vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2406359 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2024, la commune de Mandelieu-la-Napoule demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à Monsieur M. D A ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer dans un délai de quinze jours la dépendance du domaine public communal qu'il occupe sans droit ni titre d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant le prononcé de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'autoriser la commune, à défaut d'exécution immédiate de l'ordonnance à intervenir, à faire évacuer le terrain, avec le concours de la force publique si nécessaire ;
3°) de condamner Monsieur M. D A à remettre les lieux en état.
La commune soutient :
- qu'elle a mis à disposition de M. A, agent municipal contractuel un logement dans l'emprise du domaine public communal en contrepartie de tâches à effectuer dans le cimetière Saint-Jean (ouverture et fermeture, surveillance de la propreté) ; que le contrat de M. A a pris fin le 31 juillet 2024 ;
- que les conditions d'urgence et d'utilité sont satisfaites car le maintien de l'intéressé dans les lieux empêche le bon fonctionnement du service public, et que la mesure d'expulsion ne souffre d'aucune contestation sérieuse puisque l'intéressé ne détient plus aucun droit à se maintenir dans les lieux depuis 2 mai 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2024, M. A conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la commune requérante et subsidiairement à ce que la date d'expulsion soit la plus tardive possible.
Le défendeur soutient que :
- La commune ne justifie pas de la délibération accordant au maire le pouvoir d'ester en justice ni de la compétence de la signataire de la requête ;
- L'urgence et l'utilité de la mesure ne sont pas démontrées ni l'appartenance du local au domaine public ; le poste de gardien ne comporte aucune astreinte et qu'en conséquence la commune de Mandelieu-la-Napoule ne saurait valablement attribuer ce logement à un autre agent non tenu à des astreintes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code général de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 3 décembre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Bahmed, greffière d'audience, et entendu les observations de M. C et de Mme B représentants la commune de Mandelieu-la-Napoule et de M. A qui indique travailler actuellement pour la commune de Mouans-Sartoux, qu'il devrait être titulaire d'un contrat à durée indéterminé d'ici le mois de février 2025 , qu'il rencontre d'importantes difficultés à se reloger compte tenu de la période de fin d'année et sollicite en conséquence un délai pour quitter le logement litigieux jusqu'à février 2025.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 5 décembre 2024, produite par M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :
1. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Mandelieu-la-Napoule justifie de la compétence de la signataire de la requête, Mme Flambard, conseillère municipale, pour saisir le juge des référés en vertu de la délégation reçue du maire de la commune par arrêté du 27 mai 2020. Il est constant, que par une délibération en date du 27 mai 2020, visée dans ledit arrêté et mise à la disposition du public, le maire avait reçu du conseil municipal délégation pour ester en justice. Il s'ensuit que les fins de non-recevoir soulevée en défense et tendant à l'irrecevabilité de la requête en l'absence de délégation du maire pour ester en justice et de justification de la compétence de la signataire de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. M. A, agent municipal contractuel occupe un logement dans l'emprise du cimetière communal Saint-Jean, appartenant à la commune de Mandelieu-la-Napoule dont il avait la jouissance en contrepartie de tâches à effectuer dans le cimetière (ouverture et fermeture, surveillance de la propreté) . La commune demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre à Monsieur M. D A ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer dans un délai de quinze jours la dépendance du domaine public communal qu'il occupe sans droit ni titre et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de quinze jours suivant le prononcé de l'ordonnance à intervenir.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Lorsqu'il est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le logement litigieux constitue une dépendance du domaine public communal, occupé par M. A en vertu d'un contrat d'occupation du domaine public en date du 3 mai 2021 d'une durée de trois ans ; que M. A, dont le contrat de travail qui le liait à la commune a par ailleurs expiré le 31 juillet 2024, s'est maintenu dans le logement malgré les mises en demeure qui lui ont été adressées après l'expiration du contrat d'occupation du domaine public ; que M. A ne s'acquitte ni de la redevance d'occupation ni des tâches d'ouverture et fermeture du cimetière et de surveillance de sa propreté. Il s'ensuit qu'il est établi que le défendeur occupe sans droit ni titre un logement appartenant au domaine public de la commune de Mandelieu-la-Napoule.
5. Il ressort des pièces du dossier que la commune ne peut plus disposer sur place, alors que le cimetière, situé dans les collines qui surplombent la ville, est excentré, d'un agent pour effectuer les tâches d'ouverture, fermeture et de surveillance de la propreté du cimetière, ce qui perturbe le bon fonctionnement du service public ce qui oblige la police municipale, dont ce n'est pas la fonction, à effectuer les ouvertures et fermetures. Il ressort également des pièces du dossier que la commune a indiqué à M. A depuis le mois de mai 2024 que sa présence dans les lieux ne pouvait perdurer au-delà du 31 juillet 2024, date de la fin de son contrat de travail.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la commune est fondée à soutenir que la mesure d'expulsion est urgente et utile et qu'aucune contestation sérieuse ne s'y oppose. Il y a donc lieu d'enjoindre à M. D A ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer dans un délai d'un mois le logement, situé cimetière Saint-Jean, route de Fréjus-Paul Ricard dépendance du domaine public de la commune de Mandelieu-la-Napoule qu'il occupe sans droit ni titre et d'autoriser la commune, à défaut d'exécution de l'ordonnance dans le délai imparti, de procéder à l'expulsion forcée, aux frais et risques du requérant, avec le concours de la force publique.
7. Il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance.
8. La demande de la commune tendant à la condamnation du défendeur à la remise en état des lieux ne relève pas de l'office du juge des référés et doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A le fondement des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. D A ainsi qu'à tous occupants de son chef, de libérer dans un délai d'un mois le logement situé cimetière Saint-Jean, route de Fréjus-Paul Ricard à Mandelieu-la-Napoule.
Article 2 : A défaut d'exécution par M. A de l'ordonnance dans le délai d'un mois à compter de sa notification, la commune de Mandelieu-la-Napoule est autorisée à procéder à l'expulsion forcée de M. A et de tous occupants de son chef avec le concours de la force publique.
Article 3 : L'injonction énoncée à l'article 1er est assortie, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance, d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à la charge de M. A et au bénéfice de la commune de Mandelieu-la-Napoule.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Mandelieu-la-Napoule et à M. A.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2406359
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026