mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000332 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HOARAU-GIRARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 avril 2020, la SARL Oceanor, représentée par Me Hoarau, avocat, demande au tribunal :
1°) la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée ;
- c'est à tort, au regard des dispositions du 5° du 1 de l'article 39 du code général des impôts, telles qu'interprétées par les points n° 143 et 144 de l'instruction 30/12-2005 4A-13-05 et par le point n° 40 de l'instruction BOI-BIC-PROV-40-10-10, que l'administration a remis en cause la provision pour dépréciation des éléments de l'actif immobilisé qu'elle a constituée en raison de la perte de valeur vénale des immeubles dont elle est propriétaire ;
- c'est à tort que le service a remis en cause la provision pour travaux, d'un montant de 55 678 euros, correspondant à une mise aux normes " personnes à mobilité réduite ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI l'Hippocampe, membre du groupe fiscalement intégré dont la société Oceanor est la société tête de groupe, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2015 et 2016. A l'issue de ce contrôle, le service a, par une proposition de rectification du 28 novembre 2018, remis en cause les provisions afférentes à la dépréciation de la valeur vénale des immeubles et aux travaux de mise aux normes d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite constituées au titre ces exercices et, après avoir procédé aux rehaussements des bases d'imposition, a assujetti l'intéressée à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. Ces suppléments d'imposition ont été mis en recouvrement le 15 octobre 2019 pour un montant, en droits et pénalités, de 252 648 euros. Par la présente requête, la SARL Oceanor demande la décharge de ces impositions.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. Il résulte des dispositions de l'article L 57 du livre des procédures fiscales que pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter, outre la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base des redressements, ceux des motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés qui sont nécessaires pour permettre au contribuable de formuler ses observations de manière entièrement utile.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 28 novembre 2018 établie à la suite de la vérification de comptabilité de la SCI l'Hippocampe mentionne précisément la nature des impositions concernées et les années d'imposition, et cite les articles du code général des impôts sur lesquels s'est fondée l'administration. Elle énonce également les motifs des redressements et en particulier, s'agissant des provisions pour dépréciation, l'absence d'évènement et l'imprécision de la perte au vu des éléments fournis. L'ensemble de ces éléments ont permis à la société requérante de discuter utilement les motifs de redressement envisagés à son encontre. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la proposition de rectification ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions supplémentaires :
S'agissant du terrain de la loi fiscale :
4. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " 1-Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / () / 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice. () " Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent, en outre, comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'enfin, elles se rattachent par un lien direct aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise.
Quant à la dépréciation de la valeur des immeubles Thétis, Actea, Amphidrite et Océanides :
5. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de la vérification de comptabilité de la SCI l'Hippocampe, le service vérificateur a remis en cause la provision qu'elle avait constituée, au titre des exercices clos en 2015 et 2016, pour dépréciation de valeur des immeubles Thétis, Actea, Amphidrite et Océanides à hauteur, respectivement de 320 000 euros et 329 000 euros aux motifs, d'une part, qu'il n'était justifié d'aucun évènement générant une perte ou une charge probable, d'autre part, que cette perte n'était elle-même pas établie et, enfin, que cette perte n'est pas susceptible d'affecter l'assiette de l'impôt dû au titre d'un exercice futur.
6. En se bornant à faire état de considérations générales sur l'état du droit applicable et à renvoyer à une expertise immobilière établie postérieurement aux exercices en litige - et qui n'est en tout état de cause pas versée aux débats - la société requérante, ne justifie pas, alors que la charge de la preuve lui incombe, de l'existence d'un évènement en cours d'exercice rendant probable une dépréciation de la valeur vénale des ensembles immobiliers dont s'agit et n'apporte au demeurant pas de précisions suffisantes sur la valeur au m² retenue. Par suite, c'est à bon droit que le service a remis en cause le bien-fondé des provisions en cause.
Quant aux dépenses de mise aux normes d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite déduites du résultat de l'exercice clos en 2015 :
7. Il ne résulte pas de l'instruction, faute pour la SARL Oceanor d'apporter de précision sur la nature précise des travaux de mise aux normes d'accessibilité aux personnes à mobilité réduites envisagés ou même de joindre une quelconque pièce justificative à l'appui de sa requête, que ceux-ci auraient, comme elle le soutient, pour objet de " permettre la mise en location des logements ". Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration a regardé comme non déductibles, au sens des dispositions précitées de l'article 39 du code général des impôts, la provision de 55 678 euros constituée par la SCI l'Hippocampe au titre de l'exercice clos en 2015.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
8. La SARL Oceanor se prévaut du paragraphe 40 de la documentation administrative référencée BOI-BIC-PROV-40-10-10 et des paragraphes n° 143 et 144 de l'instruction 4A-13-05 publiée le 30 décembre 2005. Toutefois, ces paragraphes ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui est faite par le présent jugement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SARL Oceanor doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, le versement à la SARL Oceanor d'une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Oceanor est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Oceanor et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Biget, premier conseiller,
M. Banvillet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 2 mai 2023.
Le rapporteur,
M. ALa présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
J. BELENFANT
N°200033ep
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026