samedi 29 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200628 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CANALE-GAUTHIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, la société anonyme (SA) Banque française commerciale océan indien (BFCOI), représentée par Me Antelme, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Louis à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice subi en raison de la carence fautive de la commune dans l'exercice de ses pouvoirs de police ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Louis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de la commune de Saint-Louis est engagée, en raison de la carence du maire dans l'édiction de mesures de police pour réduire les nuisances engendrées par la présence de marchands ;
- son préjudice doit être évalué à 50 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, la commune de Saint-Louis, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SA BFCOI le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a commis aucune carence fautive susceptible d'engager sa responsabilité ;
- la réalité des préjudices invoqués n'est pas démontrée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- et les observations de Me Antelme, représentant la SA BFCOI.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme (SA) Banque française commerciale océan indien (BFCOI) possède une agence située à l'angle de la rue de l'Eglise et de l'avenue Principale à Saint-Louis. Elle s'est plaint des nuisances engendrées par la présence de marchands à la sauvette ou vendeurs de rue occupant les trottoirs situés le long des vitrines de cette agence. Le 21 janvier 2021, la SA BFCOI a notifié à la commune de Saint-Louis une sommation interpellative ayant pour objet de lui fournir les autorisations administratives d'occupation des lieux situés devant son agence et de faire cesser sans délai le trouble causé par la présence des marchands en mettant un terme à toute occupation des lieux. Par un courriel du 29 janvier 2021, la commune a indiqué que ces marchands ne disposaient pas d'autorisations d'occupation du domaine public et que des discussions avec les vendeurs étaient en cours afin de trouver des solutions d'implantation plus pérennes. Par un courrier du 15 mars 2022, reçu le 16 mars par la commune, la SA BFCOI a demandé à la commune de Saint-Louis de l'indemniser des préjudices subis du fait de l'occupation illicite des trottoirs par lesdits marchands, en raison de sa carence fautive dans l'exercice de ses pouvoirs de police. Par la présente requête, la société demande au tribunal de condamner la commune de Saint-Louis à la réparation du préjudice subi du fait de la carence de la commune dans l'exercice de ses pouvoirs de police.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne l'existence d'une faute :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivité territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; () ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au maire de prendre les mesures appropriées pour lutter, sur le territoire de la commune, contre les atteintes à la sécurité et à la tranquillité publiques, et en particulier contre les troubles de voisinage, et d'assurer le respect de la réglementation édictée à cet effet.
3. Il résulte de l'instruction, en particulier des constats d'huissier établis les 21 et 28 janvier 2021, que des marchands non sédentaires sont installés devant les fenêtres de l'agence de la BFCOI et que leur présence engendre des nuisances sonores, constituées par les bruits de voix des marchands et des clients, encombre le passage, perturbe l'accès à l'agence, et oblige les employés à travailler les stores baissés. Par ailleurs, la société requérante soutient, sans être contredite, que ces nuisances perdurent depuis 2019, alors même qu'elle a interpellé la commune à plusieurs reprises, par des courriers en date du 10 février 2020, du 31 août 2020, et par une sommation interpellative du 21 janvier 2021. Ces nuisances, alors qu'il est constant que ces marchands ne détiennent pas d'autorisations d'occupation du domaine public, constituent de graves atteintes à la tranquillité et à la sécurité publiques. Si la commune soutient qu'elle a entamé des discussions avec les commerçants, il ne résulte pas de l'instruction que la commune ait pris des mesures depuis 2019 pour remédier aux troubles constatés et pour rétablir l'ordre public. Dans ces conditions, la société BFCOI est fondée à soutenir que la commune de Saint-Louis a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices subis :
4. Si la SA BFCOI soutient qu'elle a subi un préjudice d'image, dès lors que l'image de l'agence bancaire se serait fortement dégradée dans ce secteur, les pièces qu'elle produit ne permettent pas d'établir la réalité de ce préjudice.
5. Toutefois, en évoquant les conditions de travail dégradées de ses employés, elle doit être regardée comme invoquant des troubles dans les conditions d'existence, dont elle justifie la réalité. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la société au titre des troubles dans les conditions d'existence en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Saint-Louis au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la SA BFCOI, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Louis la somme de 1 500 euros à verser à la SA BFCOI au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Louis est condamnée à verser à la SA BFCOI la somme de 5 000 euros.
Article 2 : La commune de Saint-Louis versera à la SA BFCOI la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Saint-Louis tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Banque française commerciale océan indien et à la commune de Saint-Louis.
Délibéré après l'audience du 29 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Felsenheld, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
N° 220628
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026