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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2502018

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2502018

vendredi 20 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2502018
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme D et M. B qui demandaient une injonction de relogement adapté au handicap de M. B. Les requérants, bien que reconnus prioritaires au titre du droit au logement opposable, n'ont pas démontré que les conditions d'urgence et d'utilité étaient remplies, le préfet ayant déjà transmis leur dossier aux bailleurs sociaux et s'étant engagé à les reloger dès qu'un logement adapté serait disponible. La solution retenue est le rejet de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 25 avril 2025, Mme A D et M. C B demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de leur proposer un logement adapté à leur situation sans délai et sous astreinte.

Ils soutiennent que :

- ils ont été reconnus comme prioritaires au titre du droit opposable au logement ;

- ils vivent dans un logement inadapté ;

- l'Etat a l'obligation de procéder à leur relogement.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2025, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le dossier de Mme D a été adressé aux différents bailleurs sociaux susceptibles d'avoir des logements à mobilité réduite et que dès qu'un logement sera disponible, elle sera relogée en priorité.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Sorin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Il résulte de l'instruction que les requérants dont la demande de relogement a été reconnue prioritaire le 7 mai 2024, sont en attente d'un relogement dans un logement adapté au handicap de M. B. Toutefois, l'absence de relogement est dû à l'absence de logement adapté à la situation de M. B. Par suite, dès lors que le préfet a adressé le dossier des requérants à l'ensemble des bailleurs sociaux et a indiqué qu'ils seraient relogés en priorité dès qu'un logement adapté serait disponible, les conditions posées par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent être regardées comme remplies.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D et M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris en celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D et M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, M. C B et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 20 juin 2025.

La juge des référés,

signé

G. Sorin

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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