lui soit délivré, fait nécessairement obstacle à l'exécution de la décision de clôture de son dossier prise par la préfecture des Alpes-Maritimes le 25 novembre 2024.

7. Il résulte de ce qui a été dit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de ces dispositions, sur lesquelles il y a lieu de statuer en dépit de l'intervention d'une décision de clôture, doivent être rejetées, ensemble celles formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

P. D'IZARN DE VILLEFORT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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