jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100242 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ALQUIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2021, M. C et Mme A B, représentés par Me Alquier, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 24 novembre 2020 émise par le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de La Réunion, pour le recouvrement auprès de la société Concept Menuiserie d'une somme de 27 939,10 euros correspondant aux cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, de taxes foncières et de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie, respectivement, au titre des années 2011, 2013, 2014, au titre des années 2010, 2013, 2014 et au titre de l'année 2013 ;
2°) d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur ;
3°) de prononcer la main levée de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que la réclamation préalable du 16 décembre 2020 adressée au pôle recouvrement spécialisé de La Réunion a fait l'objet d'un rejet implicite contesté dans le délai de recours contentieux de deux mois et qu'il appartient au pôle incompétent d'assiette de transmettre au pôle compétent du recouvrement la réclamation préalable ;
- les cotisations dont le recouvrement est en litige ne sont pas exigibles, de sorte que l'action en cause est prescrite en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, l'administration n'apportant pas la preuve d'une interruption du délai ;
- la dette fiscale a été annulée par l'effet de la procédure collective de l'entreprise individuelle de M. B, du fait de la liquidation judiciaire prononcée le 14 octobre 2015 qui a ensuite été suivie d'un jugement de clôture pour insuffisance d'actifs en date du 27 juin 2018 et la dette potentielle de Mme B " in bonis " a été incorporée à la liquidation judiciaire de son conjoint.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2021, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la réclamation préalable du 16 décembre 2020 vise une contestation du bien-fondé de l'impôt réclamé qui n'est pas recevable dans le contentieux du recouvrement et à laquelle il a été répondu par le service de l'assiette à chaque impôt par des décisions de rejet des réclamations préalables ;
- M. B et la société Concept Menuiserie ne sont pas recevables à contester la saisie à tiers détenteur notifiée à Mme B ;
- la réclamation préalable du 16 décembre 2020 formé par M. et Mme B portant sur le bien-fondé des impositions ne rend pas recevable les époux B à s'en prévaloir à l'appui de la contestation d'un acte de poursuite ;
- le moyen invoqué tiré de la prescription n'est pas recevable ;
- l'avis de saisie administrative à tiers détenteur a été régulièrement émis à l'égard de Mme B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü,
- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Par une saisie à tiers détenteur du 24 novembre 2020 notifiée à Mme B, le pôle recouvrement spécialisé de La Réunion a souhaité recouvrer auprès de la société Concept Menuiserie une somme de 27 939,10 euros correspondant aux cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, de taxes foncières et de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie, respectivement, au titre des années 2011, 2013, 2014, au titre des années 2010, 2013, 2014 et au titre de l'année 2013. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes en cause.
Sur les conclusions relatives au recouvrement de l'impôt :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L.252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L.199. ".
3. Aux termes de l'article R. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues à l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne solidaire. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, en premier lieu, au chef de service du département ou de la région dans lesquels est effectuée la poursuite. ". Aux termes de l'article R. 281-4 de ce livre : " Le chef de service se prononce dans un délai de deux à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : a) soit de la notification de la décision du chef de service ; b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service pour prendre sa décision. / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. Elle doit être dirigée contre le comptable chargé du recouvrement ".
4. Il résulte des dispositions précitées que les conclusions aux fins de décharge d'une obligation de payer dirigées contre une mesure de recouvrement d'une imposition doivent faire l'objet, dans un délai de deux mois à compter de toute acte de poursuite, d'une réclamation préalablement à la saisine du juge, adressée au comptable public qui exerce les poursuites.
5. Il résulte de l'instruction qu'aux termes de la réclamation du 16 décembre 2020, Mme B a seulement contesté le bien-fondé des impositions mises à sa charge au titre des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, de taxes foncières et de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie, respectivement, au titre des années 2011, 2013, 2014, au titre des années 2010, 2013, 2014 et au titre de l'année 2013 à l'origine de la notification de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur à la société Concept Menuiserie. Cette réclamation ne constituait pas une contestation relative au recouvrement fondée sur l'un des moyens mentionnés à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, mais constituait une réclamation d'assiette qui a par ailleurs été transmise au pôle compétent ainsi que cela ressort des décisions de rejet des réclamations préalables relatives aux impositions précitées. Par suite, Mme B qui n'établit, ni même n'allègue, qu'elle aurait également formé une réclamation en matière de recouvrement, n'est pas recevable à demander la décharge de l'obligation de payer les sommes mentionnées par l'avis de saisie administrative à tiers détenteur en date du 24 novembre 2020.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions aux fins de décharge de Mme B ainsi que par voie de conséquence, le surplus de ses conclusions, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et à la direction régionale des finances publiques de la Réunion.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, présidente,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
La présidente,
A. BLIN
Le greffier,
F. IDMONT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210024
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026