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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200653

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200653

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200653
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantAVRIL FRANCOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion (CCIR), représentée par Me Avril, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Thalatropic à lui payer la somme de 7 718,38 euros au titre des redevances impayées et des taxes foncières dues, assortie des intérêts au taux légal ;

2°) de condamner la société Thalatropic à lui verser la somme de 3 000 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive ;

3°) de mettre à la charge de la Société Thalatropic la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le juge administratif est compétent pour connaître de son action en remboursement de redevances d'occupation du domaine public et de taxes foncières impayées ;

- elle a intérêt à agir pour les créances antérieures au 1er septembre 2019, en vertu du protocole d'accord transactionnel signé avec le TCO, qui a résilié sa convention de concession de manière anticipée ;

- la société lui est redevable des redevances antérieures au 1er septembre 2019 et des taxes foncières pour 2018 et 2019, arrêtées au 31 août 2019.

Par une lettre du 7 mars 2023, la société Thalassotropic a été mise en demeure de présenter ses observations en défense en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 11 avril 2023, le président du tribunal a prononcé la clôture de l'instruction au 26 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,

- et les conclusions de M. Ramin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La CCIR s'est vu concéder par l'Etat la gestion du port de pêche et de plaisance de Saint-Gilles-les-Bains le 26 janvier 1972 pour une durée de 50 ans. Un transfert de compétence a eu lieu en 1988 au profit de la commune de Saint Paul devenue concédante. Puis, en application de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, la gestion du domaine public portuaire a été transférée le 1er janvier 2017 à la communauté d'agglomération " Territoire de la côte Ouest " (TCO), qui a décidé de résilier la convention de gestion avec la CCIR à effet du 1er septembre 2019. Par une lettre du 9 janvier 2020, le directeur général de la CCIR a mis en demeure la société Thalatropic, bénéficiaire d'une AOT portant sur le local n° 38 accueillant une activité de thalassothérapie et de soins esthétiques, de lui verser la somme de 12 854,14 euros, correspondant à un impayé de redevances et taxes. Par la présente requête, la CCIR demande au tribunal de condamner cette société à lui verser la somme restante due de 7 718,38 euros.

Sur l'acquiescement aux faits :

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".

3. En dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 11 avril 2023 par le greffe du tribunal, la Société Thalatropic n'a produit aucun mémoire en défense dans le délai de 30 jours qui lui été imparti et, en tout état de cause, avant la clôture de l'instruction fixée au 26 avril 2023. Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête. Il appartient toutefois au juge de vérifier que ces faits ne sont pas contredits par l'instruction et qu'aucune règle d'ordre public ne s'oppose à ce qu'il soit donné satisfaction à la requérante.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

4. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Il résulte de l'article 4 de la convention d'AOT conclue entre la CCIR et la Société Thalatropic, que cette dernière doit verser à la CCIR une redevance domaniale et une redevance commerciale. Aux termes de l'article 24 du cahier des clauses et conditions générales auquel renvoie l'article 1.1 de la convention : " En cas de retard dans le paiement des redevances, de même que () toutes sommes dues par les titulaires d'autorisation à la chambre de commerce et d'industrie, les sommes échues portent intérêt de plein droit au taux légal, sans qu'il soit nécessaire pour la chambre de commerce et d'industrie de procéder à une mise en demeure quelconque () ". Par ailleurs, l'article 6 de la convention stipule que l'occupant supportera tous les frais ainsi que tous les impôts et taxes, notamment la taxe foncière. En outre, il résulte de l'article 2.4 du protocole d'accord transactionnel conclu le 13 septembre 2021 entre la CCIR et le TCO que " le TCO s'engage à prendre en charge la taxe foncière due sur les installations à compter de cette même date, à savoir au prorata temporis pour l'année 2019 ".

5. Il résulte de l'état établi par le directeur financier de la CCIR et non contesté par la Société Thalatropic qu'à la date du 31 août 2019, elle restait débitrice des redevances des mois de juillet et août 2019 pour un montant total de 4271,38 euros, ainsi que d'une somme de 3 447 euros correspondant aux taxes foncières 2018 et 2019. Il convient toutefois en application des stipulations précitées du protocole transactionnel de retenir seulement la période courant du 1er janvier au 31 août 2019 pour le calcul de la taxe foncière due au titre de l'année 2019, de sorte que l'occupant n'est redevable de la taxe à l'égard de la CCIR que pour les huit premiers mois de l'année 2019, ce qui représente une somme de 1 138 euros, à laquelle s'ajoute la somme de 1 740 euros pour 2018, soit une somme totale de 2 878 euros au titre des taxes foncières 2018 et 2019. Par suite, la Société Thalatropic doit être condamnée à verser à la CCIR la somme globale de 7 149,38 euros, dont 4 271,38 euros au titre des redevances et 2 878 euros au titre des taxes foncières. Les redevances ayant été expressément mentionnées dans la mise en demeure reçue le 10 janvier 2022, à l'exclusion des taxes foncières, la condamnation portant sur lesdites redevances sera assortie des intérêts au taux légal à compter de cette date. En ce qui concerne les sommes dues au titre des taxes foncières, la condamnation sera assortie des intérêts légaux courant à compter de l'enregistrement de la requête, le 17 mai 2022.

6. Si la CCIR demande également la condamnation de la Société Thalatropic à lui verser la somme de 3 000 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive, elle ne produit, à l'appui de sa demande, aucun élément de nature à justifier de la réalité et de l'importance du préjudice qu'elle invoque. Par suite, la demande indemnitaire présentée à ce titre ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Thalatropic la somme de 500 euros à verser à la CCIR sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La société Thalatropic est condamnée à verser à la CCIR la somme de de 4 271,38 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 janvier 2020.

Article 2 : La société Thalatropic est condamnée à verser à la CCIR la somme de 2 878 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2022.

Article 3 : La société Thalatropic versera à la CCIR la somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la Société Thalatropic et à la CCIR.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Aebischer, président,

M. Monlaü, premier conseiller,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

La rapporteure,

N. TOMI

Le président,

M.-A. AEBISCHERLa greffière,

S.BALOUKJY

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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