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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2200688

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2200688

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2200688
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantFERDINAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires en réplique enregistrés, les 27 mai 2022, 2 janvier et 2 février 2023, M. A et Mme C B, représentés par Me Ferdinand, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle ils ont été assujettis, au titre des années 2019, 2020 et 2021 à raison de leur habitation principale, située 40 chemin Bras d'Antoine, La Montagne à St Denis ;

2°) d'ordonner au directeur régional des finances publiques de La Réunion de leur restituer les sommes perçues au titre de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les années 2019, 2020 et 2021 ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable et que c'est l'administration qui les a induit en erreur s'agissant de la possibilité d'effectuer une réclamation au titre de l'année 2019 ;

- leur habitation se situe à plus de 600 mètres du lieu de ramassage des ordures ménagères et qu'en raison de sa dangerosité, ils ne peuvent emprunter la voie qui relie leur domicile au point de passage.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 décembre 2022, 11 janvier et 11 avril 2023, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au non-lieu à statuer partiel à concurrence des dégrèvements prononcés au titre des années 2020 et 2021 et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que :

- la demande de décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2019 est tardive en raison de la tardiveté de la réclamation ;

- il a prononcé un dégrèvement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères d'un montant de 2 011 euros pour les années 2020 et 2021.

La requête a été communiquée à la communauté intercommunale du nord de La Réunion (CINOR) qui n'a pas produit d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance du 14 mai 2024, le vice-président du Conseil d'État a, en application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, délégué M. Jégard aux tribunaux administratifs de Mayotte et de La Réunion et du 15 juin au 13 juillet 2024.

Le président du tribunal a désigné M. Jégard, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Par une décision du 12 décembre 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur régional des finances publiques de La Réunion a prononcé le dégrèvement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle avaient été assujettis M. A et Mme C B, au titre des années 2020 et 2021. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête en ce qu'elles portent sur la taxe des années 2020 et 2021.

Sur la fin de non-recevoir :

3. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. / () ". Aux termes de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / () ".

4. Par leur requête, M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle ils ont été assujettis, au titre de l'année 2019. Il résulte des écritures en défense, non contredites par les requérants, que l'imposition en litige a été mise en recouvrement le 31 aout 2019. En application des dispositions précitées au point précédent, leur réclamation devait être présentée, au plus tard, le 31 décembre 2020. Dès lors, la réclamation de M. et Mme B, présentée après l'expiration du délai de réclamation prévu à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, est tardive, nonobstant la circonstance, non établie au demeurant, que les époux B auraient été induits en erreur par l'administration quant à la possibilité de faire une réclamation. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être accueillie.

5. Il résulte de ce qu'il précède que les conclusions à fin de décharge de la cotisation de taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre de l'année 2019 présentées par M. et Mme B ne peut qu'être rejetée en application des dispositions précités du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions tendant à la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle M. et Mme B ont été assujettis au titre des années 2020 et 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme C B, au directeur régional des finances publiques de La Réunion et la communauté intercommunale du nord de La Réunion.

Fait à Saint-Denis, le 3 juillet 2024.

Le magistrat délégué,

X. JÉGARD

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

jb

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