LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2503310

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2503310

vendredi 4 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2503310
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL CORNET VINCENT SEGUREL (C.V.S.)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé précontractuel sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de la société Mardi8. Celle-ci contestait la procédure de passation d'un marché public de scénographie pour un parc animalier, en invoquant notamment l'absence de pondération chiffrée des critères d'attribution et un défaut de motivation du rejet de son offre. Le juge a estimé que la société requérante ne justifiait pas d'un intérêt lésé, car il n'était pas établi que l'absence de pondération, à la supposer irrégulière, aurait modifié le classement des offres. En conséquence, la demande de suspension de la procédure et d'injonction a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 30 juin 2025, la société Mardi8, représentée par Me Governatori, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la procédure de passation du marché public " Réalisation d'équipement scénographique pour le parc animalier Alpha " engagée par le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore ;

2°) d'enjoindre au Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore de reprendre la procédure à l'étape de l'analyse des offres.

3°) de mettre à la charge du Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le pouvoir adjudicateur a méconnu l'article R.2152-7 du Code de la commande publique dès lors qu'aucune pondération chiffrée n'était indiquée pour l'appréciation des critères financiers et techniques ;

- la procédure a conduit à l'attribution d'un marché à un candidat, Holymage, plus cher de 212 012 euros HT ;

- le courrier du 5 juin 2025 l'informant du rejet de son offre est entaché d'un défaut de motivation ;

- le principe d'égalité de traitement des candidats a été méconnu.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2025, le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore, représenté par Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Le syndicat soutient que:

- si les critères n'étaient pas pondérés, ils étaient clairement hiérarchisés en raison de la spécificité du marché ; en toute hypothèse, à supposer qu'une pondération ait pu être retenue, il n'est pas établi que le classement aurait été différent ; la société Mardi8 ne peut dès lors se prévaloir d'aucun intérêt lésé ;

- le moyen tenant à la méconnaissance du principe de bonne utilisation des deniers publics en raison de l'attribution du marché à une société dont l'offre est plus chère de 212 012 euros HT n'est pas fondé ;

- le courrier adressé à la requérante pour l'informer du rejet de son offre contenait tous les éléments prévus par l'article R. 2181-3 du code de la commande publique ;

- la seule circonstance que la méthode de notation choisie soit non chiffrée ne saurait constituer un manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2025, la société Holymage, représentée par Me Fergon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

La société Holymage soutient que :

- la société requérante est dépourvue d'intérêt à agir dès lors qu'elle ne peut se prévaloir du seul fait qu'elle a été classée seconde pour justifier d'un intérêt lésé ;

- l'appréciation de la valeur technique des offres n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article L.551-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me Governatori, représentant la société Mardi8, qui conclut à l'annulation de la procédure d'attribution ;

- Me Pichon, représentant le syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore ;

- du représentant de la société Holymage.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. Le syndicat mixte pour le développement de la Vallée de la Vésubie et du Valdeblore a lancé une procédure de publicité et de mise en concurrence, en vue de conclure un marché de " réalisation d'équipement scénographique pour le parc animalier Alpha" suivant un accord-cadre sans minimum et avec un maximum de 1.500.000 € HT. Par courrier du 5 juin 2025, le syndicat a informé la société Mardi8 du rejet de son offre classée deuxième. A l'issue des observations orales lors de l'audience, la société Mardi8 doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision du 5 juin 2025 ainsi que de l'ensemble de la procédure litigieuse.

2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. " Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. "

3. La société requérante, qui a présenté une offre classée au terme de la procédure en deuxième position, est fondée à soutenir qu'elle est susceptible d'avoir été lésée dans ses intérêts par l'irrégularité de la procédure.

4. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration ; qu'en vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.

5. Aux termes de l'article R. 2152-12 du code de la commande publique : " Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, les critères d'attribution font l'objet d'une pondération ou, lorsque la pondération n'est pas possible pour des raisons objectives, sont indiqués par ordre décroissant d'importance ". Il résulte de ces dispositions que c'est seulement si la pondération des critères d'attribution est impossible que la personne publique qui s'apprête à passer un marché peut se borner à procéder à leur hiérarchisation par ordre décroissant d'importance.

6. Au cas d'espèce il est constant que le règlement de consultation ne comportait aucune pondération des deux critères d'appréciation des offres à savoir " qualité de réponse au programme " et " compatibilité avec l'enveloppe financière prévisionnelle ", mais uniquement une hiérarchisation donnant la priorité au premier critère. Le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore, pour justifier l'absence de pondération, se borne à invoquer de manière générale les particularités du marché sans précision, ce qui ne permet pas d'établir l'existence d'une raison objective fondant l'impossibilité d'affecter, dans les documents de la consultation, une pondération chiffrée aux critères d'attribution du marché litigieux. Il s'ensuit que le syndicat a méconnu ses obligations en matière de mise en concurrence telles qu'elles résultent de l'article R.2152-12 précité.

7. L'article L. 551-2 du même code dispose que : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ".

8. Le juge des référés précontractuels détient, en vertu des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, le pouvoir d'adresser des injonctions à l'administration, de suspendre la passation du contrat ou l'exécution de toute décision qui s'y rapporte, d'annuler ces décisions et de supprimer des clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat. Dès lors qu'il est régulièrement saisi, il dispose, sans toutefois pouvoir faire obstacle à la faculté, pour l'auteur du manquement, de renoncer à passer le contrat, de l'intégralité des pouvoirs qui lui sont ainsi conférés pour mettre fin, s'il en constate l'existence, aux manquements de l'administration à ses obligations de publicité et de mise en concurrence. Ainsi, eu égard à la nature du vice entachant la procédure de passation d'un contrat, il peut prononcer l'annulation de cette procédure alors que ne lui est demandée que la suspension de celle-ci. En outre, il résulte des dispositions de l'article L. 551-2 du code de justice administrative mentionnées au point 2 que si le juge des référés peut ne pas suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat lorsqu'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives résultant de telles mesures de suspension pourraient l'emporter sur leurs avantages, ces dispositions ne sont pas applicables s'il estime que les manquements relevés doivent avoir pour conséquence l'annulation de la procédure.

9. Au cas d'espèce, l'irrégularité de la procédure tenant à l'absence, dans le règlement de consultation ou dans toute autre pièce du marché, de pondération des critères d'attribution, sans justification par des raisons objectives, constitue un manquement aux règles de mises en concurrence qui doivent conduire à annuler la procédure d'appel d'offres litigieuse.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la procédure d'appel d'offres pour l'attribution du marché public " Réalisation d'équipement scénographique pour le parc animalier Alpha " engagée par le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore ensemble, par voie de conséquence, toutes les décisions prises par ledit syndicat dans le cadre de cette procédure dont notamment le rejet de l'offre de la société Mardi8 et l'attribution du marché à la société Holymage.

11. Les conclusions présentées par la société Mardi8 tendant à ce qu'il soit enjoint au Syndicat de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres sont par voie de conséquence sans objet.

Sur les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :

12. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge du Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore une somme de 1500 euros au titre des frais exposés par la société Mardi8 et non compris dans les dépens.

13. En revanche, il y a lieu de rejeter les demandes présentées par le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore et la société Holymage au titre de ces dispositions.

ORDONNE :

Article 1er : La procédure d'appel d'offres pour l'attribution du marché public " Réalisation d'équipement scénographique pour le parc animalier Alpha " engagée par le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore ensemble toutes les décisions prises par ledit syndicat dans le cadre de cette procédure sont annulées.

Article 2 : Le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore versera à la société Mardi8 la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore et par la société Holymage au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5: La présente ordonnance sera notifiée à la société Mardi8, au Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore et à la société Holymage.

Fait à Nice, le 4 juillet 2025 .

Le juge des référés,

signé

P. A

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions