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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2000223

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2000223

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2000223
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantHOARAU-GIRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 mars 2020, 8 avril et 11 mai 2021, la société Colipays Réunion, représentée par Me Hoarau, demande au tribunal :

1°) de la décharger des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre de la période allant d'août 2014 à juillet 2017 et des rappels de taxe sur les véhicules des sociétés qui lui ont été notifiés au titre de la période allant d'octobre 2016 à décembre 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la proposition de rectification du 7 juin 2019 annulant et remplaçant celle du 24 avril 2019 relative aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour les exercices clos en 2016 et 2017 est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- en rejetant les prestations facturées par la SARL Colipays International, par la SAS Société de développement et d'investissement et par la SCI Lagrange au motif qu'elles ne correspondaient à aucune prestation de service, l'administration doit être regardée comme ayant considéré qu'il s'agissait de prestations fictives, s'étant alors implicitement placée dans une situation d'abus de droit rampant, entachant la procédure d'irrégularité ;

- en s'appuyant sur les seules dates de facturation pour considérer que la taxe sur la valeur ajoutée déductible déclarée au titre de l'exercice clos le 31 octobre 2017 pour un montant total de 25 823 euros l'avait été tardivement, alors que la taxe sur la valeur ajoutée concernant des prestations de service n'est exigible qu'au moment du paiement en application des dispositions combinées des articles 269 et 271 du code général des impôts, le service a commis une erreur de droit ;

- l'exclusion du droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée ne s'applique pas aux véhicules dits " dérivés VP " qui ne comportent que deux places, commercialisés sous les appellations " société ", " affaire " ou " entreprise ", en application de la réponse ministérielle n° 58198 adressée à M. A, député, publiée au journal officiel le 6 avril 2010, reprise sous le paragraphe 20 de la doctrine BOI-TVA-DED-30-30-20 publiée le 1er février 2017 ;

- les véhicules de société ne comportant que deux places ne devraient pas être soumis à la taxe sur les véhicules de société, en application des dispositions de l'article 1010 du code général des impôts.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 23 mars 2020, 19 avril et 18 mai 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal sud-est conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Merlus, conseiller,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme Colipays Reunion, exerçant une activité de vente de fruits et de marchandises par voie aérienne, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur l'ensemble de ses déclarations fiscales, sur la période du 1er août 2014 au 31 juillet 2017, à l'issue de laquelle le service lui a notifié, par deux propositions de rectification du 13 décembre 2018 pour les exercices clos en 2014 et 2015 et du 7 juin 2019 pour les exercice clos en 2016 et 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période allant d'août 2014 à juillet 2017. Elle a également fait l'objet d'un contrôle sur pièces, à l'issue duquel le service lui a notifié, par une proposition de rectification du 24 avril 2019, des rappels de taxe sur les véhicules de société au titre de la période allant d'octobre 2016 à décembre 2018. Par une réclamation du 2 décembre 2019, la société Colipays Réunion a sollicité le dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules des sociétés auxquels elle a été assujettie. Sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet intervenue le 27 janvier 2020. Par la présente requête, elle demande la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules des sociétés auxquels elle a été ainsi assujettie.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

S'agissant de la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". L'article R. 57-1 de ce même livre dispose que : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ".

3. La société requérante soutient que la proposition de rectification du 7 juin 2019 annulant et remplaçant celle du 24 avril 2019 est insuffisamment motivée quant aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée relatifs à la déduction de la taxe grevée sur les factures la SCI Lagrange et sur les immobilisations au titre de l'exercice clos le 31 juillet 2017. En l'occurrence, la proposition de rectification adressée à la société Colipays Réunion mentionne l'impôt concerné, l'année d'imposition, le montant des rectifications opérées et leur fondement juridique. D'une part, la proposition de rectification détaille les motifs pour lesquels la réalité des prestations qui auraient été rendues par la SCI Lagrange à la société Colipays Réunion n'est pas établie. En particulier, elle précise que le juge pénal, dans un jugement correctionnel du 13 juillet 2018, devenu définitif et ayant acquis l'autorité de la chose jugée, a relevé que la bâtisse pour laquelle la société Colipays Réunion s'acquittait de loyers était inexploitée et en travaux et que, par conséquent, les sommes facturées ne pouvaient faire l'objet d'une déduction de taxe sur la valeur ajoutée. Contrairement à ce que fait valoir la société requérante, rien ne s'oppose à ce que l'administration fiscale motive sa rectification en se basant sur une décision du juge pénal. D'autre part, elle a indiqué que la société Colipays Réunion avait porté des montants de taxe déductible sur immobilisations sur ses déclarations des mois d'avril, de mai et de juin 2017 correspondant à des factures datant du 31 juillet 2010 au 24 novembre 2014 et que, la taxe sur la valeur ajoutée déductible ne pouvant figurer sur une déclaration ultérieure déposée avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'omission, il y avait lieu à reprise de cette taxe sur la valeur ajoutée déclarée tardivement au titre de l'exercice clos le 31 juillet 2017. Dans ces conditions, la société requérante a été suffisamment informée des motifs de droit et de fait fondant les rectifications en cause, de façon à lui permettre de présenter utilement ses observations et d'engager avec l'administration un dialogue contradictoire. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, qui s'apprécie indépendamment de la pertinence des motifs retenus par l'administration, doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable au litige : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. En cas de désaccord sur les rectifications notifiées sur le fondement du présent article, le litige est soumis, à la demande du contribuable, à l'avis du comité de l'abus de droit fiscal. L'administration peut également soumettre le litige à l'avis du comité. Si l'administration ne s'est pas conformée à l'avis du comité, elle doit apporter la preuve du bien-fondé de la rectification. Les avis rendus font l'objet d'un rapport annuel qui est rendu public ". Aux termes de l'article 272 du code général des impôts : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a été perçue à l'occasion de ventes ou de services est imputée ou remboursée dans les conditions prévues à l'article 271 lorsque ces ventes ou services sont par la suite résiliés ou annulés ou lorsque les créances correspondantes sont devenues définitivement irrecouvrables. () / 2. La taxe sur la valeur ajoutée facturée dans les conditions définies au 4 de l'article 283 ne peut faire l'objet d'aucune déduction par celui qui a reçu la facture. / () ". Et aux termes de l'article 283 du même code : " () 3. Toute personne qui mentionne la taxe sur la valeur ajoutée sur une facture est redevable de la taxe du seul fait de sa facturation. / 4. Lorsque la facture ne correspond pas à la livraison d'une marchandise ou à l'exécution d'une prestation de services, ou fait état d'un prix qui ne doit pas être acquitté effectivement par l'acheteur, la taxe est due par la personne qui l'a facturée. / () ".

5. La société requérante soutient qu'en rejetant les prestations facturées par la SARL Colipays International, par la SAS Société de développement et d'investissement et par la SCI Lagrange au motif qu'elles ne correspondaient à aucune prestation de service, l'administration doit être regardée comme ayant considéré qu'il s'agissait de prestations fictives, s'étant alors implicitement placée dans une situation d'abus de droit rampant, entachant la procédure d'irrégularité dès lors qu'elle l'a privé de la garantie prévue par les dispositions précitées du livre des procédures fiscales liée à la saisine du comité de l'abus de droit fiscal. Toutefois, il résulte de l'instruction que les rappels litigieux de taxe sur la valeur ajoutée se fondent sur les dispositions précitées des articles 272 et 283 du code général des impôts auxquelles l'administration se réfère avec constance dans ses propositions de rectification, l'ayant conduit à considérer que les sommes facturées ne correspondaient pas à l'exécution d'une prestation de service et ne pouvaient donc pas faire l'objet d'une déduction de taxe sur la valeur ajoutée. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir qu'elle a été privée, dans le cadre des procédures de contrôle dont elle a fait l'objet, de la garantie prévue à l'article L. 64 du livre des procédures fiscales liée à la saisine du comité de l'abus de droit fiscal.

S'agissant du bien-fondé de l'imposition :

Quant à l'application de la loi fiscale :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable () ". Aux termes de l'article 269 du même code : " () 2. La taxe est exigible : () c) Pour les prestations de services, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur autorisation du directeur des services fiscaux, d'après les débits () ". Et aux termes de l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts : " I. - Le montant de la taxe déductible doit être mentionné sur les déclarations déposées pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée. Toutefois, à condition qu'elle fasse l'objet d'une inscription distincte, la taxe dont la déduction a été omise sur cette déclaration peut figurer sur les déclarations ultérieures déposées avant le 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'omission. () ".

7. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le délai imparti pour réparer une omission de déclaration de la taxe sur la valeur ajoutée déductible court à compter de la date d'exigibilité de la taxe chez le redevable et expire le 31 décembre de la deuxième année suivant la date à laquelle la déclaration devait être effectuée.

8. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de la vérification de comptabilité de la société Colipays Réunion, le service a remis en cause à hauteur de 25 823 euros la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à des factures datant du 31 juillet 2010 au 24 novembre 2014. Il est constant que cette taxe déductible n'avait pas été initialement déclarée par la requérante, au titre de la période correspondante, et n'a pas davantage fait l'objet d'une régularisation, en application des dispositions précitées de l'article 208 de l'annexe II au code général des impôts, par inscription sur une ligne distincte dans les déclarations de chiffres d'affaires ultérieurement souscrites par l'intéressé avant le 31 décembre 2012 pour la facture du 31 juillet 2010, avant le 31 décembre 2013 pour les factures de l'année 2011 et avant le 31 décembre 2016 pour les factures de l'année 2014. Si, comme le soutient la société requérante, en application des dispositions combinées des articles 269 et 271 du code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée n'est déductible qu'au moment du paiement des prestations, elle ne produit aucun élément qui permettrait d'établir que l'année de l'encaissement ne correspondrait pas à celle figurant sur les factures. Dans ces conditions, le droit à déduction de cette taxe était atteint de péremption lorsque la société Colipays Réunion a procédé à sa déclaration au titre de l'exercice clos le 31 juillet 2017. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration en a, pour ce motif, refusé la prise en compte.

9. En second lieu, au soutien de ses conclusions aux fins de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, la société Colipays Réunion se prévaut de l'interprétation administrative de la loi fiscale sur le fondement des dispositions de l'article L. 80. A du livre des procédures fiscales. Toutefois, lorsqu'un contribuable conteste une imposition en se bornant à invoquer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'interprétation du texte fiscal qui résulterait d'une instruction ou circulaire administrative, il appartient au juge de l'impôt, au préalable, d'examiner si cette imposition trouve son fondement dans les dispositions de la loi fiscale dont l'administration a entendu faire application à ce contribuable.

10. Aux termes de l'article 205 de l'annexe II au code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Et aux termes de l'article 206 de la même annexe : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. () / IV. - () 2. Le coefficient d'admission est nul dans les cas suivants : / () 6° Pour les véhicules ou engins, quelle que soit leur nature, conçus pour transporter des personnes ou à usages mixtes () ".

11. Pour apprécier si un véhicule ou un engin a été conçu pour le transport des personnes ou pour un usage mixte au sens de ces dispositions, il y a lieu non pas de se référer aux conditions d'utilisation du véhicule mais de rechercher, compte tenu de ses caractéristiques lors de l'acquisition, l'usage auquel il est normalement destiné.

12. En l'occurrence, il est constant que le véhicule litigieux a été conçu pour le transport de personnes. Dès lors, en application de la loi fiscale, le coefficient de déduction de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les opérations relatives à ce véhicule ne peut qu'être nul.

Quant à l'interprétation administrative de la loi fiscale :

13. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ".

14. La réponse ministérielle n° 58198 adressée à M. A, député, publiée au journal officiel le 6 avril 2010, mentionne que : " En application des dispositions de l'article 206-IV-2-6° de l'annexe II au code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux véhicules ou engins conçus pour le transport de personnes ou à usage mixte est exclue du droit à déduction. Ce dispositif d'exclusion, qui s'apprécie au regard des seules caractéristiques techniques intrinsèques du véhicule et non au regard de l'utilisation qui en est faite, vise tous les types de véhicules () Par ailleurs, si le dispositif d'exclusion ne s'applique pas aux véhicules dits " dérivé VP " qui ne comportent que deux places, il ne s'applique également pas aux véhicules qui comportent, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises, et qui sont utilisés par l'entreprise pour amener son personnel sur les lieux de travail () ".

15. En l'occurrence, la seule production par la société Colipays Réunion d'une fiche technique du véhicule litigieux provenant du site internet " ParuVendu.fr " ne permet pas d'établir que le contribuable entrerait dans la prévision de la réponse ministérielle n° 58198 précitée. Par suite, la société requérante n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir qu'elle a appliqué la loi fiscale suivant l'interprétation que l'administration avait fait connaître.

En ce qui concerne les rappels de taxe sur les véhicules de société :

16. Aux termes de l'article 1010 du code général des impôts : " I. - Les sociétés sont soumises à une taxe annuelle à raison des véhicules de tourisme qu'elles utilisent en France, quel que soit l'Etat dans lequel ils sont immatriculés, ou qu'elles possèdent et qui sont immatriculés en France. Sont considérés comme véhicules de tourisme les voitures particulières au sens du 1 du C de l'annexe II à la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 5 septembre 2007, établissant un cadre pour la réception des véhicules à moteur, de leurs remorques et des systèmes, des composants et des entités techniques destinés à ces véhicules, ainsi que les véhicules à usages multiples qui, tout en étant classés en catégorie N1 au sens de cette même annexe, sont destinés au transport de voyageurs et de leurs bagages ou de leurs biens () ". Et aux termes de l'annexe II à la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 5 septembre 2007 : " A. DÉFINITION DES CATÉGORIES DE VÉHICULES / Les catégories de véhicules sont définies d'après la classification suivante () : 1. Catégorie M : Véhicules à moteur conçus et construits pour le transport de passagers et ayant au moins quatre roues. / Catégorie M1 : Véhicules conçus et construits pour le transport de passagers comportant, outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum. () 2. Catégorie N : Véhicules à moteur conçus et construits pour le transport de marchandises et ayant au moins quatre roues. / Catégorie N1 : Véhicules conçus et construits pour le transport de marchandises ayant un poids maximal ne dépassant pas 3,5 tonnes. () / C. DÉFINITION DU TYPE DE CARROSSERIE / Le type de carrosserie () est indiqué par la codification suivante : 1. Voitures particulières (M1) ".

17. Il résulte des dispositions précitées que sont soumis à la taxe sur les véhicules des sociétés, d'une part, les véhicules à moteur ayant au moins quatre roues conçus et construits pour le transport de passagers et comportant, outre le siège du conducteur, huit places assises au maximum, d'autre part, les véhicules dont le poids maximal ne dépasse pas 3,5 tonnes et qui, tout en ayant été à l'origine conçus et construits pour le transport de marchandises, sont destinés au transport de voyageurs et de leurs bagages ou de leurs biens.

18. Il résulte de l'instruction que les véhicules litigieux sont des véhicules conçus et construits pour le transport de passagers et qui comportent, outre le siège du conducteur, moins de huit places assises. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré qu'ils devaient être soumis à la taxe sur les véhicules de société.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société Colipays Réunion à fin de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et de taxe sur les véhicules de société auxquelles elle a été assujettie doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la société Colipays Réunion au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Colipays Réunion est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Colipays Réunion et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal sud-est.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Khater, présidente,

M. Le Merlus, conseiller.

Mme Lebon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 4 juin 2024.

Le rapporteur,

T. LE MERLUS

La présidente,

A. KHATER

La greffière,

J. BELENFANT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

jb

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