vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2201062 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 25 août 2022 et 11 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Dugoujon, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 avril 2022 par laquelle le maire de Saint-Paul a refusé le renouvellement de son contrat de travail et la décision implicite de rejet de son recours gracieux
2°) d'annuler le contrat de travail conclu à l'issue de l'appel à candidature du 10 février 2022 sur l'emploi d'instructeur application droit des sols ;
3°) d'enjoindre à la commune de Saint-Paul de la réintégrer et de lui proposer un contrat à durée indéterminée ;
4°) de condamner la commune de Saint-Paul au paiement de la somme de 430 148,64 euros en réparation des préjudices subis du fait de la perte de rémunération et de la perte de chance de recevoir une rémunération dans le cadre d'un CDI, outre 6 000 euros au titre du préjudice moral subi ;
5°) de condamner la commune de Saint-Paul à lui verser la somme de 30 000 euros au titre de l'indemnité pour solde de tout compte ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Paul une somme de 3 000 euros au titre de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de ne pas renouveler le contrat est entachée de vices de procédure, les formalités du délai de prévenance et de l'entretien préalable, prévues par l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, n'ayant pas été respectées ;
-elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- son droit à bénéficier d'un contrat à durée indéterminée a été méconnu ;
-elle est entachée d'un détournement de procédure et de pouvoir ;
-elle est à l'origine de préjudices ouvrant droit à indemnisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 janvier 2023, la commune de Saint-Paul, représentée par la SELAS Charrel et associés, avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 2019-1414 du 19 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugoujon, avocat de Mme B ;
- les observations de Me Garnier, substituant la Selas Charrel, pour la commune de Saint-Paul.
Une note en délibérée présentée pour Mme B a été enregistrée le 22 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été recrutée à compter du 1er juin 2016 par la commune de Saint-Paul en qualité d'instructrice d'autorisations d'urbanisme en vertu d'un contrat à durée déterminée (CDD) conclu sur le fondement de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984. Ce contrat a été reconduit chaque année à compter du 1er juin 2017, et en dernier lieu pour la période du 1er juin 2021 au 31 mai 2022, sur le fondement de l'article 3-3 2° de cette loi. Par lettre du 8 avril 2022, le maire de Saint-Paul l'a informée que son contrat ne serait pas renouvelé à l'échéance du 31 mai 2022. Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision le 29 avril 2022, puis une demande indemnitaire le 3 octobre 2022. Ces demandes ayant été implicitement rejetées, Mme B, qui estime avoir droit à un contrat à durée indéterminée (CDI), a saisi le tribunal, le 25 août 2022, pour demander l'annulation de la décision de non-renouvellement de contrat du 8 avril 2022 et réitérer sa demande indemnitaire.
2. Si la requérante demande en outre l'annulation du " contrat de travail conclu à l'issue de l'appel de candidature du 10 février 2022 sur l'emploi d'instructeur application droit des sols ", elle n'a pas versé au dossier la décision qu'elle entend ainsi attaquer alors qu'une fin de non-recevoir était opposée sur ce point par la commune, de sorte que les conclusions dirigées contre cet acte doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de non-renouvellement de contrat :
3. Aux termes de l'article L. 332-9 du code général de la fonction publique : " Les agents contractuels recrutés en application de l'article L. 332-8 sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. / Le contrat est renouvelable dans la limite maximale de six ans. Au terme de cette durée, la reconduction ne peut avoir lieu que par décision expresse et pour une durée indéterminée ". Aux termes de l'article L. 332-10 du même code : " Tout contrat établi ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article L. 332-8 avec un agent contractuel territorial qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée () ".
4. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. Si les dispositions précitées prévoient que, dans le cas où une collectivité décide de renouveler l'engagement d'un agent territorial recruté par CDD sur un emploi permanent, l'agent est réengagé au titre d'un CDI s'il justifie d'une durée de services publics de six ans au moins auprès de la même collectivité, ces dispositions ne confèrent pas à l'agent la garantie de pouvoir prétendre à un CDI au seul motif qu'il a atteint la durée de services de six ans au terme de son dernier CDD.
5. En l'espèce, Mme B, qui a délibérément fait le choix, en février 2022, de ne pas se porter candidate dans le cadre de la procédure de recrutement lancée par la commune de Saint-Paul pour pourvoir, à compter du 1er juin 2022, l'emploi d'instructeur " application droit des sols " correspondant au poste qu'elle occupait depuis 2016, n'est pas fondée à soutenir que la commune de Saint-Paul aurait méconnu les dispositions législatives relatives à la transformation d'un CDD en un CDI, ou aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en mettant fin à son engagement à l'échéance de son dernier CDD.
6. Par ailleurs, Mme B invoque la méconnaissance des dispositions de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, selon lesquelles : " I. - Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : / () - deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans ; / - trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables. / () La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur un emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 est supérieure ou égale à trois ans () ".
7. Si le non-respect des dispositions précitées relatives au délai de prévenance est de nature, dans certaines circonstances, à engager la responsabilité de l'administration, la méconnaissance du délai de prévenance est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision de non-renouvellement. En outre, la circonstance que Mme B n'ait pas bénéficié, avant la décision de non-renouvellement, de l'entretien préalable qui aurait dû être mis en œuvre compte tenu de l'ancienneté dont elle justifiait au titre de ses CDD successifs, n'est pas constitutive en l'espèce, compte tenu de son refus de se soumettre à la procédure de sélection ouverte par la commune à l'égard de l'emploi en cause, d'une irrégularité substantielle propre à entacher d'illégalité la décision litigieuse.
8. Enfin, le détournement de pouvoir et le détournement de procédure allégués ne sont pas établis.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions présentées sur ce point, à demander l'annulation de la décision du maire de Saint-Paul du 8 avril 2022 refusant le renouvellement de son CDD à l'échéance du 31 mai 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de non-renouvellement de contrat n'est pas entachée d'illégalité. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la commune de Saint-Paul aurait commis une faute en refusant de renouveler son engagement et en s'abstenant de lui accorder le bénéfice d'un CDI.
11. Par ailleurs, la requérante n'établit pas avoir subi un préjudice en conséquence de la méconnaissance, par la commune de Saint-Paul, du délai de prévenance prévu à l'article 38-1 du décret du 15 février 1988.
12. Dès lors, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B à l'encontre de la commune de Saint-Paul ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de Mme B, partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros que demande la commune de Saint-Paul au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Paul présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Saint-Paul.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La rapporteure,
N. TOMI
Le président,
M.-A. AEBISCHER
Le greffier,
F. IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026