vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101573 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | R222-13 (JU 2) |
| Avocat requérant | DESFARGES PIERRE-HENRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2021, Mme C B, représentée par Me Desfarges, avocat désigné au titre de l'aide juridictionnelle, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge de la somme de 8 738,34 euros mise à sa charge par la caisse d'allocations familiales (CAF) de La Réunion au titre d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) portant sur la période d'avril 2019 à août 2020 ;
2°) de condamner le département de La Réunion à verser à son avocat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 sous réserve de renonciation à l'indemnité d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que ;
- son recours administratif du 25 juin 2021 a été rejeté par une personne ne justifiant pas de sa compétence ;
- la décision d'indu est insuffisamment motivée ;
- sa réclamation a été rejetée sans avoir été soumise à la commission de recours amiable ;
- les droits de la défense ont été méconnus ;
- en remettant en cause ses droits au RSA au motif qu'elle résidait hors du territoire français lors de la période litigieuse, l'administration a inexactement analysé sa situation ;
- subsidiairement, la précarité de sa situation justifie la remise gracieuse de l'indu.
Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2022, le département de La Réunion demande à être mis hors de cause.
Il soutient que l'indu litigieux relève de la compétence du département du Var, eu égard au lieu de résidence de la requérante, ou de celle de la CAF de La Réunion, s'agissant d'une créance se trouvant encore entre les mains de celle-ci.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 février et 13 mai 2022, la CAF de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aebischer, magistrat désigné,
- les observations de Mme A, représentant la CAF.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, qui s'est installée dans le Var en 2020, bénéficiait depuis 2017 du revenu de solidarité active (RSA), lequel lui était versé par la caisse d'allocations familiales (CAF) de La Réunion. Suite au rapport d'enquête établi par un contrôleur assermenté en septembre 2020, la CAF a remis en cause ses droits au RSA, au seul motif que son lieu de résidence ne se situait pas en France mais aux Etats-Unis, et a mis à sa charge un indu fixé à 8 738,34 euros au titre de la période d'avril 2019 à août 2020. Par une première réclamation adressée à la CAF le 4 octobre 2020, accompagnée de 17 pièces justificatives, Mme B a contesté cet indu en affirmant qu'elle avait toujours résidé à La Réunion lors de la période litigieuse. Elle a ensuite adressé des réclamations au médiateur de la CAF, le 8 février 2011, puis au président du conseil départemental de La Réunion le 24 septembre 2020. L'ensemble de ces réclamations ont été rejetées par l'administration, la commission de recours amiable de la CAF ayant à cet égard rejeté les prétentions de l'intéressée par une décision du 17 août 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de lui accorder la décharge de l'indu. Elle soulève plusieurs moyens, dont celui tiré de l'erreur d'appréciation commise par la CAF en considérant qu'elle ne résidait pas sur le territoire français lors de la période litigieuse.
2. Il résulte de l'instruction, et notamment des éléments circonstanciés, assortis de multiples justificatifs, présentés par Mme B dans le cadre de sa réclamation initiale du 4 octobre 2020, que l'intéressée, qui n'était certes plus présente à son adresse du 33 chemin de la Cannelle à Saint-Denis lorsque le contrôleur de la CAF s'y est rendu en septembre 2020, ayant déjà à cette époque déménagé dans le Var avec sa mère, n'a pas cessé de résider à La Réunion lors de l'ensemble de la période d'avril 2019 à août 2020. Au nombre des éléments probants invoqués par l'intéressée, figure notamment, outre ses justificatifs fiscaux et attestations de sécurité sociale, le rendez-vous qu'elle avait eu le 2 janvier 2020 avec un agent de la CAF lors duquel un point complet de sa situation avait été effectué. Si la CAF s'est fondée, pour conclure à une situation de résidence hors du territoire français, sur des documents faisant apparaître une adresse aux Etats-Unis, il résulte des précisions apportées par la requérante que cette adresse n'était plus d'actualité en 2019, mais correspondait au séjour de six mois qu'elle avait effectué en 2016 dans ce pays. Quant à la circonstance, à la supposée établie, que des déclarations trimestrielles auraient été faites par l'intéressée en 2019 avec une adresse IP localisée aux Etats-Unis, elle ne suffit pas à établir l'existence d'une résidence effective dans ce pays lors de cette période, alors qu'il a au contraire été démontré par la requérante le caractère stable et effectif de sa résidence en France lors des années 2019 et 2020. Dans ces conditions, il y a lieu de donner acte à Mme B de ce que, contrairement à ce qu'a estimé la CAF, elle justifiait sans discontinuité, au cours de la période litigieuse, de la condition de résidence en France fixée par les articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles. L'indu de RSA ne saurait donc être validé.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens invoqués, que Mme B doit être déchargée de l'obligation de payer la somme de 8 738,34 euros au titre de l'indu mis à sa charge pour la période d'avril 2019 à août 2020.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B à l'encontre du département de La Réunion sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il est accordé à Mme B la décharge de la somme de 8 748,34 euros correspondant à l'indu de RSA mis à sa charge pour la période d'avril 2019 à août 2020.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la caisse d'allocations familiales (CAF) de La Réunion et au département de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. BALOUKJYLa République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière,
S. BALOUKJY
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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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