mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200586 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FILOR AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2022, M. B C, représenté par Me Martin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne peut être présumé bénéficiaire des sommes désinvesties par la SAS Case container dès lors qu'il n'est pas le seul maître de l'affaire et qu'il a été victime des détournements de fonds de la part de sa secrétaire comptable salariée ;
- il a droit à une demi-part supplémentaire dès lors qu'il a la charge exclusive de son fils.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués au soutien de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lebon,
- les conclusions de Mme Baizet, rapporteure publique,
- aucune des parties n'étant présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C est associé majoritaire et président de la SAS (société par actions simplifiées) Case container qui a pour activité les travaux de maçonnerie générale et le gros œuvre de bâtiment. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité du 1er février au 10 avril 2018, à la suite de laquelle ont été notifiés à M. C, suivant une proposition de rectification du 8 juin 2018, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2015 et 2016, notamment en matière de revenus distribués sur le fondement des dispositions du 1° de l'article 109 du code général des impôts et en raison de la remise en cause de la demi-part supplémentaire dont M. C estimait être en droit de bénéficier. Après rejet de sa réclamation préalable, M. C demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 résultant de ces deux chefs de rehaussement ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne les revenus distribués :
2. A termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". A termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".
3. La qualité de seul maître de l'affaire suffit à regarder le contribuable comme bénéficiaire des revenus réputés distribués, en application du 1-1 de l'article 109 du code général des impôts, par la société en cause, la circonstance que l'intéressé n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers étant sans incidence à cet égard.
4. Il résulte de l'instruction que M. C, fondateur de la SAS Case container, unique président et dirigeant de la société depuis sa constitution était l'associé majoritaire avec 74,85 %, puis 64,83 %, du capital sur la période contrôlée. Le fait que la société anonyme Ravate professionnel soit entrée au capital de la société, avec 10 % des parts, n'enlève pas à M. C le caractère d'associé majoritaire. En outre, il disposait seul de la signature sur les comptes de la société et était à même de disposer sans contrôle des biens de la société, comme s'il s'agissait de ses biens propres. Si M. C a été victime de détournements de la part de sa secrétaire comptable salariée dans l'entreprise de juillet 2015 à juin 2016 à hauteur de 26 373 euros, en tout état de cause, M. C a bénéficié d'une reprise à hauteur du montant des fonds détournés à titre exceptionnel par le service. Ainsi, le service a pu à bon droit regarder M. C comme le seul maître de l'affaire de cette société et en conséquence, estimer qu'il avait appréhendé les distributions en litige.
En ce qui concerne le quotient familial :
5. D'une part, en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, le contribuable, dont l'imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration qu'il a souscrite, peut en obtenir la décharge ou la réduction en démontrant son caractère exagéré.
6. D'autre part, aux termes de l'article 193 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 196 B, le revenu imposable est pour le calcul de l'impôt sur le revenu, divisé en un certain nombre de parts, fixé conformément à l'article 194, d'après la situation et les charges de famille du contribuable. / () ". A termes de l'article 193 ter de ce code : " A défaut de dispositions spécifiques, les enfants ou les personnes à charge s'entendent de ceux dont le contribuable assume la charge d'entretien à titre exclusif ou principal, nonobstant le versement ou la perception d'une pension alimentaire pour l'entretien desdits enfants ". A termes de l'article 194 du même code : " I. Le nombre de parts à prendre en considération pour la division du revenu imposable prévue à l'article 193 est déterminé conformément aux dispositions suivantes : / Célibataire, divorcé ou veuf sans enfant à charge, 1 part ; / (). / En cas de résidence alternée au domicile de chacun des parents et sauf disposition contraire dans la convention homologuée par le juge, la décision judiciaire ou, le cas échéant, l'accord entre les parents, les enfants mineurs sont réputés être à la charge égale de l'un et de l'autre parent. Cette présomption peut être écartée s'il est justifié que l'un d'entre eux assume la charge principale des enfants. (). ".
7. Il résulte de l'instruction que depuis la séparation du couple parental, le fils de M. C né en 2000, était en résidence alternée, une semaine sur deux, au domicile de chacun de ses deux parents et était donc, au titre des années en litige, réputé être à la charge égale de chacun d'eux. Pour prétendre au bénéfice d'une demi-part supplémentaire de quotient familial pour son enfant, M. C allègue qu'il a assumé seul les frais d'études de son fils mais par les pièces qu'il produit ne démontre pas qu'au titre des deux années en cause, il a assumé la charge principale de son enfant, dès lors que la copie de la carte d'identité de son fils indique l'adresse de sa mère, l'attestation d'assurance maladie se rapporte à une période différente et enfin que l'attestation rédigée par son fils datée de 2021 est trop générale et peu circonstanciée. Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration a refusé d'accorder à M. C le bénéfice d'une demi-part supplémentaire de quotient familial pour son enfant prévue par l'article 194 du code général des impôts.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. C au titre de frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Khater, présidente,
M. Le Merlus, conseiller,
Mme Lebon, conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 30 avril 2024.
La rapporteure,
L. LEBONLa présidente,
A. KHATER
La greffière,
E. POINAMBALOM
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200586
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026