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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2000680

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2000680

vendredi 30 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2000680
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET SAVIGNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 21 août 2020 et 17 septembre 2021, la société Climéo, représentée par Me Rigault, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :

1°) de condamner la communauté intercommunale des villes solidaires (CIVIS) à lui verser la somme de 59 409,75 euros HT, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, au titre des travaux supplémentaires réalisés dans le cadre du lot n° 10 du marché relatif aux " travaux archipel des métiers d'art à Cilaos " et en réparation des préjudices subis du fait d'un retard d'exécution ;

2°) de mettre à la charge de la CIVIS une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- ses conclusions indemnitaires sont recevables ;

- les fautes commises par le maître d'ouvrage, ayant conduit à l'allongement de la durée des travaux, lui ont causé différents surcoûts, à savoir 16 536,96 euros pour l'encadrement du chantier, 5 738,04 euros pour les tâches réalisées par le personnel de direction, administratif et comptable, 11 479,97 euros pour le maintien du personnel de production, 547,92 euros pour les frais financiers sur la caution bancaire et 2 266,58 euros pour les frais de procédure précontentieuse ;

- elle est en droit de réclamer les sommes de 8 209,21 euros au titre des travaux supplémentaires non payés qu'elle a réalisés, de 4 008,22 euros au titre de la révision des prix du marché et de 805,85 euros au titre des intérêts de retard.

Par des mémoires en défense enregistrés les 8 janvier 2021 et 7 octobre 2021, la CIVIS, représentée par Me Dacquin, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable car tardive ;

- les conclusions indemnitaires présentées, pour la première fois dans le mémoire en réplique du 17 septembre 2021, sur le fondement de la faute sont irrecevables ;

- les conclusions à fin d'indemnisation des frais financiers sur la caution bancaire sont irrecevables, faute d'avoir fait l'objet d'une réclamation préalable ;

- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seroc, conseiller,

- les conclusions de M. Legrand, rapporteure publique.

Une note en délibéré présentée pour la CIVIS a été enregistrée le 12 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une consultation engagée en octobre 2013 par la communauté intercommunale des villes solidaires (CIVIS) en vue de la réalisation des " travaux archipel des métiers d'art à Cilaos ", la société Climéo a été déclarée attributaire du lot n° 10 portant sur la plomberie, l'acte d'engagement étant signé le 21 février 2014. Alors que le délai d'exécution des travaux était fixé à douze mois, le chantier a accusé d'importants retards. Par un mémoire en réclamation du 17 septembre 2015, la société Climéo a vainement demandé à la CIVIS de l'indemniser des préjudices subis du fait de ces retards. Par un second mémoire en réclamation daté du 8 octobre 2019, la société Climéo, se prévalant de l'absence de notification du décompte général, a demandé à la CIVIS de lui verser la somme de 58 910,83 euros HT au titre des surcoûts subis en raison de la prolongation de la durée des travaux. Cette demande ayant été implicitement rejetée, la société Climéo a saisi le tribunal pour réitérer sa demande indemnitaire en l'actualisant à la somme de 59 409,75 euros HT.

Sur la recevabilité de la requête au regard des règles de délai :

2. Aux termes de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux approuvé par arrêté du 8 septembre 2009, dans sa rédaction applicable au litige : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de quarante-cinq jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif ". Aux termes de l'article 50.1.3 de ce CCAG : " L'absence de notification d'une décision dans ce délai équivaut à un rejet de la demande du titulaire. ". Aux termes de l'article 50.3.2 du même CCAG : " Pour les réclamations auxquelles a donné lieu le décompte général du marché, le titulaire dispose d'un délai de six mois, à compter de la notification de la décision prise par le représentant du pouvoir adjudicateur en application de l'article 50.1.2, ou de la décision implicite de rejet conformément à l'article 50.1.3, pour porter ses réclamations devant le tribunal administratif compétent ".

3. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relatives à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " I. - Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus () ". Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". Aux termes du I de l'article 15 de l'ordonnance du 20 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif : " I. - Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif ". Il résulte de ces dispositions que les actions en justice qui devaient être introduites entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus sont réputées avoir été formées à temps si elles l'ont été avant le 23 août 2020.

4. Il résulte de l'instruction que la société Climéo a présenté un mémoire en réclamation, réceptionné par la CIVIS le 8 octobre 2019, qui a été implicitement rejeté 45 jours plus tard du fait de silence gardé par cette dernière. Le délai de recours contentieux de six mois ouvert pour solliciter devant le juge l'indemnisation qui avait été implicitement refusée par la CIVIS a ainsi expiré entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020. Par suite, la société Climéo pouvait agir en justice jusqu'au 23 août 2020. Dès lors, sa requête enregistrée le 21 août 2020 n'est pas tardive, contrairement à ce que soutient la CIVIS.

Sur les indemnités réclamées au titre des surcoûts :

5. Les difficultés rencontrées dans l'exécution d'un marché à forfait ne peuvent ouvrir droit à indemnité au profit de l'entreprise titulaire du marché que dans la mesure où celle-ci justifie soit que ces difficultés ont eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat, soit qu'elles sont imputables à une faute de la personne publique, mais pas du seul fait de fautes commises par d'autres intervenants.

6. En premier lieu, en se bornant à reproduire dans ses écritures le compte-rendu n° 5 du 7 avril 2014 faisant état de la présence d'amiante, la société requérante ne caractérise aucune faute du maître d'ouvrage ni dans ses obligations en matière d'amiante ni dans les mesures mises en œuvre à la suite de la découverte d'éléments amiantés. En outre, elle n'indique pas les conséquences de la présence d'amiante sur l'exécution de ses obligations contractuelles.

7. En deuxième lieu, si la société requérante soutient que la CIVIS est à l'origine de la survenance en cours de chantier de problématiques liées à la solidité de la structure, et notamment des planchers du bâtiment existant, elle n'établit pas, en se bornant à reproduire les comptes rendus OPC des 25 mai et 30 juin 2014 faisant état d'un point bloquant " impactant le planning à résoudre ", que des fautes auraient été commise par le maître d'ouvrage sur ce point. Au demeurant, les comptes rendus indiquent qu'il n'y a " pas de délai supplémentaire " à prévoir.

8. En troisième lieu, si la société requérante se prévaut d'un retard qui aurait été pris par le maître d'ouvrage pour prendre les mesures nécessaires suite à la défaillance d'une entreprise titulaire du lot n° 3 portant sur la charpente, il résulte de l'instruction que lesdites mesures ont été engagées dans un délai pouvant être regardé comme raisonnable, dès lors que la liquidation judiciaire de cette entreprise a été annoncée à la CIVIS le 16 juillet 2014, qu'une nouvelle procédure a été lancée en septembre 2014 et que le marché de substitution a été conclu en décembre 2014.

9. En quatrième lieu, en faisant grief à la CIVIS, sans aucune précision, d'une attitude négligente ayant consisté en un " départ de l'OPC le 31 mars 2015 soit avant la date initialement prévue par la réception des travaux le 17 février 2015 ", la société requérante ne caractérise pas une faute du maître d'ouvrage dans la direction et le contrôle des opérations liées au marché de travaux litigieux. En outre, s'agissant de l'absence de réception des comptes rendus des réunions de chantier, il résulte de l'instruction, et notamment d'un courriel en date du 19 juin 2015, que ces comptes rendus avaient été adressés à la société Climéo à une ancienne adresse sans que des messages d'erreur ne soient générés, mais qu'ils ont donné lieu à de nouvelles transmissions.

10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la CIVIS sur la question de la recevabilité de la demande indemnitaire présentée sur le fondement de la faute du maître d'ouvrage, que l'ensemble des conclusions présentées au titre de l'indemnisation des surcoûts doivent être rejetées.

Sur l'indemnité réclamée au titre des travaux supplémentaires :

En ce qui concerne le droit à indemnisation :

11. Le titulaire d'un marché à prix forfaitaire a droit au paiement des travaux supplémentaires qui, bien qu'ils aient été réalisés sans ordre de service du maître d'ouvrage, ont été indispensables à la réalisation de l'ouvrage selon les règles de l'art. Par ailleurs, il a également droit au paiement des travaux résultant de sujétions imprévues présentant un caractère exceptionnel et imprévisible, dont la cause est extérieure aux parties et qui ont eu pour effet de bouleverser l'économie du contrat.

12. Il résulte de l'instruction, et notamment du courriel du 4 octobre 2016 par lequel le représentant du maître d'ouvrage a fait état de travaux supplémentaires réalisés par la société Climéo qu'il convient de régler, du décompté général du 19 décembre 2016 par lequel le maître d'œuvre a mentionné un montant de 8 209,21 euros HT correspondant à des travaux supplémentaires effectués par la société Climéo et du courrier du 17 juillet 2017 par lequel la CIVIS a exprimé son acceptation à l'égard de l'ensemble des travaux supplémentaires, que la société requérante a effectivement accompli des travaux supplémentaires devant donner lieu à rémunération. Il résulte de l'instruction que ces travaux consistaient, plus précisément, en l'installation d'un lave-main facturé à 1 415,66 euros HT, la reprise des réseaux à la suite de l'implantation des poutrelles de renfort facturée à 1 242,64 euros HT, la réalisation de diverses prestations au RDC et au R+1, la reprise de plans pour un montant de 3 796,93 euros HT et l'extraction mécanique en local poubelle avec reprise des plans, dont le devis s'élevait à 1 753,98 euros HT, soit un montant total de 8 209,21 euros HT. L'ensemble de ces travaux, qui ont été expressément acceptés par la CIVIS dans son courrier du 17 juillet 2017, doivent être regardés comme indispensables à la réalisation de l'ouvrage selon les règles de l'art. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de la CIVIS une indemnité de 8 209,21 euros HT au titre des travaux supplémentaires réalisés par la société Climéo.

En ce qui concerne la révision des prix :

13. La clause de révision des prix a pour objet de prendre en compte les modifications des conditions économiques entre le prix du marché à la date de remise de l'offre de l'entreprise et le prix du marché à la date d'exécution effective des prestations. L'indemnité allouée à l'entreprise au titre des travaux supplémentaires n'est pas évaluée à la date de remise de l'offre de la société Climéo, mais à la date d'exécution effective des travaux supplémentaires par celle-ci. Elle n'est donc pas susceptible de se voir appliquer une formule de révision des prix. Les conclusions présentées de ce chef doivent, dès lors, être rejetées.

En ce qui concerne les intérêts moratoires :

14. Aux termes de l'article 3.3.6 du CCAP : " Le délai global de paiement des avances, acomptes, solde et indemnités est fixé à 30 jours. / Le défaut de paiement dans ce délai fait courir de plein droit, et sans autre formalité des intérêts moratoires au bénéfice du titulaire (). Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt de la principale facilité de refinancement appliquée par la Banque Centrale Européenne à son opération de refinancement principal la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civil au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points. () ".

15. Aux termes de l'article 98 du code des marchés publics, dans sa rédaction applicable au marché litigieux : " Les sommes dues en exécution d'un marché public sont payées conformément aux dispositions du titre IV de la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière et de son décret d'application. ".

16. Aux termes de l'article 2 du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique : " I. - Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le contrat le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. / Toutefois : () 2° Pour le paiement du solde des marchés de travaux soumis au code des marchés publics, le délai de paiement court à compter de la date de réception par le maître de l'ouvrage du décompte général et définitif établi dans les conditions fixées par le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ; () ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal inclus. Les intérêts moratoires appliqués aux acomptes ou au solde sont calculés sur le montant total de l'acompte ou du solde toutes taxes comprises, diminué de la retenue de garantie, et après application des clauses d'actualisation, de révision et de pénalisation. / II. - En cas de désaccord sur le montant d'un acompte ou du solde, le paiement est effectué dans les délais fixés à l'article 1er sur la base provisoire des sommes admises par le pouvoir adjudicateur. Lorsque les sommes ainsi payées sont inférieures à celles qui sont finalement dues au créancier, celui-ci a droit à des intérêts moratoires calculés sur la différence ". Pour l'application de ces dispositions, lorsqu'un décompte général fait l'objet d'une réclamation par le cocontractant, le délai de paiement du solde doit être regardé comme ne commençant à courir qu'à compter de la réception de cette réclamation par le maître d'ouvrage.

17. Il résulte de l'instruction que le décompte général du lot n° 10 établi par la société Climéo le 27 septembre 2019 a fait l'objet d'une réclamation reçue par le maître d'ouvrage le 8 octobre 2019, date qui constitue le point de départ du délai de paiement du solde du marché. Ce délai expirant le 9 novembre 2019, les intérêts moratoires commencent à courir à compter de cette date. Dès lors, la société Climéo a droit, à compter du 9 novembre 2019, aux intérêts moratoires sur la somme susmentionnée de 8 209,21 euros HT, au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement et majoré de huit points.

En ce qui concerne la capitalisation des intérêts :

18. Aux termes de l'article 1154 du code civil : " Les intérêts échus des capitaux peuvent produire des intérêts, ou par une demande judiciaire, ou par une convention spéciale, pourvu que, soit dans la demande, soit dans la convention, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande ne peut toutefois prendre effet que lorsque les intérêts sont dus au moins pour une année entière.

19. La société Climéo a demandé la capitalisation des intérêts dans sa requête introductive d'instance enregistrée le 21 août 2020. Ainsi, elle est en droit de prétendre à la capitalisation des intérêts à la date du 21 août 2021, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Climéo, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la CIVIS réclame au titre des frais liés au litige.

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la CIVIS une somme de 1 500 euros à verser à la société Climéo, au titre des frais que celle-ci a exposés pour sa requête.

D E C I D E :

Article 1er : La CIVIS est condamnée à verser à la société Climéo la somme de 8 209,21 euros HT, assortie des intérêts moratoires à compter du 9 novembre 2019, ces intérêts étant eux-mêmes capitalisés au 21 août 2021 et à chaque échéance annuelle.

Article 2 : La CIVIS versera à la société Climéo la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la CIVIS au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Climéo et à la communauté intercommunale des villes solidaires (CIVIS).

Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Aebischer, président,

- M. Ramin, premier conseiller,

- M. Seroc, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.

Le rapporteur,

S. SEROC

Le président,

M.-A. AEBISCHERLa greffière,

S. BALOUKJY

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

La greffière,

S. BALOUKJY

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