mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200012 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 5 et 20 janvier 2022, M. B A demande au tribunal de lui accorder la restitution d'un crédit d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2020 en application de l'article 200 quater du code général des impôts.
Il soutient que les travaux consistant en la mise en œuvre d'une sur-toiture ventilée réalisés sur son habitation principale lui ouvrent droit au bénéfice de la réduction d'impôt sur le revenu à raison des dépenses d'équipement en faveur de la transition énergétique réalisés dans son habitation principale prévue à l'article 200 quater B du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 février 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 25 mai 2011 relatif à l'application en outre-mer de dispositions concernant les avances remboursables sans intérêts destinées au financement de travaux de rénovation afin d'améliorer la performance énergétique des logements anciens ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Merlus, conseiller,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes ni représentées
Considérant ce qui suit :
1. Par une réclamation préalable du 22 novembre 2021, M. B A, a sollicité la restitution d'un crédit d'impôt sur le revenu prévu à l'article 200 quater du code général des impôts pour des dépenses de transition énergétique au titre de l'année 2020. Sa demande a été rejetée par une décision de l'administration fiscale du 2 décembre 2021. Par la présente requête, il demande de lui accorder la restitution du crédit d'impôt demandé.
2. Aux termes de l'article 200 quater du code général des impôts, dans sa version applicable : " 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt sur le revenu au titre des dépenses effectivement supportées pour la contribution à la transition énergétique du logement dont ils sont propriétaires () et qu'ils affectent à leur habitation principale. / () ce crédit d'impôt s'applique : / () / j) Aux dépenses afférentes à un immeuble situé à La Réunion, en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe ou à Mayotte, payées entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2019, au titre de l'acquisition d'équipements ou de matériaux de protection des parois vitrées ou opaques contre les rayonnements solaires / () ". Aux termes de l'article 18 bis de l'annexe IV au code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " La liste des équipements, matériaux et appareils mentionnés au 1 de l'article 200 quater du code général des impôts est fixée comme suit : () / 4. Pour les logements situés en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à La Réunion, acquisition : / () / b) D'équipements ou de matériaux de protection des parois opaques ou vitrées contre les rayonnements solaires :/ 1° Systèmes de protection des parois opaques pour ce qui concerne la toiture :/ a. Sur-toiture ventilée définie au deuxième alinéa de l'article 3 de l'arrêté du 25 mai 2011 relatif à l'application en outre-mer de dispositions concernant les avances remboursables sans intérêts destinées au financement de travaux de rénovation afin d'améliorer la performance énergétique des logements anciens ; / b. Systèmes de protection de la toiture définis aux quatrième et cinquième alinéas de l'article 3 de l'arrêté du 25 mai 2011 précité / () ". Et aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 25 mai 2011 relatif à l'application en outre-mer de dispositions concernant les avances remboursables sans intérêts destinées au financement de travaux de rénovation afin d'améliorer la performance énergétique des logements anciens : " Les travaux de protection de la toiture contre les rayonnements solaires sont réalisés à l'aide d'une des solutions suivantes : ' installation d'une surtoiture ventilée, définie en annexe 1, permettant de couvrir au moins 75 % de la surface de toiture existante / () ". Le 1 de l'annexe I de cet arrêté indique : " La surtoiture ventilée visée à l'article 3 consiste en un pare-soleil protégeant la paroi horizontale considérée des rayonnements solaires tel que le taux d'ouverture (surface d'ouverture rapportée à la surface de la paroi) est au moins égal à 5 %. Les ouvertures doivent être réparties sur des orientations opposées et de préférence au vent et sous le vent. ".
3. M. A soutient que les travaux consistant en la mise en œuvre d'une sur-toiture ventilée réalisés sur son habitation principale lui ouvrent droit au bénéfice de la réduction d'impôt prévue par les dispositions précitées de l'article 200 quater B du code général des impôts dès lors que la facture qu'il produit justifie les dépenses engagées et que l'entreprise de travaux disposait de la qualification RGE (reconnu garant de l'environnement). Toutefois, la facture émise le 11 février 2020 par la société " Réunion Toiture " pour un montant de 766,14 euros hors taxe se rapporte à la mise en œuvre d'une sur-toiture consistant en la fourniture et la pose de contrelattes en bois sans autre précision. En particulier, elle ne comporte aucune précision sur les caractéristiques des matériaux utilisés et de l'isolation mise en place et ne permet donc pas d'établir, comme le fait valoir l'administration fiscale en défense, que la sur-toiture permettrait de couvrir au moins 75 % de la surface de la toiture et que le taux d'ouverture serait au moins égal à 5%, comme le prévoit le 1 de l'annexe I de l'arrêté du 25 mai 2011. Dès lors, M. A ne remplit pas les conditions requises pour bénéficier du crédit d'impôt institué par les dispositions de l'article 200 quater du code général des impôts.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la restitution du crédit d'impôt litigieux. Sa requête doit, par suite, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller.
Mme Lebon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
T. LE MERLUS
La présidente,
A. KHATER
La greffière,
J. BELENFANT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
jb
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