mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2101584 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL BETTY VAILLANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. B A et Mme C A, représentés par Me Vaillant, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des pénalités afférentes aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre de l'année 2015 sur le fondement de l'article 1729, a du code général des impôts ;
2°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2016 et 2017 ;
3°) de leur accorder le bénéfice du sursis de paiement, en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale ne pouvait se fonder, pour leur appliquer la majoration pour manquement délibéré au titre de l'année 2015, sur l'article 1732 du code général des impôts dès lors qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une taxation d'office, ni sur l'article 1758 du code général des impôts dès lors que ces dispositions concernent les revenus d'origine indéterminée ;
- les pénalités de 40 % prévues par l'article 1729 du code général des impôts et infligées au titre de l'année 2015 sont infondées en l'absence de manquement délibéré ;
- en examinant le dépôt des déclarations de revenus du foyer fiscal lors de la vérification de comptabilité de l'entreprise B A au titre des années 2016 et 2017, l'administration fiscale a procédé à un examen de leur situation fiscale personnelle sans les en informer par l'envoi ou la remise de l'avis de vérification prévu à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, le directeur régional des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes et ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A exerce une activité d'achat et de revente de véhicules d'occasion et d'intermédiaire transparent de dépôt-vente, dans le cadre d'une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, l'entreprise B A, sous l'enseigne JT Occasion, dont les résultats sont imposés directement à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux à l'impôt sur le revenu. Cette activité a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 à l'issue duquel le service a notifié à M. B A et son épouse, Mme C A, par deux propositions de rectification en date du 13 décembre 2018 et du 20 mars 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2015, 2016 et 2017. Les impositions correspondantes ont été mises en recouvrement le 30 avril 2019 au titre de l'année 2015 et le 30 juin 2019 au titre des années 2016 et 2017. Par la présente requête, ils demandent au tribunal, d'une part, de prononcer la décharge des pénalités pour manquement délibéré mises à leur charge au titre de l'année 2015 et, d'autre part, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge au titre des années 2016 et 2017.
Sur l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015 :
2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs (), la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ". La majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a de l'article 1729 du code général des impôts sanctionne la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir le manquement délibéré, l'administration fiscale doit apporter la preuve de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations du contribuable, et de son intention délibérée d'éluder l'impôt.
3. En premier lieu, si M. et Mme A font valoir que l'administration fiscale ne pouvait se fonder, pour leur appliquer la majoration, sur l'article 1732 du code général des impôts dès lors qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une taxation d'office, ni sur l'article 1758 du code général des impôts dès lors que ces dispositions concernent les revenus d'origine indéterminée, il résulte toutefois de la proposition de rectification du 20 mars 2019 que l'administration fiscale s'est bien fondée sur les seules dispositions de l'article 1729 du code général des impôts pour leur appliquer la majoration de 40 % pour manquement délibéré.
4. En second lieu, afin de justifier l'application de la pénalité pour manquement délibéré en ce qui concerne les impositions supplémentaires découlant des rectifications en matière de bénéfices industriels et commerciaux au titre de l'année 2015, l'administration s'est fondée, d'une part, sur la nature, l'importance et la récurrence des omissions de déclarations de ventes réalisées et de commissions encaissées et, d'autre part, sur le fait que M. A, en sa qualité de professionnel averti d'une exploitation créée depuis le 10 août 2007, ne pouvait ignorer que les recettes perçues du fait des ventes et des commissions reçues devaient intégrer les comptes de l'exploitation, alors au demeurant que les époux A ne contestent pas le bien-fondé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge. Il résulte de l'instruction que le montant des sommes taxées au titre des bénéfices industriels et commerciaux est de 76 448 euros en 2015, alors que M. et Mme A avaient déclaré une somme de 14 969 euros, soit une omission de 56 782 euros. Dans ces conditions, compte tenu de l'importance de l'insuffisance de déclaration et de ce que les contribuables ne pouvaient normalement ignorer les omissions qui leur sont reprochées, l'intention délibérée des requérants de se soustraire à l'impôt est établie.
5. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 4 que les conclusions présentées par M. et Mme A aux fins de décharge des pénalités pour manquement délibéré mises à leur charge au titre de l'année 2015 doivent être rejetées.
Sur l'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 :
6. Aux termes du I de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables ". Aux termes de l'article L. 47 du même livre : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix () ".
7. L'administration procède à la vérification de comptabilité d'une entreprise ou d'un membre d'une profession non commerciale lorsqu'en vue d'assurer l'établissement d'impôts ou de taxes totalement ou partiellement éludés par les intéressés, elle contrôle sur place la sincérité des déclarations fiscales souscrites par cette entreprise ou ce contribuable en les comparant avec les écritures comptables ou les pièces justificatives dont elle prend alors connaissance et dont, le cas échéant, elle peut remettre en cause l'exactitude. L'exercice régulier du droit de vérification de comptabilité suppose le respect des garanties légales prévues en faveur du contribuable vérifié, au nombre desquelles figure notamment l'envoi ou la remise de l'avis de vérification auquel se réfère l'article L. 47 du même livre.
8. Il résulte de l'instruction qu'après avoir procédé, dans le cadre d'une vérification de comptabilité de l'entreprise B A, entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée dont les résultats sont imposés directement à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, à un contrôle sur place portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 qui a débuté par l'envoi d'un avis de vérification du 9 juillet 2018, le vérificateur a déterminé les bénéfices réalisés par l'entreprise qu'elle a rattachés aux bénéfices industriels et commerciaux. Dans ce cadre, le vérificateur a procédé à l'examen du dépôt des déclarations de revenus de M. et Mme A, les bénéfices industriels et commerciaux étant imposables au titre du revenu global du foyer fiscal. Ainsi, cet examen s'inscrit dans le cadre de la vérification de la comptabilité de l'entreprise B A et ne saurait révéler l'engagement d'un examen de la situation fiscale personnelle de M. et Mme A nécessitant l'envoi d'un avis distinct de celui les ayant informés de la vérification de comptabilité.
9. Il résulte de ce qui a été dit aux point 6 à 8 que les conclusions présentées par M. et Mme A aux fins de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 doivent être rejetées.
Sur la demande de sursis de paiement :
10. Les dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales, qui ont pour objet de permettre de surseoir au paiement des impositions lorsqu'il a été formé contre elles une réclamation contentieuse, n'ont de portée que pendant la durée de l'instance devant le tribunal administratif. Lorsque le tribunal s'est prononcé au fond, son jugement rend à nouveau exigibles les impositions dont il n'a pas prononcé la décharge. Par suite, M. et Mme A ne sont, en tout état de cause, pas fondés à demander au tribunal de prononcer en leur faveur le bénéfice du sursis de paiement des impositions en litige.
11. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête doivent être rejetées, y compris celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Banvillet, premier conseiller.
M. Le Merlus, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 20 février 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026