mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200644 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AVRIL FRANCOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion (CCIR), représentée par Me Avril, demande au tribunal :
1°) de condamner la société DLD Store à lui payer la somme de 11 508,47 euros au titre des redevances impayées et des taxes foncières dues, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de condamner la société DLD Store à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive ;
3°) de mettre à la charge de la Société DLD Store la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître de son action en remboursement de redevances d'occupation du domaine public et de taxes foncières impayées ;
- elle a intérêt à agir pour les créances antérieures au 1er septembre 2019, en vertu du protocole d'accord transactionnel signé avec le TCO, qui a résilié sa convention de concession de manière anticipée ;
- la société lui est redevable des redevances antérieures et taxes foncières arrêtées au 31 août 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2023, la SARL DLD Store conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les sommes se rapportant aux loyers ont été payées par quatre chèques ;
- la somme de 1 990 euros réclamée au titre de la taxe foncière 2018 n'est pas assortie de justificatif.
Par une ordonnance du 11 avril 2023, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 26 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code général des impôts ;
- la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- et les conclusions de M. Ramin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La CCIR s'est vu concéder par l'Etat la gestion du port de pêche et de plaisance de Saint-Gilles-les-Bains le 26 janvier 1972 pour une durée de 50 ans. Devenue la collectivité concédante en 1988, la commune de Saint Paul a, en application de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, transféré la gestion du domaine public portuaire le 1er janvier 2017 à la communauté d'agglomération " Territoire de la côte Ouest " (TCO). A la suite d'une délibération du 15 avril 2019, le TCO a résilié la convention de gestion avec la CCIR à effet du 1er septembre 2019. Par une lettre du 9 janvier 2020, le directeur général de la CCIR a mis en demeure la société DLD Store, bénéficiaire d'une AOT portant sur un local n° 3 accueillant un commerce de vente de vêtements et accessoires de loisirs, de lui verser la somme 16 897,92 correspondant à un impayé de redevances et taxes. Par la présente requête, la CCIR demande au tribunal de condamner cette société à lui verser la somme restante due de 11 508,47 euros.
2. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Il résulte de l'article 4 de la convention d'AOT conclue entre la CCIR et la société DLD Store que cette dernière doit verser à la CCIR une redevance domaniale et une redevance commerciale. Aux termes de l'article 24 du cahier des clauses et conditions générales auquel renvoie l'article 1.1 de la convention : " En cas de retard dans le paiement des redevances, de même que () toutes sommes dues par les titulaires d'autorisation à la chambre de commerce et d'industrie, les sommes échues portent intérêt de plein droit au taux légal, sans qu'il soit nécessaire pour la chambre de commerce et d'industrie de procéder à une mise en demeure quelconque () ". Par ailleurs, l'article 6 de la convention stipule que l'occupant supportera tous les frais ainsi que tous les impôts et taxes, notamment la taxe foncière. En outre, il résulte de l'article 2.4 du protocole d'accord transactionnel conclu le 13 septembre 2021 entre la CCIR et le TCO que " le TCO s'engage à prendre en charge la taxe foncière due sur les installations à compter de cette même date, à savoir au prorata temporis pour l'année 2019 ".
3. D'une part, au titre des redevances dont le paiement est réclamé à la société DLD Store, si la CCIR produit un état établi par le directeur financier faisant apparaître une somme de 1 858,49 euros comptabilisée les 11 mars, 13 mai, 14 mai et 1er juillet 2019, avec en dernier lieu une mention " loyer de juillet 2019 ", la société défenderesse justifie sans être contredite, par la production d'un relevé bancaire versé à la procédure, avoir payé les montants réclamés au moyen de quatre chèques, dont trois ont été encaissés le 24 août 2020 et un le 7 juillet 2020, représentant une somme totale de 7 433,96 euros.
4. D'autre part, au titre des taxes foncières, la société DLD Store indique ne pas avoir reçu le justificatif du montant réclamé de 1 990 euros, alors qu'elle avait à plusieurs reprises sollicité auprès de la CCIR des précisions sur le calcul de cette somme. La CCIR n'a produit, dans le cadre de la présente instance, aucun document, tel que des factures ou avis d'imposition, qui permettrait de justifier du montant réclamé à l'occupant au titre des taxes foncières, qui par ailleurs ne figuraient pas sur l'état joint à la demande préalable valant mise en demeure.
5. Il résulte de ce qui précède que la CCIR n'est pas fondée à demander la condamnation de la société DLD Store à lui payer la somme de 11 508,47 euros et que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la CCIR est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société DLD Store et à la CCIR.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monalü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
Le président,
M.-A. AEBISCHERLa greffière,
S. BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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