lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2500471 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAURENS MAEVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, M. A C, M. E D, M. H B, M. G F, actuellement retenus au centre de rétention administrative de Nice, représentés par Me Dridi et Me Laurens, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à l'autorité administrative de ne pas utiliser la tenue d'audience en visioconférence pour les contentieux rétention à venir devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence tant que des travaux de conformité n'auront pas été entrepris ;
3°) d'enjoindre à la cour d'appel d'Aix-en-Provence de ne pas tenir d'audience au sein du bureau de visioconférence tant que des travaux de conformité n'auront pas été entrepris ;
4°) de mettre à la charge de l'État, représenté par l'autorité préfectorale compétente, le versement à Me Dridi et Me Laurens de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la juridiction administrative est compétente dès lors, d'une part, que le bureau de visioconférence se situe sur le domaine public du ministère de l'intérieur et que l'autorité administrative est gestionnaire de ce lieu ; d'autre part, la question intéresse l'organisation de la justice administrative et la décision de recourir au bureau de visio du centre de rétention administrative de Nice en tant que salle d'audience au sens de l'article L.743-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constitue un acte à portée générale et impersonnelle et par suite, relatif à l'organisation du service public de la justice ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la salle de visio du centre de rétention administrative de Nice ne respecte pas les exigences posées par le législateur, le Conseil d'État et la Cour de cassation. Cette irrégularité porte atteinte au droit au procès équitable et à la publicité des débats judiciaires, principe fondamental de transparence de l'État de droit. En outre, ce procédé empêche leur conseil d'exercer pleinement sa mission devant la juridiction judiciaire et il n'existe aucune autre voie de droit permettant d'éviter utilement cette atteinte à leurs droits dans le cadre d'une mesure d'éloignement pouvant être exécutée d'office ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit d'assurer de manière effective leur défense devant le juge, au respect des règles de procédures, par analogie avec le code de procédure pénale pour les détenus, et la procédure applicable en matière d'extradition et à leur droit à un recours effectif ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Myara, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures." En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. D'autre part, aux termes de l'article L.743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Afin d'assurer une bonne administration de la justice et de permettre à l'étranger de présenter ses explications, l'audience se tient dans la salle d'audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention. Le juge peut toutefois siéger au tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention. Les deux salles d'audience sont alors ouvertes au public et reliées entre elles en direct par un moyen de communication audiovisuelle garantissant la confidentialité et la qualité de la transmission. Dans le cas mentionné au deuxième alinéa, le conseil de l'étranger, de même que le représentant de l'administration, peut assister à l'audience dans l'une ou l'autre salle. Il a le droit de s'entretenir avec son client de manière confidentielle. Une copie de l'intégralité du dossier est mise à la disposition du requérant. Un procès-verbal attestant de la conformité des opérations effectuées au présent article est établi dans chacune des salles d'audience. () Par dérogation au premier alinéa, lorsqu'aucune salle n'a été spécialement aménagée à proximité immédiate ou en cas d'indisponibilité de la salle, l'audience se tient au siège du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention. Par dérogation au présent article, lorsqu'est prévue une compétence territoriale dérogatoire à celle fixée par voie réglementaire, l'audience se tient au siège du tribunal judiciaire auquel appartient le juge compétent. Le juge peut toutefois décider que l'audience se déroule avec l'utilisation de moyens de communication audiovisuelle, dans les conditions prévues aux deuxième et troisième alinéas. ".
3. La juridiction judiciaire est compétente pour connaître des décisions ou mesures qui relèvent du fonctionnement du service public de la justice et dont l'examen se rattache à la fonction juridictionnelle ou conduit à porter une appréciation sur la marche même des services judiciaires. En tant qu'elle concerne les conditions de déroulement de l'audience et plus particulièrement les modalités de comparution d'une personne retenue pendant l'audience, la décision de recourir à la visioconférence ou d'en faire usage au cours d'une audience relève ainsi de la fonction juridictionnelle et donc de la compétence de la juridiction judiciaire. Cependant, lorsque le litige porte sur la légalité d'un acte à portée générale et impersonnelle et qu'il est par suite relatif à l'organisation du service public de la justice, seul le juge administratif a compétence pour en connaître, quel que soit l'objet de cet acte.
4. Il résulte de l'instruction que le placement des requérants au centre de rétention de Nice a fait l'objet d'une prolongation par le magistrat délégué du tribunal judiciaire de Nice, par des ordonnances dont ils ont interjeté appel. Par un courrier du greffier de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence du 29 janvier 2025, ils ont été convoqués à l'audience du 30 janvier 2025, ce courrier mentionnant qu'elle serait organisée par visioconférence entre le palais de justice d'Aix-en-Provence et le centre de rétention de Nice. Si les requérants soutiennent devant le juge des référés que l'utilisation de la visioconférence dans cadre de cette audience méconnaît plusieurs libertés fondamentales, il résulte du principe énoncé au point 3 que la décision de recourir à la visioconférence pour chacun des requérants se rattache à la fonction juridictionnelle. En outre, il ne saurait se déduire de la seule mention portée sur les convocations individuelles produites par les requérants, du recours à cette modalité d'organisation de l'audience, l'existence d'un acte à portée générale et impersonnelle relatif à l'organisation du service public de la justice.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître, sans qu'il y ait lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C, M. D, M. B et M. F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, M. E D,
M. H B et M. G F.
Copie en sera délivrée au premier président de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 3 février 2025.
Le juge des référés
signé
A. Myara
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026