lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200739 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | FIDAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 juin 2022, le 27 décembre 2022 et le 10 février 2023, M. A C et Mme B C, représentés par Me Belloteau, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner solidairement la société par actions simplifiée (SAS) CISE Réunion et la communauté intercommunale Réunion Est (CIREST) à leur verser la somme totale de 109 825,58 euros au titre des préjudices subis du fait des nuisances olfactives générées par la station d'épuration ;
2°) d'enjoindre à la société CISE Réunion et à la CIREST de mettre en œuvre les mesures nécessaires aux fins de supprimer les nuisances olfactives générées par la station d'épuration, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge solidairement de la société CISE Réunion et de la CIREST une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité sans faute de la société CISE Réunion et de la CIREST est engagée, dès lors qu'ils subissent un dommage anormal et spécial du fait des nuisances olfactives générées par la station d'épuration ;
- ils subissent des troubles dans leurs conditions d'existence, qui doivent être évalués à 89 825,58 euros ;
- Mme C subit des troubles de santé, qui doivent être évalués à 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, la société CISE Réunion, représentée par Me Lagourgue, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les nuisances n'excèdent pas les inconvénients résultant normalement du voisinage d'un ouvrage public ;
- elle a pris toutes les mesures nécessaires pour remédier aux odeurs ;
- les requérants ne produisent aucun constat d'huissier au soutien de leurs allégations.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 octobre 2022 et le 30 décembre 2022, la Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST), représentée par Me Domitile, conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'un expert soit désigné pour évaluer la nature et l'étendue des dommages ainsi que leur imputabilité, et à ce que soit mis à la charge des requérants le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- les demandes indemnitaires sont en partie prescrites ;
- les nuisances n'excèdent pas les inconvénients résultant normalement du voisinage d'un ouvrage public ;
- à supposer que sa responsabilité soit engagée, le préjudice invoqué ne présente aucun caractère certain et ne pourra pas être réparé ; la somme demandée doit être réduite à de plus justes proportions ;
- les requérants ne sont pas fondés à obtenir une indemnisation au titre d'un risque auquel ils se sont volontairement exposés ;
- l'état d'urgence sanitaire déclaré à compter de mars 2020, qui a empêché la réalisation de travaux pour remédier aux nuisances, caractérise une situation de force majeure lui permettant d'être exonérée de sa responsabilité ;
- le lien de causalité entre les troubles de santé subis par Mme C et le fonctionnement de la station d'épuration n'est pas démontré ;
- les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, dès lors qu'il n'existe aucune abstention fautive de sa part.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beddeleem, conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Ramsamy, substituant Me Domitile, pour la CIREST.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C et Mme B C résident depuis 2009 au n°1030 bis du chemin de l'Etang à Saint-André, à proximité d'une station d'épuration, implantée au n°1103 de la même voie. Depuis plusieurs années, ils se plaignent d'épisodes de nuisances olfactives importantes, émanant de cette station d'épuration. Ainsi, entre 2016 et 2022, ils ont envoyé plusieurs courriers à la société par actions simplifiée (SAS) CISE Réunion, qui exploite la station d'épuration, pour lui signaler les nuisances olfactives subies. Par deux courriers en date du 11 février 2022, reçus le 15 février 2022, ils ont demandé à la CISE Réunion et à la communauté intercommunale Réunion Est (CIREST) de les indemniser des préjudices subis du fait de ces nuisances. Par un courrier daté du 2 mai 2022, la CISE Réunion a refusé de les indemniser. La CIREST n'a pas répondu à la demande préalable indemnitaire qui lui a été adressée. Par la présente requête, les époux C demandent au tribunal de condamner solidairement la SAS CISE Réunion et la CIREST à la réparation des préjudices subis du fait des nuisances engendrées par la station d'épuration.
Sur l'exception de prescription quadriennale :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; ; / Toute communication écrite d'une administration intéressée, même si cette communication n'a pas été faite directement au créancier qui s'en prévaut, dès lors que cette communication a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance ; / () / Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée. ".
3. Lorsque la responsabilité d'une personne publique est recherchée au titre d'un dommage causé à un tiers par un ouvrage public, les droits de créance invoqués par ce tiers en vue d'obtenir l'indemnisation de ses préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens de ces dispositions, à la date à laquelle la réalité et l'étendue de ces préjudices ont été entièrement révélées, ces préjudices étant connus et pouvant être exactement mesurés. La créance indemnitaire relative à la réparation d'un préjudice présentant un caractère évolutif doit être rattachée à chacune des années au cours desquelles ce préjudice a été subi.
4. Le préjudice tiré des troubles dans les conditions d'existence subis par les époux C du fait des nuisances olfactives dégagées par la station d'épuration est susceptible d'évoluer dans le temps, en fonction des conditions d'utilisation de cette installation et des mesures susceptibles d'être prises pour en limiter les nuisances. Il présente donc un caractère évolutif et doit être rattaché à chacune des années durant lesquelles il a été subi.
5. Il résulte de l'instruction que les époux C ont envoyé un courrier à la CISE Réunion le 22 février 2021, tendant à la cessation des nuisances olfactives, auquel cette société a répondu le 1er mars 2021. Un courrier lui a également été adressé le 10 mars 2021 par l'assureur de M. C, en sa qualité d'assureur de protection juridique, tendant notamment à demander un dédommagement pour le préjudice de jouissance subi du fait de ces nuisances. Ces courriers ont ainsi interrompu le délai de prescription quadriennale. En l'absence d'acte interruptif de prescription entre le 16 novembre 2016 et le 1er janvier 2021, la créance des requérants est donc prescrite pour la période antérieure au 1er janvier 2017.
Sur le principe de responsabilité :
6. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Pour obtenir réparation par le maître de l'ouvrage des dommages qu'elles estiment avoir subis, les personnes invoquant leur qualité de victime doivent démontrer, d'une part, la réalité de leurs préjudices, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage, lequel doit présenter un caractère grave et spécial.
Sur la personne publique responsable :
7. Il résulte des dispositions des articles L. 2224-8 et L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales, ainsi que de la délibération du 30 octobre 2019 du conseil communautaire de la CIREST, que la CIREST est, depuis le 1er janvier 2020, compétente en matière d'assainissement des eaux usées.
8. En cas de délégation limitée à la seule exploitation d'un ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables au fonctionnement de l'ouvrage relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et à son dimensionnement appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public, c'est-à-dire de délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par les tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage. Ainsi, des dommages causés à un tiers par l'insuffisante capacité d'un réseau d'assainissement engagent la responsabilité de la communauté de communes, maître d'ouvrage, et non celle de la société ayant, en sa qualité de fermier, reçu délégation de la seule exploitation de l'ouvrage.
9. En l'espèce, il est constant que la CIREST a confié à la CISE Réunion la seule exploitation de la station d'épuration. Il résulte de l'instruction, et notamment des tracts versés au dossier, que certains épisodes de nuisances olfactives générées par la station d'épuration étaient dus aux travaux réalisés par la CISE Réunion, périodes durant lesquelles le processus de désodorisation n'était pas mis en service. Toutefois, il résulte également de l'instruction, notamment du courriel de la CIREST en date du 29 octobre 2022, que les riverains ont subi des épisodes de nuisances olfactives importantes, notamment en 2022, alors même que le dispositif de traitement des odeurs mis en place par la CISE Réunion était opérationnel et ne subissait aucun dysfonctionnement. Ainsi, dès lors que les nuisances olfactives subies étaient dues à la fois au fonctionnement et à l'existence de l'ouvrage, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer la part de responsabilité de la CISE Réunion et de la CIREST à 50% chacune.
Sur le droit à réparation :
En ce qui concerne le fait générateur de la responsabilité :
10. Il résulte de l'instruction que les époux C ont emménagé chemin de l'Etang en 2009, avant le réaménagement et la mise en service de la nouvelle station d'épuration, qui a eu lieu en 2012. Il résulte également de l'instruction, et notamment des attestations de témoignage versées au dossier et des nombreux échanges de courriers entre les riverains, la CISE Réunion, la CIREST, la commune de Saint-André et l'agence régionale de santé (ARS) de La Réunion, que les riverains de la station d'épuration subissent, depuis plusieurs années, des nuisances olfactives émanant de la station, avec des épisodes particulièrement intenses en 2021 et à la fin de l'année 2022. Si la CISE Réunion fait état des aménagements qu'elle a mis en place pour réduire les nuisances, notamment de la mise en place d'un procédé de désodorisation appelé " LANODOR ", de la réalisation d'injections de nitrates de calcium et de traitements des odeurs par voie sèche ainsi que de la pose d'un nez électronique pour mesurer les odeurs, il résulte de l'instruction que ces nuisances particulièrement importantes, qualifiées de pestilentielles, de nauséabondes ou encore d'irrespirables, ont perduré. Dans ces conditions, les préjudices dont les époux C se prévalent doivent être regardés comme revêtant un caractère grave et spécial.
En ce qui concerne les causes exonératoires :
11. Lorsqu'il est soutenu qu'une partie s'est exposée en connaissance de cause au risque dont la réalisation a causé les dommages dont elle demande réparation au titre de la présence ou du fonctionnement d'un ouvrage public, il appartient au juge d'apprécier s'il résulte de l'instruction, d'une part, que des éléments révélant l'existence d'un tel risque existaient à la date à laquelle cette partie est réputée s'y être exposée et, d'autre part, que la partie en cause avait connaissance de ces éléments et était à cette date en mesure d'en déduire qu'elle s'exposait à un tel risque, lié à la présence ou au fonctionnement d'un ouvrage public, qu'il ait été d'ores et déjà constitué ou raisonnablement prévisible.
12. Si la CIREST fait valoir que la station d'épuration existait déjà en 2009 lorsque les requérants se sont installés, il résulte de l'instruction que le réaménagement et la mise en service de la nouvelle station d'épuration, qui a été complètement reconstruite et dont la capacité de traitement des eaux usées a été augmentée, a eu lieu en 2012. En outre, la seule circonstance que les requérants soient locataires ne peut suffire pour considérer qu'ils s'exposent aux troubles en connaissance de cause. Dans ces conditions, la CIREST n'est pas fondée à soutenir que sa responsabilité ne pourrait pas être engagée de ce seul fait.
13. Par ailleurs, si la CIREST invoque la force majeure en faisant valoir que la crise sanitaire de la Covid-19 l'a empêchée de réaliser les travaux pour remédier aux nuisances subies, elle ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à invoquer la force majeure liée à la crise sanitaire pour s'exonérer de sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices :
14. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à invoquer l'existence de troubles dans les conditions d'existence causés par les nuisances énoncées au point 10. Toutefois, s'ils demandent également une indemnisation au titre des troubles subies par Mme C, qui est affectée par des problèmes de santé et ne peut aérer son logement, ce préjudice n'est pas distinct du préjudice lié aux troubles dans les conditions d'existence. Dans les circonstances de l'espèce, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, eu-égard notamment à la période de nuisances concernée et aux aménagements mis en place par la CISE Réunion pour réduire les nuisances, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par les requérants en leur octroyant à ce titre la somme de 4 000 euros. Compte-tenu de la part de responsabilité incombant à la CIREST et à la CISE Réunion, il y a lieu de les condamner chacune à verser la somme de 2 000 euros aux époux C.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à un comportement fautif d'une personne publique et qu'il constate que ce comportement et ce préjudice perdurent à la date à laquelle il se prononce, il peut, en vertu de ses pouvoirs de pleine juridiction et lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, enjoindre à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. Lorsqu'il met à la charge de la personne publique la réparation d'un préjudice grave et spécial imputable à la présence ou au fonctionnement d'un ouvrage public, il ne peut user d'un tel pouvoir d'injonction que si le requérant fait également état, à l'appui de ses conclusions à fin d'injonction, de ce que la poursuite de ce préjudice, ainsi réparé sur le terrain de la responsabilité sans faute du maître de l'ouvrage, trouve sa cause au moins pour partie dans une faute du propriétaire de l'ouvrage. Il peut alors enjoindre à la personne publique, dans cette seule mesure, de mettre fin à ce comportement fautif ou d'en pallier les effets.
16. En l'espèce, les requérants ne font pas état, à l'appui de leurs conclusions à fin d'injonction, de ce que la poursuite de leur préjudice, réparé sur le terrain de la responsabilité sans faute du maître de l'ouvrage, trouverait sa cause au moins pour partie dans une faute de la CIREST, propriétaire de l'ouvrage. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction tendant à ce que la CISE Réunion et la CIREST mettent en œuvre les mesures nécessaires aux fins de supprimer les nuisances olfactives ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la CIREST au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge des requérants qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la CISE Réunion et de la CIREST la somme de 750 euros chacune à verser aux requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La société CISE Réunion est condamnée à verser aux époux C la somme de 2 000 euros.
Article 2 : La CIREST est condamnée à verser aux époux C la somme de 2 000 euros.
Article 3 : La société CISE Réunion versera aux époux C la somme de 750 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La CIREST versera aux époux C la somme de 750 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Les conclusions de la CIREST présentées au titre de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C, à la CISE Réunion et à la communauté intercommunale de La Réunion est (CIREST).
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Bauzerand, président,
- M. Duvanel, premier conseiller,
- Mme Beddeleem, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
J. BEDDELEEM
Le président,
Ch. BAUZERAND
Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
Le greffier,
D. CAZANOVE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026