lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200066 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BIANCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 janvier 2022 et le 13 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Bianchi, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de Mayotte à lui verser la somme de 6 840,70 euros, assortie des intérêts au taux légal, en réparation du préjudice subi du fait de l'effondrement du mur de clôture de sa propriété ;
2°) de condamner le département de Mayotte à lui verser la somme de 10 000 euros au titre de la résistance abusive dont il a fait preuve ;
3°) de mettre à la charge du département de Mayotte la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité sans faute du département de Mayotte est engagée, dès lors que l'effondrement du mur a été causé par les travaux réalisés par le conseil départemental sur sa parcelle ; la responsabilité sans faute du département de Mayotte peut également être engagée en sa qualité de gardien du mur, qui constituerait un ouvrage public ;
- son préjudice s'établit à 6 840,70 euros au titre du coût de remise en état du mur ;
- il a droit au paiement de la somme de 10 000 euros en raison de la résistance abusive dont le département de Mayotte a fait preuve.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2022, le département de Mayotte conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'effondrement du mur ne lui est pas imputable ;
- sa responsabilité ne peut être engagée, dès lors que M. A est seul propriétaire du mur ;
- l'effondrement est imputable à un défaut d'entretien du mur par son propriétaire, M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Busto, substituant Me Bianchi, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est propriétaire d'une maison d'habitation située au n°68 de la rue Mac Auliffe à Saint-Denis, sur la parcelle n° 151. Cette parcelle est séparée de la propriété voisine, appartenant au conseil départemental de Mayotte, par un mur en moellons. Le 5 janvier 2018, le mur séparant les deux parcelles s'est effondré. Une expertise a été réalisée par l'assureur de M. A le 8 janvier 2018. M. A a entrepris la reconstruction du mur. Par un courrier du 15 février 2018, reçu le 19 février 2018, il a demandé au conseil départemental de Mayotte de l'indemniser de la somme de 6 840,70 euros exposée à cette occasion. Par des courriers des 13 mars et 18 avril 2018, reçus par le département de Mayotte le 26 septembre 2018, et par un nouveau courrier du 10 juillet 2018, la société anonyme (SA) CFDP Assurances, en sa qualité d'assureur de protection juridique de M. A, a réitéré cette demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner le département de Mayotte à la réparation du préjudice subi du fait de l'effondrement du mur.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité sans faute du département de Mayotte du fait de l'exécution de travaux publics :
2. Le maître de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, l'architecte et l'entrepreneur chargé des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
3. M. A, qui s'appuie sur un rapport d'expertise diligenté par son assureur, fait valoir que l'effondrement du mur est consécutif à une poussée hydrostatique des eaux situées sous la dalle de béton du parking extérieur de la propriété appartenant au conseil départemental. Selon le requérant, la poche d'eau ainsi formée serait imputable aux travaux de bétonnage de la cour réalisés par le département en 2016, dès lors que le département aurait omis de prévoir un système de drainage efficace. Toutefois, cette expertise, réalisée de manière non contradictoire, se borne à émettre une hypothèse sans s'appuyer sur aucune analyse technique concrète. Par ailleurs, elle ne fait pas mention des travaux qui auraient été effectués par le département en 2016 et retient " qu'aucune preuve ne peut être apportée à ce jour de la responsabilité du conseil général dans l'effondrement de ce mur ". Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les travaux réalisés par le département en 2016 présenteraient un lien direct et certain avec l'effondrement du mur. Dès lors que le lien de causalité entre les travaux publics qui auraient été réalisés par le département en 2016 et l'effondrement du mur n'est pas démontré, le requérant n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité sans faute du département du fait de travaux publics de bétonisation du parking.
En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité sans faute du département de Mayotte du fait de la garde d'un ouvrage public :
4. D'une part, le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
5. La circonstance qu'un ouvrage n'appartienne pas à une personne publique ne fait pas obstacle à ce qu'il soit regardé comme une dépendance d'un ouvrage public s'il présente, avec ce dernier, un lien physique ou fonctionnel tel qu'il doive être regardé comme un accessoire indispensable de l'ouvrage.
6. En l'espèce, le rapport d'expertise établi le 8 janvier 2018 par l'assureur de M. A retient que le mur litigieux est un " mur de soutènement en moellons de pierre faisant office en élévation de mur de clôture et de séparation des deux propriétés contiguës de M. A et du conseil général de Mayotte ". A supposer que le requérant ait entendu engager la responsabilité du département du fait de la garde du mur, qui constituerait un ouvrage public, il ne résulte pas de l'instruction que le département de Mayotte serait propriétaire de ce mur. En outre, si le rapport d'expertise relève également que ce mur " fait office de soutènement à la propriété contiguë du conseil général situé en surplomb ", il ne résulte pas des pièces produites, et notamment des photographies, que ce mur serait un élément indispensable d'un ouvrage public érigé sur la parcelle appartenant au département de Mayotte. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le mur litigieux serait un ouvrage public. Par suite, à supposer que le requérant ait entendu invoquer un tel fondement, la responsabilité sans faute du conseil départemental du fait de la garde du mur doit être écartée.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité sans faute du département de Mayotte pour l'effondrement du mur séparatif de leurs propriétés.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires relatives à la " résistance abusive " du département de Mayotte :
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. A n'est pas fondé à demander l'engagement de la responsabilité du département de Mayotte. Par suite, ses conclusions tendant à ce que le département de Mayotte lui verse la somme de 10 000 euros du fait de la résistance abusive dont il a fait preuve ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge du département de Mayotte, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de Mayotte.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Duvanel, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026