mercredi 14 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2200870 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DUGOUJON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 juillet 2022 et 11 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Dugoujon, avocat, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Paul à lui verser la somme de 16 654,40 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 mars 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la commune a commis des fautes par sa décision d'affectation de 2017 qui n'était pas motivée par l'intérêt du service et par ses décisions ayant supprimé, ou fixé à des niveaux insuffisants, les indemnités dues au titre de l'exercice de ses fonctions ;
- il a subi un préjudice financier du fait de l'insuffisance desdites indemnités pour la période de septembre 2018 à décembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, la commune de Saint-Paul, représentée par Me Foglia, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- étant devenus définitifs, les arrêtés du 29 août 2018 portant modification du taux de la prime de service et de rendement et suppression de l'indemnité spécifique de service sont de nature à rendre irrecevable l'action indemnitaire engagée en 2018 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- les observations de Me Dugoujon, avocat de M. B,
- et les observations de Me Garnier, pour la commune de Saint-Paul.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par la commune de Saint-Paul en qualifié de technicien et bénéficiait depuis le 16 février 2017 d'un contrat à durée indéterminée. Au titre de ses fonctions de scaphandrier, il bénéficiait d'une prime de service et de rendement (PSR) fixée à 168,33 euros par mois et d'une indemnité spécifique de service (ISS) fixée à 398,09 euros. Ayant été réaffecté dans d'autres fonctions, il a subi, à compter du 1er septembre 2018, une diminution de ses indemnités, la PSR étant réduite à un montant mensuel de 150 euros et l'ISS étant supprimée. Ayant été à nouveau réaffecté dans les fonctions de scaphandrier à compter du 1er janvier 2022, il a obtenu, par une décision du maire de Saint-Paul du 1er juin 2022 faisant suite à sa demande du 1er mars 2022, le rétablissement de ses droits à la PSR et à l'ISS, à compter du 1er janvier 2022, sur la base d'un montant mensuel de 168,33 euros pour la PSR et de 398,09 euros pour l'ISS. Par la présente requête, M. B, qui estime qu'il n'aurait pas dû subir une diminution de sa PSR et une suppression de son ISS durant la période de septembre 2018 à décembre 2021, demande la condamnation de la commune lui verser une somme totale de 16 654,40 euros en réparation de son préjudice financier.
2. D'une part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
3. D'autre part, l'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision expresse dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
4. Il résulte de l'instruction que le maire de Saint-Paul, par deux arrêtés du 29 août 2018, a diminué le taux de la PSR attribuée à M. B et supprimé son droit à l'ISS à compter du 1er septembre 2018, ces décisions étant motivées par la cessation des fonctions de scaphandrier depuis sa récente réaffectation dans des fonctions de surveillant sauveteur. Si la commune ne justifie pas de la date de notification de ces arrêtés, l'intéressé en a nécessairement eu connaissance au plus tard le 19 septembre 2018, date du recours gracieux qu'il avait alors exercé auprès de la commune. Il est par ailleurs constant que M. B n'a exercé, à cette époque, aucun recours juridictionnel à l'encontre des arrêtés des arrêtés du 29 août 2018, lesquels avaient un objet exclusivement pécuniaire et ont acquis un caractère définitif. Par suite, les conclusions indemnitaires par lesquelles M. B, dans le cadre de la présente requête, entend obtenir de la commune qu'elle répare le préjudice financier résultant de la diminution de sa PSR et de la suppression de son ISS lors de la période de septembre 2018 à décembre 2021, ont été présentées au-delà du délai raisonnable d'un an et doivent être rejetées comme irrecevables, dès lors qu'il y a lieu de constater que leur fondement réside dans la prétendue illégalité des arrêtés du 29 août 2018, cette illégalité étant notamment invoquée par la voie d'une exception d'illégalité de la décision ayant mis fin aux fonctions de scaphandrier.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par la commune de Saint-Paul.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Paul au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Paul.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe, le 14 août 2024.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
M.-A. AEBISCHER
La greffière,
S. LE CARDIET-BALOUKJY
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026