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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200014

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200014

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200014
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSELARL GEORGES-ANDRE HOARAU & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 janvier 2022 et le 30 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Hoarau, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2013 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration ne peut opposer l'autorité relative de la chose jugée par l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Bordeaux n°20BX02966 du 7 avril 2021 à sa nouvelle demande dès lors qu'il n'existe pas d'identité de parties et d'objet et qu'elle fait part d'une circonstance de fait nouvelle ;

- sa requête n'est pas tardive ;

- la décision de rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée ;

- sa réclamation préalable n'était pas tardive ;

- l'assiette de l'imposition sur le revenu au titre des bénéfices agricoles doit être fixé à 121 194 euros ;

- le délai de prescription n'est pas échu dès lors qu'il a été interrompu par son action en justice.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la demande de Mme A est infondée dès lors qu'elle a le même objet et repose sur la même cause juridique que celle qui a été rejetée par l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Bordeaux n°20BX02966 du 7 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Merlus,

- les conclusions de M. Felsenheld, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En l'absence de déclaration de leurs revenus agricoles pour l'année 2013, l'administration fiscale a notifié à M. et Mme A, exploitants agricoles, une proposition de rectification du 18 septembre 2014 pour la détermination de leurs bénéfices agricoles. Le 14 octobre 2016, ils ont présenté au service des déclarations provisoires de leurs exploitations indiquant un bénéfice agricole imposable au titre de l'année 2013 de 38 798 euros en ce qui concerne l'exploitation de M. A et de 235 949 euros en ce qui concerne l'exploitation de Mme A. L'administration a établi, sur la base de ces déclarations, des cotisations supplémentaires d'imposition, mises en recouvrement le 30 avril 2017. Par la présente requête, Mme A sollicite la décharge des imposition ainsi mises à sa charge.

2. L'autorité de la chose jugée par une décision rendue dans un litige de plein contentieux est subordonnée à la triple identité de parties, d'objet et de cause.

3. Il résulte de l'instruction que, par l'article 1er de l'ordonnance n° 20BX02966 du 7 avril 2021, qui, en l'absence de pourvoi en cassation, était à la fois définitive et irrévocable à la date d'introduction de la présente requête, la cour administrative d'appel de Bordeaux, statuant sur l'appel dirigé contre le jugement du tribunal administratif de La Réunion n° 1800152 du 30 juin 2020, a rejeté la requête de M. et Mme A tendant notamment à prononcer la réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2013. La présente instance porte sur les mêmes impositions et les mêmes années que celle ayant donné lieu à la décision du 7 avril 2021. En outre, il résulte des termes du jugement du 30 juin 2020 et de l'ordonance du 7 avril 2021 que l'identité de cause est également caractérisée, des moyens se rattachant au bien-fondé de l'imposition ayant été soulevés en première instance et en appel, tout comme dans le présent litige. Si la requérante conteste les motifs de la décision de rejet de sa réclamation préalable est soulevé dans la présente instance, il s'agit de moyens inopérants. La circonstance qu'il existerait une circonstance nouvelle postérieure au motif que la liasse fiscale de l'exploitation agricole de Mme A n'a pu être établie que courant avril 2021 est sans influence sur l'identité de cause juridique entre les deux instances successives. Enfin, si la requête rejetée par l'ordonnance du 7 avril 2021 a été présentée par M. et Mme A et non par Mme A seule, elle bénéficiait tout de même alors de la qualité de partie au litige. Dès lors, le présent litige oppose les mêmes parties agissant en la même qualité. Par suite, le directeur régional des finances publiques de La Réunion est fondé à soutenir que le caractère définitif de l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 7 avril 2021 fait obstacle, en raison de l'autorité de chose jugée qui s'y attache, au jugement d'une demande identique présentée par Mme A dans la présente instance.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2013 doivent être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à Mme A la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Le Merlus, conseiller.

Mme Lebon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 15 octobre 2024.

Le rapporteur,

T. LE MERLUS

Le président,

T. SORIN

La greffière,

E. POINAMBALOM

La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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