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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2502812

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2502812

vendredi 6 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2502812
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante brésilienne. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et de réexaminer sa demande. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, Mme A étant déjà en possession d'un récépissé valable jusqu'au 8 juin 2025, l'autorisant à travailler. S'agissant du réexamen, le tribunal a rappelé, en application des articles R.432-1 et R.432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'une décision implicite de rejet était née depuis le 7 octobre 2024, et que la délivrance d'un récépissé ne faisait pas obstacle à cette décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2025, Mme B A, représentée par Me Antoine demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

- la condition relative à l'urgence est remplie, compte tenu des conséquences qu'a sur sa situation la carence du préfet des Alpes-Maritimes dans la délivrance d'un récépissé ;

- la mesure sollicitée présente un caractère d'utilité dans la mesure où elle lui permettrait de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, d'exercer une activité professionnelle pour subvenir aux besoins de son enfant ;

- la mesure qu'elle sollicite ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

-la décision du Conseil d'Etat n°498991, rendue le 2 avril 2025 ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1.Mme A, ressortissante brésilienne née le 19 septembre 1979, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour et de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

En ce qui concerne le renouvellement d'un récépissé :

2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ". L'article R. 431-14 du même code énumère les cas dans lesquels le récépissé de demande de titre de séjour vaut autorisation de travail.

3. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de membre de famille d'un citoyen de l'union européenne, le 7 juin 2024. Par une ordonnance n°2404820 du tribunal administratif de Nice, le préfet des Alpes-Maritimes a été enjoint à délivrer à Mme A, un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il résulte également de l'instruction que l'intéressée a été mise en possession d'un récépissé de sa demande de carte de séjour valable du 9 décembre 2024 au 8 juin 2025. En outre, ce récépissé permet à Mme A d'exercer une activité professionnelle. Dans ces conditions, Mme A ne démontre pas l'urgence de sa situation. Par suite, le demande de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de lui renouveler son récépissé doit être rejetée.

En ce qui concerne l'instruction du réexamen de la demande de titre de séjour :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

5. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Enfin, aux termes de l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

6. Il résulte de la décision du Conseil d'Etat n°498981, rendue le 2 avril 2025, que ni la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, ni le renouvellement de celui-ci ne fait ensuite obstacle à la naissance d'une décision implicite de rejet quatre mois après la réception de la demande de titre de séjour ou de renouvellement de celui-ci, et la délivrance d'un tel récépissé ou son renouvellement postérieurs n'a pas pour effet de retirer, ni d'abroger une décision implicite de rejet déjà née.

7. Comme cité au point 3, Mme A a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 7 juin 2024. Par ailleurs, elle est en possession d'un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Dès lors, il est constant qu'à la date de la présente ordonnance, un délai de plus de quatre mois s'est écoulé depuis la réception par l'administration de la demande de titre de séjour précitée qui, en application des dispositions combinées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit de ce fait être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Le renouvellement d'un récépissé de la demande de renouvellement du titre de séjour n'a pas pour effet de faire obstacle à la naissance d'une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de réexaminer sa situation fait nécessairement obstacle à l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes sur sa demande de titre de séjour.

8. Il résulte de ce qui a été dit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l'article L.521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ensemble celles formulées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Nice, le 6 juin 2025.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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