mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101452 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AVRIL FRANCOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre 2021 et 25 janvier 2022, la société d'assurances (SA) Allianz I.A.R.D.T (Incendies, Accidents, Risques Divers et Techniques) et la société anonyme (SA) Groupe Caillé, représentées par Me Avril, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à verser à la SA Allianz la somme de 130 057 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 6 septembre 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à verser à la SA Groupe Caillé la somme de 2 000 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 6 septembre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'Etat est responsable, sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, des dommages causés au magasin à l'enseigne Promocash appartenant à la SA Groupe Caillé, les 18 et 19 novembre 2018 ;
- la SA Allianz est subrogée dans les droits de son assuré à hauteur de 130 057 euros ;
- la SA Groupé Caillé a subi un préjudice de 2 000 euros qui correspond au montant de la franchise versée à son assureur.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 décembre 2021 et le 13 septembre 2022, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions portant sur un montant supérieur à 120 057 euros sont irrecevables ;
- les conclusions présentées par la SA Groupe Caillé n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable ;
- en tout état de cause, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Dans les soirées du 18 et 19 novembre 2018, des groupes d'individus ont pénétré par effraction au sein du commerce à l'enseigne " Promocash ", appartenant à la SA Groupe Caillé, situé rue du Général de Gaulle dans la commune de Sainte-Marie et y ont procédé à des vols et des dégradations. La SA Allianz, assureur de la SA Groupe Caillé, a indemnisé cette dernière au titre de sa garantie contractuelle. Imputant ces dommages à des débordements commis en marge du mouvement dit A jaunes ", la SA Allianz, subrogée dans les droits de son assuré, demande au tribunal, par la présente requête, de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, à lui verser la somme de 130 057 euros. Par la même requête, la SA Groupe Caillé demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme 2 000 euros correspondant au montant de la franchise restée à sa charge.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. / () ". L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis par des rassemblements ou des attroupements précisément identifiés. Ces dispositions ne trouvent pas à s'appliquer lorsque les crimes ou délits à l'origine des dommages ont été commis par un groupe constitué et organisé à seule fin de commettre des délits.
3. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi par un enquêteur privé à la demande de l'assureur, que le soir du 18 novembre 2018 une trentaine d'individus ont forcé le portail du parc de stationnement du magasin à l'enseigne Promocash et se sont introduits à l'intérieur du magasin en fracturant la porte située à l'arrière des locaux, ainsi que le rideau métallique. Ces individus se sont rendus coupables de vols et dégradations au sein du magasin. Si la SA Allianz soutient, sans plus de précisions, que ces faits ont eu lieu en marge du mouvement dit A jaunes ", il ne résulte pas de l'instruction que lesdits faits délictueux pourraient être rattachés à un attroupement ou à un rassemblement précisément identifié. D'autre part, il résulte des mêmes éléments que le soir du 19 novembre 2018 vers 21h, ou celui du 20 novembre, les pièces du dossier présentant des dates divergentes, le même magasin Promocash a été une nouvelle fois dégradé et pillé par un trentaine d'individus pour certains cagoulés ou masqués, qui ont, en outre, mis le feu à un véhicule se trouvant sur le parking. Il résulte des faits décrits que cette action en dégradation et en pillage a été perpétrée par un petit groupe de personnes, qui a agi de façon préparée et concertée, et non de façon spontanée, à seule fin de commettre un délit. Par suite, les conséquences dommageables de ces évènements, ne peuvent être regardées comme imputables à des attroupements ou des rassemblements au sens des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure précité.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir, les sociétés Allianz et Groupe Caillé ne sont pas fondées à demander la condamnation de l'Etat à les indemniser des préjudices qu'elles ont subis.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les parties requérantes demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés SA Allianz et Groupe Caillé est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société d'assurances (SA) Allianz I.A.R.D.T (Incendies, Accidents, Risques Divers et Techniques), la société anonyme (SA) Groupe Caillé et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026