jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2000741 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre bis |
| Avocat requérant | MOUTOUCOMORAPOULE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 septembre 2020, l'association de la Chaussée royale de Saint-Paul, représentée par Me Moutoucomorapoulé, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Paul à lui verser une somme de 50 000 euros ;
2°) de faire interdiction à la commune d'organiser des spectacles musicaux sur le site de la Maison Desbassayns ;
3°) de prononcer une astreinte de 1 000 euros par jour de retard en cas d'inexécution ;
4°) de mettre à la charge de la commune une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune doit être engagée en raison de la carence du maire à faire usage des pouvoirs de police qu'il tient des articles L. 2212-2 du code général des collectivité territoriales et L. 1311-1 et suivants du code de la santé publique ;
- les manifestations qui se tiennent à la Maison Desbassayns ne respectent la règlementation fixée par les articles R. 571-25 et suivants du code de l'environnement ;
- la responsabilité sans faute de la commune est également engagée en raison du préjudice anormal et spécial résultant des nuisances provenant de l'ouvrage public municipal ;
- les riverains membres de l'association subissent des préjudices moraux causés par les nuisances sonores, les déchets laissés aux abords du site et l'impossibilité d'accéder à leurs garages.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2021, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute d'avoir été précédées d'une demande indemnitaire préalable adressée à la commune ;
- en tout état de cause les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Moutoucomorapoulé, représentant l'association de la Chaussée royale de Saint-Paul ;
- et les observations de Me Garnier substituant Me Charrel, représentant la commune de Saul-Paul ;
Considérant ce qui suit :
1. En 2011 la commune de Saint-Paul a fait l'acquisition de l'ancienne Maison Desbassyns devenue Maison Grand Cour, appelée aussi Ecole franco-chinoise, située au 233 de la Chaussée royale. Depuis cette acquisition des évènements culturels, notamment des concerts, se tiennent sur le site de la Maison Grand Cour. L'association de la Chaussée royale de Saint-Paul, composée de riverains de la Maison Grand Cour, dont l'objet statutaire est notamment d'agir contre le bruit, a, entre novembre 2014 et juillet 2017, adressé à la commune de Saint-Paul cinq courriers pour se plaindre de diverses nuisances occasionnées par l'exploitation de la Maison Grand Cour et notamment de la tenue de concerts de musiques amplifiées, comme le festival Opus Pocus. Par un courrier reçu le 14 juin 2019 l'association a adressé à la commune une demande tendant à ce que le maire interdise les concerts de musiques amplifiées sur le site de la Maison Grand Cour et que la commune l'indemnise des préjudices subis par les riverains en raison des diverses nuisances résultant de l'exploitation du site. Par la présente requête, l'association requérante demande au tribunal d'enjoindre à la commune d'interdire les concerts de musiques amplifiées sur ce site et de lui verser une somme de 50 000 euros en réparation des préjudices moraux subis par les riverains, membres de l'association.
2. A l'appui de la présente requête l'association de la Chaussée royale de Saint-Paul fait valoir que la responsabilité de la commune est engagée en raison de la carence du maire à faire usage de ses pouvoirs de police, notamment en matière de tranquillité publique, de salubrité publique et de santé publique, qu'il tient des dispositions du code général des collectivités territoriales et du code de la santé publique, ainsi que des pouvoirs de police relatifs aux évènements de musiques amplifiées qu'il tiendrait du code de l'environnement. En outre, l'association requérante soutient que la responsabilité de la commune est également engagée en raison du préjudice anormal et spécial subi par les riverains en raison du fonctionnement de la Maison Grand Cour qui constitue un ouvrage public.
3. Toutefois, par un courrier du 30 juin 2017 le premier adjoint à la culture de la commune de Saint-Paul a informé l'association que la Maison Grand Cour n'avait accueilli que six manifestations culturelles en 2015 et dix en 2016, que cinq des manifestations prévues en 2017 sur le site, notamment le Nouvel An tamoul et le festival Total Jazz, étaient déplacées dans d'autres lieux, que le nombre de soirées du festival Opus Pocus à la Maison Grand Cour était réduit de trois à deux à compter de l'année 2017 et que la commune demandait scrupuleusement à l'organisation de ce festival de limiter les nuisances sonores, respecter les horaires annoncés, veiller au respect des règles de stationnement prévues et prendre toutes dispositions pour laisser le site propre.
4. A l'instance, l'association requérante soutient, en dépit des éléments apportés par la collectivité territoriale dans son courrier du 30 juin 2017, que les manifestations qui se tiennent à la Maison Grand Cour apportent toujours des nuisances sonores, entrainent l'abandon de déchets aux abords du site et créent des difficultés de stationnement pour les riverains. Toutefois, à l'appui de ses allégations l'association requérante se borne à produire les courriers qu'elle a transmis à la commune entre 2014 et 2017, un article de presse relatant une manifestation tenue par l'association en protestation à la tenue du festival Opus Pocus 2016, ainsi qu'un document duquel il ressort que deux concerts de musiques amplifiées se sont tenus à la Maison Grand Cour les 3 et 4 août 2017 dont l'un finissait à 20h45 et l'autre à 23h00. Ainsi, l'association requérante n'apporte aucun élément, ni photographie, ni constat d'huissier, ni mesures acoustiques, de nature à justifier de l'existence et de l'ampleur des nuisances dont ils font état. En outre, elle n'apporte aucun élément de nature à contredire les allégations de la commune selon lesquelles un nombre restreint d'évènements de musiques amplifiées se tiennent tous les ans à la Maison Grand Cour. Dans ces circonstances, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les riverains sont exposés à des nuisances telles que le maire aurait commis une faute en ne prenant de mesures plus strictes que celles qu'il a déjà engagées et qui sont révélées par son courrier du 30 juin 2017. Pour les mêmes motifs, l'association n'est pas fondée à soutenir que les riverains subissent un préjudice anormal et spécial, excèdent la gêne à laquelle sont normalement exposés les habitants d'un milieu urbain, en raison de l'exploitation de la Maison Grand Cour.
5. Au surplus, l'association requérante fait valoir que les riverains, membres de l'association, subissent des préjudices moraux causés par les nuisances résultant du site. Pour ce faire elle produit des certificats médicaux attestant de la fragilité de la santé de certains riverains. Toutefois, ce faisant, l'association n'invoque que des préjudices personnels et propres aux membres de l'association. Or en tant que personne morale l'association requérante, qui n'invoque aucun préjudice propre, n'a pas qualité pour être indemnisée des préjudices qu'auraient subi ses membres à titre personnel.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et la fin de non-recevoir, que l'association requérante n'est pas fondée à demander qu'il soit enjoint à la commune d'interdire les concerts de musiques amplifiées à la Maison Grand Cour et que la commune lui verse une somme de 50 000 euros en réparation des préjudices moraux subis par ses membres. Par suite, toutes les conclusions de la requête de l'association Chaussée royale de Saint-Paul sont rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre à la charge de l'association requérante une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Chaussée royale de Saint-Paul est rejetée.
Article 2 : L'association Chaussée royale de Saint-Paul versera une somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Paul en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Chaussée royale de Saint-Paul et à la commune de Saint-Paul.
Délibéré après l'audience du 20 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Caille, premier conseiller,
- M. Felsenheld, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026