LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2506313

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2506313

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2506313
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantCABINET COUDRAY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nice, statuant en référé sur une demande de liquidation d'astreinte présentée par la commune de Beuil, a constaté que la société Le Cians n'avait pas exécuté intégralement l'injonction d'évacuer un camping et d'enlever certaines installations, prononcée par une ordonnance du 12 juin 2025. La société n'a pas démontré que cette inexécution partielle provenait d'un cas fortuit ou de force majeure. En application de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, le tribunal a procédé à la liquidation provisoire de l'astreinte, qu'il a modérée, et a ordonné le versement du produit à la commune.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2502819 du 12 juin 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a, sur la demande de la commune de Beuil, enjoint à la société Le Cians d’évacuer sans délai le camping « Le Cians » et d’enlever les installations mentionnées au point 4 de cette ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à l’expiration d’un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance.

Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 octobre et 18 décembre 2025, la commune de Beuil, représentée par Me Berrezai, demande au juge des référés :

1°) de liquider provisoirement l’astreinte prononcée par l’ordonnance du 12 juin 2025;

2°) d’ordonner le versement du produit de l’astreinte à la commune de Beuil ;

3°) de mettre à la charge de la société Le Cians la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’ordonnance n° 2502819 du 12 juin 2025 n’a pas reçu complète exécution dès lors que demeurent en place l'ancien bain nordique, correspondant à la partie résiduelle du bâtiment à usage de spa dont l’enlèvement a été ordonné et, sur l’emplacement n°18, le chalet en bois avec terrasse extérieure, une table avec deux bancs en bois, et un parasol déporté ;
- à la date du 27 octobre 2025, le montant de l’astreinte à liquider s’élève à 68 500 euros ;
- la société Le Cians fait preuve de mauvaise foi.

Par des mémoires en défense enregistrés les 10 novembre 2025, 13 novembre 2025 et 18 décembre 2025, la société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARLU) Le Cians, représentée par Me Vincent, conclut, à titre principal, à la suppression de l'astreinte provisoire, à titre subsidiaire, à la modération de cette astreinte et, en tout état de cause, à l’octroi d’un nouveau délai pour évacuer les biens restants et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la commune de Beuil sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’inexécution ne résulte que des agissements de la commune de Beuil qui limite trop strictement l’accès au site ;
- seuls demeurent en réalité sur le site le « family lodge » et un spa ;
- elle a proposé l’acquisition du « family lodge » ;
- sa situation financière est dégradée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. d’Izarn de Villefort, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 19 décembre 2025, à 11 heures 00, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :

- le rapport de M d’Izarn de Villefort, vice-président,
- les observations de Me de Premare substituant Me Berrezai, représentant la commune de Beuil, qui confirme le contenu de ses écritures,
- et les observations de Me Clément, représentant la société Le Cians, qui maintient son argumentation.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 911-7 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. ».

2. Le juge administratif, lorsqu’il fait droit à une demande tendant à la libération d’une dépendance du domaine public irrégulièrement occupée, enjoint à l’occupant de libérer les lieux sans délai, une telle injonction prenant effet à compter de la notification à la personne concernée de la décision du juge. Si l’injonction de libérer les lieux est assortie d’une astreinte, laquelle n’est alors pas régie par les dispositions du livre IX du code de justice administrative, l’astreinte court à compter de la date d’effet de l’injonction, sauf à ce que le juge diffère le point de départ de l’astreinte dans les conditions qu’il détermine. Lorsqu’il a prononcé une telle astreinte, il incombe au juge de procéder à sa liquidation, en cas d’inexécution totale ou partielle ou d’exécution tardive de l’injonction. Il peut toutefois modérer ou supprimer l’astreinte provisoire, même en cas d’inexécution de la décision juridictionnelle.

3. Par une ordonnance n° 2502819 du 12 juin 2025, notifiée à la société Le Cians le 25 juin 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a, sur la demande de la commune de Beuil, enjoint à la société Le Cians d’évacuer sans délai le camping « Le Cians » et d’enlever les installations mentionnées au point 4 de cette ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à l’expiration d’un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance.

4. Il résulte de l’instruction, notamment du procès-verbal de constat effectué à la demande de la commune de Beuil le 15 octobre 2025 par un commissaire de justice, dont le contenu n’est pas contesté par la société Le Cians, que, à la date de la présente ordonnance, cette société n’a pas procédé à l’enlèvement de l’intégralité des installations mentionnées au point 4 de l’ordonnance n° 2502819 du 12 juin 2025 dès lors que demeurent en place l'ancien bain nordique, correspondant à la partie résiduelle du bâtiment à usage de spa de type chalet et, sur l’emplacement n°18, le chalet en bois appelé « family lodge », avec terrasse extérieure, table, deux bancs en bois, et parasol déporté. La société Le Cians soutient que, pour l’exécution de cette ordonnance, par courriel du 12 juin 2025, la commune de Beuil a fixé des créneaux d’accès au camping pendant 8 jours de 9 heures à 17 heures tous les jours mais que l’accès des personnes extérieures s’étant proposées pour l’aider lui a été interdit par le nouvel exploitant. Cependant, l’une des attestations produites porte sur un enlèvement qui aurait échoué pour ce motif le 9 juin 2025, soit antérieurement à l’ordonnance à exécuter et au courriel précité. La seconde attestation produite ne comporte aucune date ni aucune précision. La société Le Cians ne démontre ni même n’allègue qu’elle se serait rapprochée des services de la commune de Beuil pour organiser l’enlèvement des installations en litige. Il n’est donc pas établi que l’exécution partielle de l’ordonnance n° 2502819 du 12 juin 2025 ne résulterait que du fait de la commune de Beuil, qui démontre d’ailleurs que le chalet en bois appelé « family lodge » a été mis en vente sur un site d’annonces en ligne par la société Le Cians. Celle-ci n’est pas fondée à se prévaloir, pour justifier de cette absence d’exécution, de sa situation financière, dès lors qu’il n’est pas établi que cette situation rendrait impossible le déplacement des installations restantes. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de procéder à la liquidation de l’astreinte pour la période courant du 25 juin 2025 au 19 décembre 2025. Toutefois, il y a lieu, en application des dispositions précitées de l’article L. 911-7 du code de justice administrative, de modérer l’astreinte initialement prononcée et de fixer le montant de la somme due par la société Le Cians à 5 000 euros. Par ailleurs, ainsi qu’il a été rappelé au point 2, il n’appartient pas au juge des référés de donner un délai pour permettre à l’occupant sans titre du domaine public d’évacuer les lieux, qu’il s’agisse de l’injonction de libérer les lieux ou de la liquidation de l’astreinte assortissant l’injonction prononcée.

5. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à ce titre à la charge de la commune de Beuil, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la société Le Cians une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Beuil à ce titre.





ORDONNE :

Article 1er : La société Le Cians est condamnée à verser à la commune de Beuil la somme de 5 000 euros.

Article 2 : La société Le Cians versera une somme de 1 500 euros à la commune de Beuil au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la société Le Cians sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Beuil et à la société à responsabilité limitée unipersonnelle Le Cians.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes et au ministère public près la Cour des comptes.

Fait à Nice, le 19 décembre 2025.


Le juge des référés,


signé

P. d’IZARN de VILLEFORT


La République mande et ordonne au préfet des Alpes Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions