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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2406593

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2406593

mercredi 15 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2406593
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice a rejeté la requête de M. A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer sa carte de résident mise à jour avec sa nouvelle adresse. Le juge des référés a estimé que M. A ne justifiait pas d'une urgence suffisante, condition nécessaire pour obtenir une mesure provisoire, malgré ses démarches depuis 2022 et les difficultés alléguées pour renouveler son titre de voyage. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Khadraoui-Zgaren demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer sa carte de résident mise à jour avec son adresse actuelle dans le délai de sept jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 350 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 250 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences de l'absence de carte de résident mise à jour sur sa situation ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité, dès lors qu'il ne peut, sans disposer d'une carte de résident mise à jour procéder au renouvellement de son titre de voyage pour réfugié, et qu'il se trouve dans une situation de vulnérabilité juridique ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant palestinien né en 1993, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, sous astreinte, de lui délivrer sa carte de résident mise à jour avec son adresse actuelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Il résulte de l'instruction, que M. A, titulaire d'une carte de résident valable du 11 août 2016 au 10 août 2026, a sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes la rectification de son adresse postale par deux demandes en date du 1er mars 2022 et 8 décembre 2023 auxquelles la préfecture a répondu favorablement le 23 mars 2024. Si M. A soutient que le délai pris par l'administration dans la délivrance de sa carte de résident actualisée est anormalement long et que cette carence des services préfectoraux a pour effet de la placer dans une situation administrative précaire notamment en ce qu'il ne peut procéder au renouvellement de son titre de voyage pour réfugié, il ne justifie pas d'une urgence au sens de l'article L.521-3 du CJA précité.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 15 janvier 2025.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,ou par délégation la greffière,

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