jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100780 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER RAMOND AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2021, la société par action simplifiée (SAS) La Bourbonnaise de Distribution, représentée par Me Ramond, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière des entreprises mises à sa charge au titre de l'année 2019 dans le rôle de la commune de Saint-Paul à raison de l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire, situé CD4 Le Triangle - Savannah et dans le rôle de la commune de Saint-Denis à raison de l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire, situé 1, avenue Maréchal de Lattre de Tassigny à Sainte-Clotilde ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'avis complémentaire de cotisation foncière des entreprises mis en recouvrement le 30 avril 2019 doit être inclus dans le montant de la cotisation foncière des entreprises à prendre en compte pour le calcul du plafonnement prévu à l'article 1647 B sexies du code général des impôts, diminuée des taxes additionnelles et des frais de gestion correspondants, comme le confirme le paragraphe 40 de l'instruction BOI-IF-CFE-40-30-20-30 ;
- le montant des transferts de charge, qui constituent des dépenses de personnels, n'est pas déductible de la valeur ajoutée produite pour le calcul du plafonnement prévu à l'article 1647 B sexies du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques de La Réunion, conclut au non-lieu à statuer à hauteur de 2 722 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir, d'une part, qu'il a prononcé un dégrèvement de cotisation foncière des entreprises en cours d'instance et, d'autre part, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 28 octobre 2022, les parties ont été informées du calendrier prévisionnel d'instruction conformément aux dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 21 décembre 2022, l'instruction a été clôturée le jour même.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS La Bourbonnaise de Distribution exerce une activité de vente en détail en gros d'articles mobiliers et d'équipements ménagers. Elle a été assujettie à la contribution foncière des entreprises au titre de l'année 2019, pour un montant de 123 354 euros. Elle a déposé, le 3 décembre 2020, une réclamation tendant à obtenir un dégrèvement des cotisations foncières des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019 sur le fondement du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée de sa contribution économique territoriale, à hauteur d'une somme de 70 590 euros. Par une décision du 27 avril 2021, l'administration fiscale a partiellement accepté sa demande à hauteur d'une somme de 46 556 euros. La société requérante demande de prononcer la réduction des cotisations de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre de l'année 2019 à hauteur de 60 530 euros, soit 13 974 euros supplémentaires, sur le fondement d'une part, de l'inclusion de l'avis complémentaire de cotisation foncière des entreprises mis en recouvrement le 30 avril 2019 et, d'autre part, de l'exclusion du montant des transferts de charge à la valeur ajoutée produite, dans le calcul du montant brut de la cotisation foncière des entreprises à prendre en compte pour le calcul du plafonnement prévu par les dispositions de l'article 1647 B sexies du code général des impôts.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 10 décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le service a prononcé le dégrèvement des cotisations foncières des entreprises auxquelles la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2019, pour un montant de 2 722 euros. Les conclusions de la requête relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne la loi fiscale :
3. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. ". Aux termes de l'article 1647 B sexies du même code : " I.- Sur demande du redevable effectuée dans le délai légal de réclamation prévu pour la cotisation foncière des entreprises, la contribution économique territoriale de chaque entreprise est plafonnée en fonction de sa valeur ajoutée. () II.-Le plafonnement prévu au I () ne s'applique pas () à la cotisation minimum prévue à l'article 1647 D. () ".
4. D'une part, la société requérante fait valoir que l'avis complémentaire de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018, d'un montant de 12 503 euros, mis en recouvrement le 30 avril 2019 doit être inclus dans le montant brut de la cotisation foncière des entreprises à prendre en compte pour le calcul du plafonnement prévu par les dispositions précitées, diminuée des taxes additionnelles et des frais de gestion correspondants, soit un montant de 11 250 euros. Or, le dégrèvement a été demandé par la société requérante au titre des cotisations foncières des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2019. Dès lors, l'avis complémentaire de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018 ne peut pas être inclus dans le montant brut de la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2019 à prendre en compte pour le calcul du plafonnement sur la valeur ajoutée, nonobstant la circonstance qu'il aurait été mis en recouvrement le 30 avril 2019. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. D'autre part, dans sa décision du 27 avril 2021, l'administration avait intégré le montant des transferts de charge à la valeur ajoutée produite pour le calcul du plafonnement prévu par les dispositions précitées. Cependant, ainsi qu'il a été dit au point 2, par une décision du 10 décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le service a prononcé le dégrèvement des cotisations foncières des entreprises auxquelles la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2019, à concurrence d'une somme de 2 722 euros. Il résulte des écritures en défense que ce dégrèvement a été prononcé au motif de l'exclusion du montant des transferts de charge, qui constituent des dépenses de personnels, dans la détermination de la valeur ajoutée produite pour le calcul dudit plafonnement. Par suite, le moyen tiré de ce que le montant des transferts de charge n'est pas déductible de la valeur ajoutée produite pour le calcul dudit plafonnement est désormais dépourvu d'objet.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".
7. A supposer que la société requérante se prévale, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 40 de l'instruction BOI-IF-CFE-40-30-20-30 du 7 juillet 2021, elle n'est toutefois pas fondée à le faire dès lors qu'il ne fait pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement.
8. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions aux fins de décharge de la SAS La Bourbonnaise de Distribution ne peut qu'être rejeté.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SAS La Bourbonnaise de Distribution présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge de la cotisation foncières des entreprises au titre de l'année 2019 à hauteur du dégrèvement de 2 722 euros prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS La Bourbonnaise de Distribution et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Banvillet, premier conseiller,
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/la greffière en chef
La greffière,
E. POINAMBALOM
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026