LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200596

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200596

mercredi 14 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200596
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDUGOUJON & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2022 et un mémoire en réplique enregistré le 20 janvier 2023, M. B A représenté par Me Dugoujon, avocat, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Saint-Denis à lui verser, en conséquence des fautes commises lors du non-renouvellement de son contrat, la somme de 24 744,08 euros au titre des préjudices financier et la somme de 3000 euros au titre du préjudice moral ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de non-renouvellement de son contrat méconnait les dispositions de l'article 13 de la loi 2005-843 du 26 juillet 2005 faute d'être justifiée par l'intérêt du service ;

- la commune a commis une faute en ne respectant pas son engagement de transformer son CDD en un CDI ;

- les dispositions de l'article 38-1 du décret 88-145 du 15 février 1988 relatives au délai de prévenance et à l'entretien préalable ont été méconnues, le privant d'une chance de retrouver rapidement un emploi ;

-la commune a commis une faute du fait du retard de paiement de l'indemnité compensatrice de congés payés et de délivrance des documents de fin de contrat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Hoarau, avocat, conclut au fond au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- le contentieux n'a pas été lié ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- et les observations de Me Madec substituant Me Dugoujon, avocat de M. A ;

- les observations Me Vincent Hoarau, avocat de la commune de Saint-Denis.

Considérant ce qui suit :

1. M B A a été recruté par la commune de Saint-Denis par contrat à durée déterminée (CDD) à compter du 15 septembre 2015 en qualité de webmestre chargé de la communication. Ce contrat a été reconduit de manière continue jusqu'au 14 décembre 2021. Par lettre du 17 novembre 2021, dont l'intéressé dit n'avoir eu connaissance que le 16 décembre 2021, le maire a refusé le renouvellement du CDD. Par la présente requête, M. A demande la condamnation de la commune à lui verser des indemnités au titre des fautes commises à l'occasion de ce non-renouvellement.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. M. A justifie avoir lié le contentieux par une demande indemnitaire préalable datée du 28 avril 2022, qui a été reçu par la commune le 29 avril. Par suite, la fin de non-recevoir ne peut être accueillie.

Sur la responsabilité :

4. Aux termes de l'article 38-1 du 15 février 1988 : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : / () - trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables. / () La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée est supérieure ou égale à trois ans () ". La méconnaissance des dispositions précitées relatives au délai de prévenance et à l'entretien préalable est de nature à engager la responsabilité de l'administration.

5. En premier lieu, il est constant que, compte tenu de sa durée d'engagement de plus de six ans, donnant vocation à M. A à bénéficier d'un contrat à durée indéterminée, un délai de prévenance de trois mois était applicable à l'issue de son dernier CDD. Or aucune justification n'est produite par la commune à l'égard d'une information explicite qui aurait été donnée à l'intéressé en temps utile, compte tenu de ce délai de prévenance, sur la question du renouvellement de son contrat. De même, l'existence d'un entretien qui aurait été accordé à l'agent avant la décision de non-renouvellement n'est pas établie. En négligeant d'accomplir les formalités du délai de prévenance et de l'entretien préalable, la commune de Saint-Denis a commis des fautes susceptibles d'engager sa responsabilité.

6. En second lieu, si un agent public recruté par CDD ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dans le cadre de la présente instance, la commune de Saint-Denis, qui n'a mentionné aucun motif dans sa décision de non-renouvellement, se borne à évoquer des considérations générales tirées de la nécessité d'assurer la " bonne gestion des deniers publics ", sans étayer ses allégations par le moindre élément concret, alors qu'elle indique par ailleurs que l'" animation des réseaux sociaux de la ville constitue toujours un besoin pour la communication ", auquel elle déclare répondre par le recours à un prestataire extérieur sans autre précision. Dans ces conditions, en l'absence de démonstration de la réalité de l'intérêt du service, M. A est également fondé à soutenir que le non-renouvellement du contrat est entaché d'illégalité interne et constitue, par lui-même, une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.

Sur le préjudice :

7. Lorsqu'un agent public sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de la décision de ne pas renouveler son contrat, sans demander l'annulation de cette décision, il appartient au juge de plein contentieux, forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, de lui accorder une indemnité versée pour solde de tout compte et déterminée en tenant compte notamment de la nature et de la gravité de l'illégalité, de l'ancienneté de l'intéressé, de sa rémunération antérieure, et des troubles dans ses conditions d'existence.

8. Eu égard notamment à l'ancienneté de l'intéressé dans ses fonctions et aux circonstances dans lesquelles la décision de non-renouvellement est intervenue et a été portée à sa connaissance, il sera fait une juste appréciation du préjudice qu'il a subi en condamnant la commune de Saint-Denis à lui verser une indemnité de 3 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais qu'il a exposés pour sa requête.

D É C I D E :

Article 1er : La commune de Saint-Denis est condamnée à verser à M A une indemnité de 3 000 euros.

Article 2 : La commune de Saint- Denis versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Denis.

Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Aebischer, président,

M. Monlaü, premier conseiller,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.

La rapporteure,

N. TOMI Le président,

M.-A AEBISCHER

Le greffier,

D. CAZANOVE

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions