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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406508

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406508

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406508
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. C contestant une décision de la CAF des Alpes-Maritimes relative à ses droits au RSA et à l’APL. La requête a été jugée manifestement irrecevable car M. C n’a pas produit la décision attaquée, n’a pas justifié de l’exercice du recours administratif préalable obligatoire prévu par les articles L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles et L. 825-2 du code de la construction et de l’habitation, et n’a pas motivé suffisamment sa requête, et ce malgré une demande de régularisation. Le tribunal s’est fondé sur les articles R. 222-1 (4° et 7°), R. 412-1 et R. 411-1 du code de justice administrative pour prononcer ce rejet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2024, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 20 novembre 2024 de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, portant sur ses droits au revenu de solidarité active et à l'aide personnelle au logement.

Par un courrier du 26 novembre 2024, dont il a accusé réception le 27 novembre 2024, le tribunal a informé M. C que :

- il n'avait pas produit la décision attaquée ;

- il n'avait pas formé de recours administratif préalable obligatoire conformément aux articles L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles et L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation ;

- sa requête n'était pas suffisamment motivée.

Le greffe a invité le requérant à régulariser sa requête dans un délai d'un mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables () () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (). ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ".

3. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 26 novembre 2024, M. C, qui en a accusé réception le 27 novembre 2024, n'a toutefois pas, dans le délai d'un mois qui lui était imparti à compter de cette date, produit la décision attaquée. Par suite, ses conclusions sont manifestement irrecevables et il y a lieu, dès lors, de rejeter la requête par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti, qui sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

5. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 26 novembre 2024, M. C, qui en a accusé réception le 27 novembre 2024, n'a toutefois pas, dans le délai d'un mois qui lui était imparti à compter de cette date, procédé à la régularisation de sa requête en l'assortissant des motivations suffisantes permettant au tribunal d'y statuer. Dans ces conditions, la requête de M. C est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental ". Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ".

7. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 26 novembre 2024, M. C, qui en a accusé réception le 27 novembre 2024, n'a toutefois pas, dans le délai d'un mois qui lui était imparti à compter de cette date, adressé au tribunal les décisions du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et du directeur général de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes, rejetant son recours administratif préalable obligatoire, ou la preuve de l'envoi d'un tel recours, resté sans réponse. Dans ces conditions, la requête de M. C est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Nice, le 11 février 2025.

La présidente,

signé

M. B

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière,

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