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AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2201111

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2201111

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2201111
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantHOARAU-KERACHNI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 8 septembre 2022, le 28 et le 30 août 2023, M. B C, représentée par Me Hoarau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2022 de la rectrice de l'académie de La Réunion portant cessation de contrat à compter du 14 juillet 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux en date du 29 juin 2022 ;

2°) d'enjoindre au recteur de régulariser sa situation et de procéder à sa reconstitution de carrière et à sa réintégration dans un délai maximal d'un mois, à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 180 000 euros assortie des intérêts au taux légal au titre des préjudices moral et financier causés par cette décision.

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la lettre de notification du licenciement et l'arrêté de cessation de contrat ont été pris par des autorités incompétentes ;

- la procédure est irrégulière, en l'absence de consultation de son dossier avant l'entretien préalable, en l'absence de consultation de l'intégralité de son dossier et notamment des pièces sur lesquelles se fonde l'appréciation de l'insuffisance professionnelle ;

- l'arrêté de cessation de contrat ne contient pas la mention du sens de l'avis de la commission disciplinaire paritaire ;

- la lettre de notification du licenciement et l'arrêté ne sont pas motivés ;

- l'arrêté viole les dispositions du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l'Etat et l'ordonnance n° 2021-1575 du 24 novembre 2021 ;

- l'arrêté est fondé sur une erreur d'appréciation et de droit ;

- il a subi des préjudices de 15 000 euros pour non-respect de ses droits et de la procédure et de 15 000 euros au titre du préjudice moral et financier ;

Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2023 et des pièces enregistrées le 20 juillet 2023, le recteur de l'académie de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lebon,

- les conclusions de M. Felsenheld, rapporteur public ;

- les observations de Me Dodat substituant Me Hoarau, représentant M. B C.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C est employé en qualité de maître auxiliaire en anglais au sein de l'académie de La Réunion en contrat à durée indéterminé depuis le 1er septembre 2005. Par lettre du l5 mars 2022, Mme la rectrice a informé M. C de sa décision de mettre un terme à son contrat et l'a convoqué à un entretien préalable. Ce courrier a été suivi d'une lettre de notification de licenciement en date du 5 mai 2022 et d'un arrêté de cessation de contrat en date du 2 juin 2022 fixant la date de fin de contrat à partir du 14 juillet 2022. M. C a formé un recours gracieux contre l'arrêté de cessation de contrat en date du 29 juin 2022 auquel l'administration n'a pas répondu, faisant naître une décision implicite de rejet au 30 août 2022. Par la présente requête, M. C demande d'annuler l'arrêté du 2 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ainsi que la condamnation de l'Etat à l'indemniser au titre des préjudices subis du fait de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, le requérant ne saurait utilement invoquer l'incompétence de l'auteur et l'absence de motivation de la lettre de licenciement qui n'est pas l'acte attaqué.

3. En deuxième lieu, M. C invoque l'incompétence de l'arrêté de cessation de contrat. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'arrêté n° SG/2021-281 portant délégation de signature en matière d'administration générale en date du 6 octobre 2021 que M. A D, chef de la division des personnels de l'enseignement secondaire est compétent pour signer pour les actes relatifs à la gestion des personnels enseignants du second degré, d'éducation et d'orientation. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et ne peut qu'être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.

A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; 2° Infligent une sanction ;

3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".

5. Si le requérant soutient que l'arrêté de cessation de contrat n'est pas suffisamment motivé, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire qu'un arrêté de cessation de contrat, qui fixe simplement la date à partir de laquelle la fin de contrat prend effet, doive être motivée. Au demeurant, l'arrêté de cessation de contrat mentionne comme motif le licenciement et vise la lettre en date du 5 mai 2022 qui constitue la décision portant licenciement de M. C mais qui n'est pas l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté du 29 juin 2022 doit être écarté.

6. En quatrième lieu, M. C ne saurait utilement soutenir que l'arrêté de cessation de contrat devait comporter la mention du sens de l'avis de la commission disciplinaire paritaire, dès lors qu'il ne résulte d'aucune disposition législative et réglementaire qu'un arrêté de cessation de contrat qui n'est pas le fondement du licenciement, doive comporter cette mention.

7. En cinquième lieu, M. C ne saurait utilement soutenir que l'arrêté de cessation de contrat est fondé sur plusieurs erreurs de procédure, en l'absence de consultation de son dossier avant l'entretien préalable et en l'absence de consultation de l'intégralité de son dossier et notamment des pièces sur lesquelles se fonde l'appréciation de l'insuffisance professionnelle, dès lors qu'il ne résulte d'aucune disposition législative et réglementaire qu'un arrêté de cessation de contrat doive respecter ces éléments de procédure.

8. En sixième lieu, l'arrêté de cessation de contrat qui fixe seulement la date à partir de laquelle la fin de contrat prend effet ne contient aucun élément d'appréciation sur l'insuffisance professionnelle de M. C, dès lors qu'il s'agit de la conséquence de la lettre de licenciement en date du 5 mai 2022, qui n'est pas l'acte attaqué. Par suite, M. C ne saurait utilement se prévaloir d'une erreur d'appréciation de l'arrêté de cessation de contrat en ce qui concerne l'insuffisance professionnelle.

9. En dernier lieu, le moyen tiré de la violation des dispositions du décret de 86-83 et de l'ordonnance 2021-1575 est dépourvu de précision permettant d'en apprécier la portée.

10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juin 2022 portant cessation de contrat. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que les conclusions aux fins d'indemnisation et celles relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au recteur de l'académie de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Khater, présidente,

M. Le Merlus, conseiller.

Mme Lebon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 12 septembre 2024.

La rapporteure,

L. LEBON

La présidente,

A. KHATER

La greffière,

E. POINAMBALOM

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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