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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2201034

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2201034

mercredi 31 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2201034
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCHARREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 août 2022, la société A, représentée par Me Raysac, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler les titres de recette émis par la communauté d'agglomération du Territoire de la Côte Ouest (TCO) sous les n° 568, 570, 572, 573, 574, 595, 596, 597, 681, 682, 683, 684, 695, 697 les 19 mai, 20 mai, 27 mai et 1er juin 2022 ;

2°) d'annuler les pénalités prononcées, pour un montant global de 62 600 euros, dans le cadre de l'exécution du marché de transport scolaire par le Territoire de la Cote Ouest (TCO), sur la base desquelles ont été émis les titres de recette susmentionnés ;

3°) de mettre à la charge du TCO et de la Trésorerie du Port, in solidum, la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure relative aux pénalités est irrégulière en ce que les manquements à l'origine des pénalités n'ont pas été constatés par des agents assermentés ;

- une compensation a été irrégulièrement pratiquée ;

-les pénalités sont manifestement excessives, les manquements étant imputables au TCO.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les titres ont été régulièrement pris en charge et qu'aucune compensation n'a été opérée.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mai 2023, le TCO représenté par Me Charrel, avocat, conclut au rejet de la requête et à que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 4 000 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- aucune compensation n'a été effectuée ;

- les pénalités sont justifiées et n'ont pas donné lieu à contestation en temps utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- les observations de Me Sadassivam substituant Me Rayssac pour la société A ;

- les observations de Me Mulla substituant Me Charrel, pour le TCO.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre du marché de transport scolaire n° 2021DMT034, le groupement d'entreprise constitué entre les sociétés RMG Coach Réunion, Moutoussamy Emile, Moutoussamy et Fils et A a été déclaré attributaire de plusieurs lots, dont le lot 17 plus particulièrement confié à VNM Transport. A la suite de plusieurs manquements constatés entre les mois d'octobre 2021 et mai 2022, le TCO a mis à la charge du groupement des pénalité contractuelles puis, sur cette base, a émis en juin 2022 quatorze titres de recettes pour un montant global de 37 050 euros, et non de 62 200 euros comme le prétend la société requérante. Par la présente requête, la société VNM, à qui le mandataire du groupement a refacturé les pénalités concernant le lot 17, demande l'annulation des pénalités et des titres exécutoires. Elle allègue en outre de l'existence d'une compensation qui aurait été irrégulièrement mise en œuvre.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 4.3 du CCAP applicable en l'espèce : " Les manquements peuvent être constatés par le pouvoir adjudicateur et/ou un tiers désigné par lui dont notamment le mandataire du TCO, notamment à l'occasion de contrôles sur le terrain, sur la base de faits avérés. De plus, les manquements peuvent également être constatés par le TCO sur la base d'un faisceau d'indices suffisamment consistant, et/ou sur la base de remontées d'information concordantes et tangibles, de la part d'usagers, de conducteurs, d'accompagnateurs, etc., et/ou sur la base d'informations produites par les outils de suivi d'exploitation () ".

3. Il résulte de ces stipulations que le TCO n'était pas tenu, contrairement à ce que soutient la société VNM Transport, de faire constater les manquements par des agents assermentés. En outre, ces manquements, qui ont fait l'objet de tableaux récapitulatifs mentionnant les circonstances de temps et de lieu et ont été portés à la connaissance du mandataire du groupement, lequel non seulement ne les a pas contestés, mais encore a procédé à une refacturation des pénalités correspondantes auprès de la société en charge du lot 17, peuvent être regardés comme établis dans leur matérialité et susceptibles d'engager la responsabilité contractuelle de l'entreprise, sans qu'il puisse être identifié en l'espèce une part de responsabilité imputable au TCO, notamment en considération de la prétendue insuffisance du délai imparti au cocontractant pour préciser les modalités d'organisation du service de transport scolaire avant le début d'exploitation fixé au 25 octobre 2021.

4. Par ailleurs, la société requérante n'apporte pas d'élément susceptible de démontrer le caractère disproportionné ou excessif des pénalités mises à la charge du groupement, au regard notamment du montant du marché.

5. Il résulte de ce qui précède que la société A n'est pas fondée à contester la régularité ou le bien-fondé des pénalités auxquelles elle doit faire face et que, par voie de conséquence les conclusions dirigées contre les titres de recette ne peuvent qu'être rejetées, de même que celles dirigées contre les décisions préalables de pénalités, à supposer recevables lesdites conclusions.

6. Enfin, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient la société requérante, aucune compensation n'a été effectuée par le comptable public à l'égard des titres de recette susmentionnés. Dès lors, la contestation soumise au tribunal sur ce point est sans objet et, par suite, irrecevable.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge de la société requérante une somme de 1 500 euros à verser au TCO au titre des frais que celui-ci a exposés pour sa défense.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société A est rejetée.

Article 2 : La société VNM versera à la communauté d'agglomération du Territoire de la Côte Ouest (TCO) une somme de 1 500 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société A, au TCO et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.

Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Aebischer, président,

M. Monlaü, premier conseiller,

Mme Tomi, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2024.

La rapporteure,

N. TOMI

Le président,

M.-A. AEBISCHERLe greffier,

F.IDMONT

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2201034

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