LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2201490

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2201490

jeudi 24 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2201490
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantLAGOURGUE - MARCHAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion a rejeté la requête de la Caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de La Réunion (Groupama océan Indien) qui demandait la condamnation de l'État à l'indemniser pour des dégâts matériels causés par un incendie de conteneurs devant les locaux techniques de la commune de Trois Bassins le 20 novembre 2018. La société requérante invoquait la responsabilité de l'État sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, en soutenant que ces faits s'étaient produits en marge du mouvement des "Gilets jaunes". Le tribunal a estimé que les dommages ne pouvaient être rattachés de manière directe et certaine à un attroupement ou rassemblement précisément identifié, condition nécessaire pour engager la responsabilité de l'État sur ce fondement. En conséquence, la requête a été rejetée et les frais d'instance ont été laissés à la charge de la société requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 novembre 2022 et 17 juillet 2023, la Caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles de La Réunion, à l'enseigne Groupama océan Indien, représentée par Me Lagourgue, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 9 464 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation à compter du 28 juillet 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'Etat est responsable, sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, des dommages causés aux locaux techniques de la commune de Trois Bassins ;

- elle est subrogée dans les droits de son assurée à hauteur de 9 464 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 avril 2025 :

- le rapport de M. Duvanel,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- et les observations de Me Maurin, substituant Me Lagourgue, pour la société Groupama océan Indien.

Considérant ce qui suit :

1. Dans la soirée du 20 novembre 2018, plusieurs individus ont incendié des conteneurs de déchets devant la mairie et les locaux techniques de la commune de Trois Bassins, provoquant plusieurs dégâts matériels. La société Groupama, assureur de la commune, a indemnisé cette dernière au titre de sa garantie contractuelle. Imputant ces dommages à des débordements commis en marge du mouvement dit A jaunes ", la société Groupama océan Indien, subrogée dans les droits de son assurée, demande au tribunal, par la présente requête, de condamner l'Etat sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, à lui verser la somme globale de 9 464 euros.

Sur la responsabilité :

2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. / () ". L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis par des rassemblements ou attroupements précisément identifiés. En outre, ne peuvent être regardés comme étant le fait d'un attroupement ou rassemblement au sens de ces dispositions les actes délictuels ne procédant pas d'une action spontanée dans le cadre ou le prolongement d'un attroupement ou rassemblement mais d'une action préméditée et organisée par un groupe structuré à seule fin de les commettre.

3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise réalisé à la demande de l'assureur et de la plainte déposée par un employé municipal que, le 20 novembre 2018 entre 22 et 23 heures, plusieurs individus ont disposé devant la mairie et les locaux techniques de la commune de Trois Bassins des conteneurs à déchets ainsi qu'un bac de récupération de batteries, avant d'y mettre le feu. Si la société Groupama océan Indien soutient que ces faits ont eu lieu en marge du mouvement dit A jaunes ", il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport d'un enquêteur privé concernant l'ensemble de ce mouvement, que lesdits faits délictueux pourraient être rattachés à un attroupement ou à un rassemblement précisément identifié. A cet égard, aucun élément du dossier ne permet de rattacher ces faits à une éventuelle manifestation de " Gilets jaunes ", quand bien même l'employé municipal ayant déposé plainte a affirmé que " c'est autour des manifestations A jaunes que se sont produits les faits ". S'il est vrai que le rapport d'enquête rédigé à la demande de la société requérante et recensant les exactions commises à l'occasion du mouvement A jaunes ", mentionne l'existence de ces dégradations volontaires, il ne permet pas de rattacher ces faits délictueux, par leur proximité géographique ou temporelle, à une quelconque manifestation de " Gilets jaunes " ou encore à un barrage ou à l'occupation d'un lieu spécifique. Par suite, les conséquences dommageables de l'événement en litige ne peuvent être regardées comme imputables à un attroupement ou un rassemblement au sens des dispositions de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure précité.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la société Groupama océan Indien n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à l'indemniser des préjudices qu'elle a subis.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la partie requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Groupama océan Indien est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Groupama océan Indien et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Banvillet, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Duvanel, premier conseiller,

- Mme Beddeleem, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2025.

Le rapporteur,

F. DUVANEL

Le premier conseiller

faisant fonction de président,

M. BANVILLET

Le greffier,

D. CAZANOVE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

Le greffier,

D. CAZANOVE

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions