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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2100535

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2100535

samedi 29 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2100535
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBUDET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 avril 2021 et 28 septembre 2022, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) devenue la société Relyens Mutual Insurance, représentée par Me Budet, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 52 émis le 25 janvier 2021 par le directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) d'un montant de 22 273,50 euros ;

2°) de la décharger l'obligation de payer cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire est entaché d'incompétence ;

- il n'indique pas les bases de liquidation ;

- il est mal fondé, dès lors que le centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion n'a commis aucune faute et que le déficit fonctionnel permanent de la patiente doit être évalué à un taux supérieur à 25% ;

- les sommes demandées ne sont pas justifiées ;

- les conclusions présentées à titre subsidiaire tendant à sa condamnation au paiement de la somme de 22 273,50 euros, ainsi que celles relatives à la mise à la charge de la SHAM des frais d'expertise, sont irrecevables.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 mai et 10 octobre 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), représenté par Me Birot, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que la SHAM soit condamnée au versement de la somme de 22 273,50 euros ;

3°) en toute hypothèse, à la condamnation de la SHAM au paiement des intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2021 et leur capitalisation, au versement d'une pénalité de 3 341 euros sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, au versement de la somme de 773,74 euros au titre des frais d'expertise et d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) à ce que la caisse générale de sécurité sociale de La Réunion soit appelée en déclaration de jugement commun.

Il fait valoir que :

- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;

- il a droit au versement de la pénalité de 15% prévue par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;

- le titre exécutoire a été reçu par la SHAM le 3 mars 2021 de telle sorte qu'elle a droit aux intérêts au taux légal à compter de cette date ;

- il a exposé 773,74 euros au titre des frais d'expertise.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,

- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,

- et les observations de Me Bellanger substituant Me Budet, représentant de la société Relyens Mutual Insurance.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. / Dans ce cas, les dispositions de l'article L. 1142-14, relatives notamment à l'offre d'indemnisation et au paiement des indemnités, s'appliquent à l'office, selon des modalités déterminées par décret en Conseil d'Etat. / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. / En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. / Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis. "

2. Par un titre exécutoire n° 52 émis le 25 janvier 2021, le directeur de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) a mis à la charge de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), devenue en cours d'instance la société Relyens Mutual Insurance, la somme de 22 273,50 euros correspondant à celle versée à Mme B A dans le cadre d'une transaction réalisée sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. Par la présente requête, la SHAM demande au tribunal d'annuler ce titre exécutoire et de la décharger de l'obligation de payer en résultant.

Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :

En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire :

3. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / () ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A a été prise en charge par le centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion en 2016 et 2017 pour le traitement d'un cancer du sein. Il résulte du rapport d'expertise établi le 27 janvier 2019, à la demande de la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) de La Réunion, que la patiente a été victime de deux infections, la première, fin septembre 2016, liée à l'implantation d'un " port à cath " permettant l'administration des produits de chimiothérapie, la seconde, en février 2017, liée au " picc-line " permettant l'administration d'antibiotiques. Il résulte de ces mêmes éléments que seule la première infection revêt un caractère nosocomial en raison des conditions dans lesquelles elle s'est développée. En revanche, la seconde infection ne présente pas ce caractère dès lors qu'elle est apparue plusieurs mois après l'implantation du " picc-line " et est liée aux soins réalisés à domicile. Il résulte en outre du rapport d'expertise précité qu'à la date à laquelle il a été réalisé l'état de santé de la patiente n'était pas consolidée. Néanmoins, l'expert a retenu que son déficit fonctionnel permanent " ne sera pas inférieur à 30% ". Toutefois, ainsi que le soutien l'ONIAM, il résulte des termes du rapport d'expertise que celui-ci comporte des imprécisions, voire des contradictions, en ce qui concerne l'évaluation des préjudices imputables à la seule infection nosocomiale. En effet, il apparaît que le rapport d'expertise prend également en compte les conséquences de la seconde infection dans l'évaluation des déficits fonctionnels. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction que le déficit fonctionnel permanent en lien avec l'infection nosocomiale sera nécessairement supérieur à 25%. Dans une telle hypothèse, alors que l'état de santé de la patiente n'est pas encore consolidé et que le déficit fonctionnel permanent, qui ne peut être arrêté avec certitude qu'au moment de la consolidation, n'est pas manifestement supérieur à 25%, la charge des conséquences de l'infection nosocomiale doit incomber, au moins temporairement, à l'établissement public de santé qui en est responsable, sauf cause étrangère, en application de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Par suite, le moyen tiré de ce que la charge de l'infection nosocomiale relève de l'ONIAM ne peut être qu'écarté.

5. En second lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire, un préjudice lié aux souffrances endurées évaluées à 5/7 ainsi qu'un préjudice esthétique temporaire en raison de l'infection nosocomiale qu'elle a contractée. En évaluant les souffrances endurées à 14 000 euros et le préjudice esthétique temporaire à 1 000 euros, l'ONIAM a fait une juste appréciation des préjudices de Mme A. En revanche, il résulte du protocole d'indemnisation transactionnelle prévisionnelle que l'ONIAM s'est basé sur le déficit fonctionnel retenu par l'avis du 26 novembre 2019 de la CCI laquelle s'est référée aux évaluations faites par l'expert. Or il résulte de ce qui précède que les périodes et les taux de déficit fonctionnel retenus par l'expert inclus, à tort, des éléments qui sont uniquement en lien avec l'infection qui ne présente pas de caractère nosocomial. Il en résulte que l'ONIAM a opéré une appréciation erronée du déficit fonctionnel temporaire en lien avec l'infection nosocomiale. Le déficit fonctionnel temporaire en lien avec l'infection nosocomiale doit être évalué à la somme de 6 000 euros.

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :

6. En premier lieu, le titre exécutoire litigieux a été signé par Mme C, directrice adjointe de l'ONIAM, laquelle dispose, pour ce faire, d'une délégation de signature du directeur de l'office en date du 16 juin 2020, régulièrement publiée au Bulletin officiel du ministre des solidarités et de la santé ainsi que sur le site internet de l'ONIAM. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du titre ne peut être qu'écarté.

7. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique applicable à l'ONIAM : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses. / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () "

8. En l'espèce, il résulte des mentions figurant sur le titre exécutoire que celui-ci a été notifié à la SHAM accompagné du protocole transactionnel et de l'avis de la CCI du 26 novembre 2019. Le protocole transactionnel et l'avis de la CCI indiquent les bases de la liquidation. Si à l'instance la SHAM fait valoir qu'elle n'a pas été destinataire du protocole transactionnel, il ne résulte d'aucun élément de l'instruction qu'elle aurait cherché à l'obtenir à la suite de la réception du titre exécutoire. Par suite, les allégations de la SHAM n'étant pas sérieusement étayées, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'absence d'indication des bases de liquidation.

9. Par suite, il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de réformer le titre exécutoire, de l'annuler en tant qu'il excède la somme de 21 000 euros et de décharger le débiteur de l'obligation de payer la somme de 1 273,50 euros. Il résulte nécessairement de ce qui précède que les conclusions de l'ONIAM tendant à ce que la SHAM soit condamnée à lui verser une somme de 22 273,50 euros doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM :

10. En premier lieu, les débiteurs d'un titre exécutoire peuvent introduire contre celui-ci, devant la juridiction compétente, un recours qui présente un caractère suspensif en application d'un principe général du droit auquel le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ne saurait avoir dérogé et qui invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'ONIAM est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice.

11. En l'espèce, le recours contentieux formé par la SHAM contre le titre exécutoire en litige a ainsi suspendu son recouvrement. Le présent jugement mettant fin à ce sursis de paiement, il rétablit la SHAM dans son obligation de payer la somme de 21 000 euros mentionnée au paragraphe 6. Il s'ensuit que les intérêts moratoires sont dus de plein droit à compter de la date du présent jugement et pourront être directement recouvrés par le comptable public, l'ONIAM n'étant pas recevable à les demander au juge. La demande de condamnation de la SHAM au paiement d'intérêts moratoires et à la capitalisation de ceux-ci doit donc être rejetée.

12. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 1142-15 précitées qu'en cas de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, l'Office peut obtenir le remboursement des frais d'expertise. Dans le cadre du litige relatif à la contestation du titre exécutoire émis par l'ONIAM pour le recouvrement des sommes versées aux victimes, celui-ci peut solliciter, à titre reconventionnel, le remboursement des frais d'expertise exposés devant la CCI dès lors que la somme en litige n'a pas fait l'objet d'un titre exécutoire.

13. En l'espèce, il est constant que l'ONIAM n'a pas émis de titre exécutoire pour procéder au recouvrement des frais d'expertise. L'ONIAM justifie avoir verser une somme de 773,74 euros à l'expert. Cette somme sera mise à la charge de la SHAM.

14. En dernier lieu, les dispositions précitées de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique prévoient qu'en cas de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'Office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue.

15. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu des incertitudes importantes liées aux termes du rapport d'expertise, il n'y a pas lieu de mettre de pénalité à la charge de la SHAM.

Sur la mise en cause de la caisse générale de la sécurité sociale de La Réunion (CGSSR) :

16. Lorsqu'il a versé une indemnité à la victime en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, il appartient à l'ONIAM, s'il a connaissance du versement à cette victime de prestations mentionnées à l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la 'circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, d'informer les tiers payeurs concernés afin de leur permettre de faire valoir leurs droits auprès du tiers responsable, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. Il incombe également à l'Office d'informer les tiers payeurs, le cas échéant, de l'émission d'un titre exécutoire à l'encontre du débiteur de l'indemnité ainsi que des décisions de justice rendues sur le recours formé par le débiteur contre ce titre.

17. En revanche, il ne résulte ni de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire que les tiers payeurs ayant servi des prestations à la victime en raison de l'accident devraient être appelés en la cause lorsque le débiteur saisit le juge administratif d'une opposition au titre exécutoire. Par suite les conclusions présentées par l'ONIAM tendant à ce que le tribunal appelle en déclaration de jugement commun la CGSSR doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Dans les circonstances de l'espèce, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM la somme demandée par la SHAM. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la société Relyens Mutual Insurance la somme de 1 500 euros à verser à l'ONIAM sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre exécutoire n° 52 émis le 25 janvier 2021 par le directeur de l'ONIAM est annulé en tant qu'il porte sur un montant supérieur à 21 000 euros et son montant est réformé pour être porté à 21 000 euros.

Article 2 : La société Relyens Mutual Insurance est déchargée du paiement de la somme de 1 273,50 euros mise à sa charge par le titre exécutoire n° 52.

Article 3 : La société Relyens Mutual Insurance est condamnée à verser à l'ONIAM la somme de 773,74 euros en remboursement des frais d'expertise et la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de l'ONIAM est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la société Relyens Mutual Insurance présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Relyens Mutual Insurance et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Bauzerand, président,

- M. Felsenheld, premier conseiller,

- Mme Beddeleem, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2024.

Le rapporteur,Le président,

R. FELSENHELDCh. BAUZERAND

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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