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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2501765

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2501765

lundi 12 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2501765
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A, ressortissante indienne, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler. La requérante justifiait d'une situation d'urgence et d'utilité, car l'absence de récépissé compromettait le maintien de son allocation de retour à l'emploi et son accès à un emploi. Le juge a accordé un délai de quinze jours à l'administration pour exécuter cette mesure, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et a condamné l'État à verser 500 euros à Mme A au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 1er et 4 avril 2025, Mme B A, représentée par Me Della Monaca, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, dès lors que le refus de délivrance du récépissé entrave le maintien de son allocation de retour à l'emploi ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où la délivrance du récépissé sollicité lui permettrait de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français et d'accéder à un emploi ;

- la mesure qu'elle sollicite ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Taormina, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L.521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l'instruction, que Mme A, ressortissante indienne née le 25 février 1992, a sollicité auprès du préfet des Alpes-Maritimes, le renouvellement de son titre de séjour expirant le 9 avril 2025 par courrier recommandé réceptionnée le 15 janvier 2025 par la préfecture des Alpes-Maritimes. Il résulte également de l'instruction que la requérante a adressé plusieurs relances à la préfecture des Alpes-Maritimes afin qu'elle soit munie d'un récépissé de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour. Le retard pris par l'administration dans le traitement de sa demande la place dans une situation précaire, dès lors qu'à défaut d'obtenir le récépissé sollicité, elle est exposée au risque de perdre le bénéfice de l'allocation de retour à l'emploi et ne peut trouver un emploi sur le territoire français. Dès lors, la requérante établit l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée au sens des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, laquelle mesure ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au profit de Mme A, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à Mme A un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.

Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au profit de Mme A, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 12 mai 2025.

Le juge des référés,

signé

G. Taormina

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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