Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait d’enjoindre au rectorat de mettre en place une aide humaine individuelle de 32 heures hebdomadaires pour son fils, conformément à une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, la requérante n’ayant pas démontré avoir effectué des démarches répétées auprès de l’administration pour obtenir l’exécution complète de l’aide accordée. La solution retenue est le rejet de la requête, sans examen des autres conditions de l’article L. 521-3.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2025, Mme C... A... doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au directeur académique des services de l’éducation nationale des Alpes-Maritimes d’affecter à son fils, B... A..., dans les conditions fixées par la décision du 12 novembre 2024 de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Maison départementale de l’autonomie des Alpes-Maritimes, une aide humaine individuelle pour le temps de sa scolarité à hauteur de 32 heures hebdomadaires du 12 novembre 2024 au 31 juillet 2027.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- la condition relative à l’urgence est remplie dès lors que la carence du rectorat de Nice dans la mise en place d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) empêche son fils de poursuivre une scolarité adaptée à sa situation ;
- la mesure sollicitée présente un caractère d’utilité, dans la mesure où la mise en place d’un AESH à hauteur de trente-deux heures hebdomadaires lui permettrait de poursuivre une scolarité normale ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave. Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
2. Il résulte de l’instruction que par une décision en date du 12 novembre 2024, la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Maison départementale pour les personnes handicapées des Alpes-Maritimes a attribué à l’enfant B... A... une aide humaine individuelle (accompagnant d’élève en situation de handicap) à hauteur de 32 heures hebdomadaires, valable du 12 novembre 2024 au 31 juillet 2027. La requérante, agissant en qualité de représentante légale de son fils, soutient que ce dernier bénéficie d’une aide humaine individuelle mutualisé avec un autre élève et que la carence de l’administration dans la mise en place de l’accompagnement prévu a des répercussions sur le déroulement de sa scolarité. Néanmoins, elle n’établit pas avoir effectué des démarches répétées auprès des services du rectorat pour la mise en œuvre effective complète de l’aide accordée à son enfant. Dans ces circonstances, elle ne peut être regardée comme établissant que la mesure sollicitée revêtirait un caractère d’urgence.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres conditions exigées par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, que les conclusions présentées par Mme A... sur le fondement de ces dispositions doivent être rejetées, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....
Fait à Nice, le 14 novembre 2025.
Le juge des référés,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne à la ministre de l’éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière.