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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200646

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200646

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200646
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre bis
Avocat requérantAVRIL FRANCOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion (CCIR), représentée par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) de condamner la société à responsabilité limitée (SARL) Voile Blanche Réunion à lui payer la somme de 68 251,07 euros au titre des redevances impayées antérieures au 1er septembre 2019 et des taxes foncières dues pour 2018 et 2019, assortie des intérêts au taux légal à compter d'un mois après l'émission de chaque facture ;

2°) de condamner la SARL Voile blanche Réunion à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive ;

3°) de mettre à la charge de la SARL Voile blanche Réunion la somme de 3 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le juge administratif est compétent pour connaître de son action en remboursement de redevances d'occupation du domaine public et de taxes foncières impayées ;

- elle a intérêt à agir pour les créances antérieures au 1er septembre 2019, en vertu du protocole d'accord transactionnel signé avec le territoire de la côte Ouest qui a résilié sa convention de concession de manière anticipée ;

- la société lui est redevable des redevances antérieures au 1er septembre 2019 et des taxes foncières pour 2018 et 2019, arrêtées au 31 août 2019.

Par une lettre du 7 mars 2023, la SARL Voile blanche Réunion a été mise en demeure de présenter ses observations en défense en application de l'article R.612-3 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 11 avril 2023, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 26 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code général des impôts ;

- la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Legrand, première conseillère,

- et les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Saint-Paul a confié la gestion de son domaine public portuaire et notamment celle du port de plaisance de Saint-Gilles-les-Bains à la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion (CCIR) le 26 janvier 1972 pour une durée de 50 ans. Dans ce cadre, la CCIR a notamment procédé à l'édification de locaux dont elle a confié l'exploitation à des entreprises privées au moyen d'autorisations d'occupation temporaire du domaine public. La SARL Voile blanche Réunion a bénéficié, par ce biais, de la mise à disposition du local n°11. En application de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, la gestion du domaine public portuaire a été transférée le 1er janvier 2017 de la commune de Saint-Paul à la communauté d'agglomération du Territoire de la côte Ouest (TCO), qui a décidé de résilier la convention de gestion avec la CCIR à effet du 1er septembre 2019. Par une lettre du 9 janvier 2020, le directeur général de la CCIR a demandé à la SARL Voile blanche Réunion de lui verser la somme de 91 523,13 euros au titre des redevances concernant le local occupé. Par la présente requête, la CCIR demande au tribunal de condamner la société à lui verser la somme totale de 68 251,07 euros correspondant aux redevances impayées antérieures au 1er septembre 2019 et aux taxes foncières dues pour 2018 et 2019.

Sur l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".

3. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 7 mars 2023 par le greffe du tribunal, la SARL Voile blanche Réunion n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai de 30 jours qui lui été imparti et, en tout état de cause, avant la clôture de l'instruction fixée au 26 avril 2023. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction à la requérante.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

4. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Il résulte de l'article 4 de la convention d'occupation temporaire conclue entre la CCIR et la SARL Voile blanche Réunion, que cette dernière doit verser à la CCIR une redevance domaniale et une redevance commerciale. Elle est également redevable de la taxe foncière en vertu de l'article 27 du cahier des clauses et conditions générales du port de plaisance de Saint-Gilles auquel renvoie l'article 1-1 de la convention d'occupation. En outre, il résulte de l'article 2.4 du protocole d'accord transactionnel conclu le 13 septembre 2021 entre la CCIR et le TCO que " le TCO s'engage à prendre en charge la taxe foncière due sur les installations à compter de cette même date, à savoir au prorata temporis pour l'année 2019 ". Enfin, aux termes de l'article 24 du cahier des clauses et conditions générales auquel renvoie l'article 1.1 de la convention d'occupation : " En cas de retard dans le paiement des redevances, de même que () toutes sommes dues par les titulaires d'autorisation à la chambre de commerce et d'industrie, les sommes échues portent intérêt de plein droit au taux légal, sans qu'il soit nécessaire pour la chambre de commerce et d'industrie de procéder à une mise en demeure quelconque () "

5. En premier lieu, il ressort de l'état de compte client certifié par le directeur financier de la CCIR et non contesté par la SARL Voile blanche Réunion que celle-ci est redevable de la somme de 63 791,07 euros au titre des redevances impayées antérieures au 1er septembre 2019. Il ressort du même état de compte que la taxe foncière de 2018 se monte à 2 251 euros et la taxe foncière pour 2019 à 2 209 euros. Cependant, conformément aux termes du protocole d'accord transactionnel conclu entre la CCIR et le TCO, la société n'est redevable à l'égard de la CCIR que des huit premiers mois de l'année 2019 au titre de la taxe foncière, soit la somme de 1 472,67 euros. Par suite, la SARL Voile blanche Réunion doit être condamnée à verser à la CCIR la somme totale de 67 514,74 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter d'un mois après l'émission de chaque facture, la CCIR affirmant, sans être contestée, que chaque facture mentionne le délai d'un mois comme date limite de règlement.

6. En second lieu, si la CCIR demande également la condamnation de la SARL Voile blanche Réunion à lui verser la somme de 3 000 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive, elle ne produit, à l'appui de sa demande, aucun élément de nature à justifier de la réalité et de l'importance du préjudice qu'elle invoque. Par suite, la demande indemnitaire présentée à ce titre ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL Voile blanche Réunion la somme de 500 euros à verser à la CCIR sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La SARL Voile blanche Réunion est condamnée à verser à la CCIR la somme de 67 514,74 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter d'un mois après l'émission de chaque facture.

Article 2 : La SARL Voile blanche Réunion versera à la CCIR la somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Voile blanche Réunion et à la CCIR.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

Mme Legrand, première conseillère,

M. Ramin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

La rapporteure,

I. LEGRAND

Le président,

Ch. BAUZERANDLe greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

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