mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2100932 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
| Avocat requérant | FERDINAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juillet 2021 et 3 janvier 2022, M. C A, représenté par Me Ferdinand, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le service des retraites de l'Etat a refusé de réviser sa pension et de lui accorder la bonification pour bénéfices de campagne au titre des services accomplis à La Réunion ;
2°) d'enjoindre au ministre chargé des comptes publics de faire droit à sa demande de révision, avec toutes les conséquences de droit, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son titre de pension doit être révisé dès lors qu'il ne tient pas compte de ses services accomplis à La Réunion, en méconnaissance des dispositions des articles L. 12 et R. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite telles qu'interprétées par le Conseil d'Etat dans sa décision du 12 février 2020 n° 416965 ;
- le décision méconnait le principe d'égalité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 octobre 2021 et 8 février 2022, le ministre de l'action publique et des comptes publics conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la partie requérante ne sont pas fondés.
Vu l'ordonnance fixant la clôture de l'instruction au 4 mai 2022.
Vu le mémoire enregistré le 27 mai 2022, présenté pour M. A après la clôture de l'instruction.
Vu le moyen d'ordre public communiqué aux parties le 23 juin 2022 selon lequel le tribunal est susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Legrand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferdinand, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ancien gendarme, est titulaire d'une pension de retraite qui a été concédée par un arrêté du 4 juillet 2005. Cette pension n'est pas assortie de la bonification relative aux bénéfices de campagne pour services accomplis en outre-mer prévue au c) de l'article L. 12 et au 1° du C. de l'article R. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite. M. A a présenté le 21 décembre 2020 une demande de révision de sa pension, auprès du service des retraites de l'Etat, afin de se voir attribuer cette bonification en se prévalant de ses services accomplis à La Réunion de 1998 à 2005. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation d'une décision implicite de rejet par laquelle le service de retraites de l'Etat aurait rejeté sa demande. Toutefois, il résulte de l'instruction que sa demande a fait l'objet d'un rejet par une décision expresse du 27 janvier 2021. Par suite, les conclusions de la requête de M. A doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 27 janvier 2021.
2. Par un arrêté du 1er octobre 2020 le directeur général des finances publiques a donné à M. B, attaché principal affecté au bureau des invalidités du département des retraites et de l'accueil du service des retraites de l'Etat, signataire de la décision litigieuse, délégation " pour signer au nom du ministre chargé du budget, tous actes, à l'exclusion des décrets, dans la limite de ses attributions ". Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les attributions de M. B s'étendraient au-delà du champ de compétence du bureau des invalidités et que ce bureau serait compétent pour traiter les demandes de révision de pension sans rapport avec une question d'invalidité. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'incompétence et à en demander l'annulation.
3. L'exécution du présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit fait droit à la demande de révision présentée par M. A. En revanche, il est enjoint à l'administration de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 janvier 2021 du directeur du service des retraites de l'Etat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de réexaminer la demande de révision de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au ministre des armées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2022.
Le rapporteur,
R. FELSENHELD
La greffière,
S. BALOUKJY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
S. BALOUKJY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026