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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2504206

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2504206

jeudi 31 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2504206
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantOLOUMI AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant russe, d'une demande d'injonction de délivrance d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, en raison d'une atteinte grave à ses libertés (liberté de travail, liberté d'aller et venir). En cours d'instance, le préfet des Alpes-Maritimes a produit un récépissé valable jusqu'au 27 janvier 2026 autorisant le travail, ce qui a conduit M. B à se désister de ses conclusions principales. Le tribunal a donné acte de ce désistement et rejeté les conclusions au titre des frais de l'instance, tout en admettant provisoirement l'intéressé à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2025, M. A B, représenté par Me Oloumi, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler sans délai sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; dans le cas d'un envoi en cours d'instance, d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le même fondement, de produire la copie ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'urgence de sa demande est présumée dès lors qu'elle est relative au renouvellement d'un titre de séjour ; chauffeur Uber, son accès à la plateforme a été interrompu dans l'attente d'un document justifiant la régularité de son séjour de sorte qu'il ne peut plus travailler ; son épouse et ses cinq enfants se trouvent privés de ressources ; il se trouve privé de sa liberté d'aller et venir ;

- le défaut de délivrance d'un récépissé porte atteinte à sa liberté de travail, à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté de circulation, à l'intérêt supérieur de ses enfants ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2025, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient qu'il a délivré à M. B un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Kubarynka, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu Me Oloumi, qui déclare se désister de ses conclusions tendant à la délivrance du récépissé demandé mais maintenir ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant russe né le 12 mai 1988, était titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 25 juillet 2025. Il en a sollicité le renouvellement le 27 mars 2025. Il demande au juge des référés d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler sans délai sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, dans le cas d'un envoi en cours d'instance, d'ordonner au préfet des Alpes-Maritimes, sur le même fondement, de produire la copie.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions tendant à ce que le juge des référés ordonne la délivrance d'un récépissé :

4. Le 28 juillet 2025, le préfet des Alpes-Maritimes a produit à l'instance copie d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour valable jusqu'au 27 janvier 2026, autorisant M. B à travailler.

5. M. B a déclaré se désister de ses conclusions tendant à la délivrance du récépissé. Ce désistement est pur est simple. Il y a lieu d'en donner acte.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B au titre des frais liés à l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B concernant ses conclusions tendant à ce que le juge des référés ordonne au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. B au titre des frais liés à l'instance sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B , au ministre d'Etat, ministre de l'intérieu et à Me Oloumi

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.

Fait à Nice, le 31 juillet 2025 .

La juge des référés,

signé

L. C

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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