lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2407080 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Guillet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de son récépissé ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où la carence du préfet des Alpes-Maritimes le place dans une grande difficulté auprès de son employeur ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
En ce qui concerne l'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour :
2. Il résulte de l'instruction, que M. B, ressortissant tunisien né en 1986, était titulaire d'un visa long séjour " vie privée et familiale ", lequel est arrivé à expiration le 21 septembre 2021, dont il a sollicité le renouvellement par une demande auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes, et qu'il bénéficie depuis lors de récépissés dont le dernier est arrivé à expiration le 3 juin 2024. Le requérant soutient, sans être contredit par le préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense et que la carence de ce dernier dans l'instruction de sa demande le place dans une situation professionnelle précaire. Le requérant verse, au soutien de ses allégations, un courrier du 18 décembre 2024 par lequel son employeur le met en demeure de lui fournir un document de nature à régulariser sa situation administrative. Dans ces conditions, compte tenu des circonstances tirées, d'une part, de ce que M. B est dépourvu de tout document l'autorisant à séjourner régulièrement sur le territoire français et à exercer une activité professionnelle depuis le 3 juin 2024, en dépit de ses nombreuses relances auprès des services de la préfecture des Alpes-Maritimes, et d'autre part, de ce que sa demande de renouvellement de titre de séjour est en cours d'instruction par l'administration depuis plus de trois ans, la mesure qu'il sollicite présente un caractère d'urgence et d'utilité. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le prononcé de cette mesure ferait obstacle à l'exécution d'une quelconque décision administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de statuer sur la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
En ce qui concerne le renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite le renouvellement d'un titre de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir un récépissé de sa demande, qui vaut autorisation provisoire de séjour.
4. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 2, que M. B était titulaire de plusieurs récépissés dont le dernier est arrivé à expiration le 3 juin 2024. Pour justifier du caractère urgent de la mesure qu'il sollicite, le requérant fait valoir, comme vu précédemment, sa situation professionnelle précaire. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour de M. B dans le délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, le versement d'une somme de 500 euros au profit de M. B, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de statuer, dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance, sur la demande de renouvellement de titre de séjour de M. B, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour de M. B dans le délai de sept jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 3 février 2025.
Le juge des référés,
signé
G. Taormina
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
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03/08/2026