vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100652 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | EGLOFF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif enregistrés le 27 mai 2021 et le 18 novembre 2021, la société Communication production audiovisuelle (CPA), représentée par Me Egloff, avocat, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Pierre à lui verser la somme de 3 265,85 euros TTC en paiement de sa facture n° 0835946 du 8 janvier 2019, assortie d'une pénalité de retard de 40 euros ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Saint-Pierre à lui verser la somme de 3 265,85 euros TTC au titre d'un enrichissement sans cause ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- alors même que son devis aurait été signé par une personne non habilitée, la loyauté des relations contractuelles implique que le montant de sa facture du 8 janvier 2019, correspondant aux prestations réalisées en exécution de l'ordre de publicité n° 50691 du 14 décembre 2018, similaire à la commande antérieure du 14 février 2018, lui soit réglé ;
- la campagne de publicité commandée au profit de l'association des commerçants des Francolins ayant bien été effectuée, conformément au devis signé, l'annulation du contrat par la commune de Saint-Pierre aurait pour effet un enrichissement sans cause, au titre duquel le montant des prestations réalisées doit lui être réglé.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2021, la commune de Saint-Pierre conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la créance dont se prévaut la société CPA n'est ni certaine, ni liquide, ni exigible, dès lors que l'ordre de publicité du 14 décembre 2018 a été signé par une personne qui n'avait pas compétence pour engager des dépenses au nom de la commune ;
- les prestations réalisées au profit de l'association des commerçants des Francolins n'ont fait l'objet d'aucune délibération du conseil municipal ; ainsi, en l'absence d'intérêt local reconnu, les prestations ne peuvent être prises en charge par la commune.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 ;
- le décret n° 2016-360 du 25 mars 2016 ;
- loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ramin, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Mercier Barraco, substituant Me Egloff, avocat de la société CPA.
Considérant ce qui suit :
1. La société Communication production audiovisuelle (CPA) a réalisé du 12 au 24 décembre 2018 une campagne de publicité au profit de l'association des commerçants des Francolins, selon des modalités définies par un devis en date du 6 novembre 2018 approuvé le 14 décembre 2018 par le responsable du service de " redynamisation et proximité du centre-ville " de la commune de Saint-Pierre. La commune ayant refusé de procéder au paiement de sa facture du 8 janvier 2019, la société requérante demande au tribunal de condamner cette collectivité publique à lui verser la somme de 3 265,85 euros TTC, soit au titre de l'exigence de loyauté des relations contractuelles soit au titre d'un enrichissement sans cause.
Sur la responsabilité contractuelle :
2. Lorsque les parties soumettent au juge un litige relatif à l'exécution du contrat qui les lie, il incombe en principe à celui-ci, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, de faire application du contrat. Toutefois, dans le cas seulement où il constate une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, il doit écarter le contrat et ne peut régler le litige sur le terrain contractuel. Ainsi, lorsque le juge est saisi d'un litige relatif à l'exécution d'un contrat, les parties à ce contrat ne peuvent, en principe, invoquer un manquement aux règles de passation, ni le juge le relever d'office, aux fins d'écarter le contrat pour le règlement du litige. Par exception, il en va autrement lorsque, eu égard, d'une part, à la gravité de l'illégalité et, d'autre part, aux circonstances dans lesquelles elle a été commise, le litige ne peut être réglé sur le fondement de ce contrat.
3. Aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune () ". Aux termes de l'article L. 2122-21 du même code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : / () 6° De souscrire les marchés () dans les formes établies par les lois et règlements () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal () ". L'article L. 2122-19 précise que : " Le maire peut donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature : / 1° Au directeur général des services et au directeur général adjoint des services de mairie ; / 2° Au directeur général et au directeur des services techniques ; / 3° Aux responsables de services communaux ".
4. Il résulte de l'instruction que la campagne publicitaire litigieuse avait été précédée d'une opération de même nature en début d'année 2018. En approuvant le devis n° 46167 du 5 février 2018 émis par la société CPA sous la forme d'un " ordre de publicité ", signé pour le maire et par délégation par Mme A, directrice générale adjointe des services, la commune de Saint-Pierre s'était engagée à prendre en charge une campagne publicitaire radiophonique réalisée en faveur de l'association des commerçants des Francolins, pour un montant de 1 777,23 euros TTC. La facture correspondante, émise par la société CPA le 28 février 2018, avait été réglée par la commune le 23 avril 2018. Le 6 novembre 2018, la société CPA a émis un ordre de publicité n° 50691 relatif à une nouvelle campagne publicitaire au profit de la même association, pour un montant de 3 265,85 euros TTC, laquelle a été réalisée du 12 au 24 décembre 2018. Ce nouveau devis a été signé le 14 décembre 2018, au nom et sous le tampon de la commune de Saint-Pierre, par M. B, responsable du service qui était déjà intervenu au titre de la première campagne, à savoir le service de " redynamisation et proximité du centre-ville ", et comportait les mentions de l'année et de la ligne budgétaire sur lesquelles cette dépense allait être imputée. La seule circonstance, au demeurant non établie, que ce responsable de service n'aurait pas été titulaire d'une délégation lui donnant compétence pour engager des dépenses au nom de la commune, en application des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales, ne peut être regardée en l'espèce comme un vice d'une particulière gravité de nature à conduire à écarter l'application du contrat, dès lors notamment que M. B pouvait, eu égard aux fonctions qu'il exerçait et à l'intervention de son service lors de la précédente procédure, apparaître à la société CPA comme qualifié pour signer le devis en cause. Ainsi, il ne saurait être constaté un vice du consentement.
5. Par suite, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, la commune de Saint-Pierre doit être condamnée à payer à la société CPA la somme de 3 265,85 euros TTC, en paiement de sa facture n° 835946 du 8 janvier 2019.
6. En application de l'article 40 de la loi du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière, le retard de paiement de cette somme donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé, par l'article 9 du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique, à 40 euros. Dès lors, il y a lieu de condamner la commune de Saint-Pierre au versement de cette indemnité.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société requérante.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Pierre est condamnée à verser à la société Communication production audiovisuelle (CPA) une somme de 3 265,85 euros TTC, en paiement de sa facture n° 835946 du 8 janvier 2019, assortie d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros.
Article 2 : La commune de Saint-Pierre versera à la société CPA la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Communication production audiovisuelle (CPA) et à la commune de Saint-Pierre.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Ramin, premier conseiller,
M. Seroc, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 202Le rapporteur,
V. RAMIN
Le président,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ la greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026