mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200208 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AVRIL FRANCOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 février et 8 septembre 2022, la société d'assurances (SA) Allianz I.A.R.D.T (Incendies, Accidents, Risques Divers et Techniques) et la société par actions simplifiée (SAS) Fast food océan indien, représentées par Me Avril, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner l'Etat à verser à la SA Allianz la somme de 169 357 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 1er décembre 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à verser à la SAS Fast food océan indien la somme de 406 euros, assortie des intérêts au taux légal capitalisés à compter du 1er décembre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'Etat est responsable, sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, des dommages causés au restaurant Quick appartenant à la SAS Fast food océan indien le 19 novembre 2018 ;
- la SA Allianz est subrogée dans les droits de son assuré à hauteur de 169 357 euros ;
- la SAS Fast food océan indien a subi un préjudice de 406 euros qui correspond au montant de la franchise versée à son assureur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions portant sur un montant supérieur à 157 169 euros sont irrecevables ;
- les conclusions présentées par la SAS Fast food océan indien n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable ;
- en tout état de cause, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Felsenheld, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Dans la soirée du 19 novembre 2018, un groupe d'individus a pénétré au sein du restaurant à l'enseigne " Quick ", appartenant à la SAS Fast food océan indien, situé au n° 30 du boulevard du Chaudron dans la commune de Saint-Denis et y a procédé à des vols et des dégradations. La SA Allianz, assureur de la SAS Fast food océan indien, a indemnisé cette dernière au titre de sa garantie contractuelle. Imputant ces dommages à des débordements commis en marge du mouvement dit B jaunes ", la SA Allianz, subrogée dans les droits de son assuré, demande au tribunal, par la présente requête, de condamner l'Etat, sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, à lui verser la somme de 169 357 euros. Par la même requête, la SAS Fast food océan indien demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme 406 euros correspondant au montant de la franchise restée à sa charge.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. / () ". L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis par des rassemblements ou des attroupements précisément identifiés. Ces dispositions ne trouvent pas à s'appliquer lorsque les crimes ou délits à l'origine des dommages ont été commis par un groupe constitué et organisé à seule fin de commettre des délits.
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport établi par un enquêteur privé à la demande de l'assureur, que le soir du 19 novembre 2018 vers 20h48 des individus, dont certains cagoulés, ont pénétré dans le restaurant à l'enseigne " Quick ", se sont rendus coupables de vols et de dégradations, notamment par incendie, et qu'aux alentours de 21h39, le restaurant a subi un jet de cocktail Molotov. Si la SA Allianz soutient, sans plus de précisions, que ces faits ont eu lieu en marge du mouvement dit B jaunes ", il ne résulte pas de l'instruction que lesdits faits délictueux pourraient être rattachés à un attroupement ou à un rassemblement précisément identifié. A cet égard aucun élément du dossier ne permet de rattacher ces faits à une éventuelle occupation du rond-point dit " A " par lesdits " Gilets jaunes " dans la journée du 19 novembre. En outre, il résulte des faits décrits que cette action en dégradation et en pillage a été perpétrée par un petit groupe de personnes, qui a agi de façon préparée et concertée, et non de façon spontanée, à seule fin de commettre un délit. Par suite, les conséquences dommageables de cet évènement, ne peuvent être regardées comme imputables à un attroupement ou un rassemblement au sens des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure précité.
4. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir, les sociétés Allianz et Fast food océan indien ne sont pas fondées à demander la condamnation de l'Etat à les indemniser des préjudices qu'elles ont subis.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les parties requérantes demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés SA Allianz et SAS Fast food océan indien est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société d'assurances (SA) Allianz I.A.R.D.T (Incendies, Accidents, Risques Divers et Techniques), la société par actions simplifiée (SAS) Fast food océan indien et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024
Le rapporteur,Le président,
R. FELSENHELDCh. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026