LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2300034

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2300034

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2300034
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023, Mme Dominique Nerina doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, le courrier du 19 septembre 2022 par lequel l'administration lui a indiqué qu'elle avait indument perçu la somme de 1 346,22 euros entre janvier et septembre 2022 correspondant à la revalorisation de son indemnité de fonction de sujétion et d'expertise (IFSE), que cette situation sera régularisée sur son bulletin de paye de novembre 2022 et que le montant de son IFSE sera de 815,41 euros bruts mensuel à compter du mois d'octobre 2022 ainsi que, d'autre part, l'arrêté du 22 septembre 2022 par lequel l'administration a rapporté la décision du 17 mai 2022 revalorisant le montant brut annuel de son IFSE à 11 579,92 euros et fixé son montant à son niveau antérieur, soit 9 785 euros brut annuel, ensemble la décision du 1er décembre 2022 par laquelle la directrice du secrétariat général commun de la préfecture de La Réunion a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de rétablir le montant brut annuel de son IFSE à 11 579,92 euros ;

3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui reverser les sommes déjà prélevées sur ses bulletins de paye dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les décisions attaquées procèdent au retrait illégal d'une décision créatrice de droits au-delà du délai de quatre mois.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Merlus,

- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 14 mai 2022, Mme Dominique Nerina, secrétaire administrative de classe exceptionnelle, a été promue attachée d'administration de l'Etat à compter du 1er janvier 2022. Par une décision du 17 mai 2022, elle a bénéficié d'une revalorisation de son indemnité de fonction, de sujétion et d'expertise (IFSE), laquelle est passée d'un montant de 9 784,92 euros à un montant de 11 579,92 euros brut annuel. D'une part, par un courrier du 19 septembre 2022, l'administration lui a indiqué qu'elle avait perçu indument la somme de 1 346,22 euros entre janvier et septembre 2022 correspondant à la revalorisation de son IFSE et, qu'afin de régulariser cette situation, elle sera régularisée sur son bulletin de paye du mois de novembre 2022 et que le montant de son IFSE sera de 815,41 euros bruts mensuel à compter du mois d'octobre 2022. D'autre part, par un arrêté du 22 septembre 2022, l'administration a rapporté la décision du 17 mai 2022 revalorisant le montant de son IFSE et a, de nouveau, fixé son montant brut annuel à 9 785 euros. Par deux courriers du 12 octobre 2022, Mme A a formé un recours gracieux visant à maintenir son IFSE à un montant brut annuel de 11 579,92 euros. Sa demande a été rejetée par l'administration le 1er décembre 2022. Elle demande au tribunal l'annulation des décisions des 19 et 22 septembre 2022, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 1er décembre 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 22 septembre 2022 :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".

3. Une décision administrative accordant un avantage financier crée des droits au profit de son bénéficiaire alors même que l'administration était tenue de refuser cet avantage. Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, celle-ci ne peut dès lors retirer sa décision explicite, hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, que dans le délai de quatre mois suivant son édiction. En revanche, n'ont pas cet effet les mesures qui se bornent à procéder à la liquidation de la créance née d'une décision prise antérieurement. Ces règles ne font obstacle ni à la possibilité, pour l'administration, de demander à tout moment, sous réserve des prescriptions éventuelles, le reversement des sommes attribuées par suite d'une erreur dans la procédure de liquidation ou de paiement ou d'un retard dans l'exécution d'une décision de l'ordonnateur, ni à celle de supprimer pour l'avenir un avantage dont le maintien est subordonné à une condition dès lors que celle-ci n'est plus remplie.

4. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 () peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions () ". Et aux termes de l'article 3 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fait l'objet d'un réexamen : / 1° En cas de changement de fonctions ; / 2° Au moins tous les quatre ans, en l'absence de changement de fonctions et au vu de l'expérience acquise par l'agent ; / 3° En cas de changement de grade à la suite d'une promotion. "

5. En l'occurrence, par l'arrêté du 22 septembre 2022, l'administration a modifié le montant annuel brut d'IFSE qu'elle avait initialement attribué à Mme A, et l'a ramené à un montant de 9 785 euros.

6. Le préfet de La Réunion soutient que Mme A n'était pas fondée à bénéficier de la revalorisation du montant de son IFSE le 17 mai 2022 dès lors qu'elle a déjà bénéficié d'une première revalorisation intervenue lors de son changement de corps le 1er janvier 2022, en méconnaissance des stipulations de l'article 1.8 de l'instruction du ministre de l'intérieur du 25 février 2022 relative aux modalités de gestion de l'IFSE pour les personnels administratifs du ministère de l'intérieur. Toutefois, la décision du préfet de La Réunion du 17 mai 2022 revalorisant le montant brut annuel de son IFSE ne résultant ni d'une erreur de liquidation ni d'une erreur de paiement, elle constitue un avantage financier que l'administration ne pouvait retirer que dans le délai de quatre mois prévu par les dispositions précitées de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration. La décision du 22 septembre 2022 procédant, plus de quatre mois après son édiction, sans que l'intéressée ne l'ait sollicité, au retrait de l'arrêté du 17 mai 2022 en réduisant le montant de l'IFSE attribué à Mme A à compter du 1er janvier 2020, la requérante est donc fondée à en demander pour ce motif l'annulation pour excès de pouvoir.

7. Si le préfet de La Réunion se prévaut des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations lui permettant de répéter les créances résultant de paiements indus en matière de rémunération de ses agents, dans un délai de deux ans, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive, ces dispositions, qui font seulement obstacle à ce qu'il lui soit enjoint de verser les sommes correspondantes, sont sans incidence sur l'illégalité de l'arrêté contesté.

En ce qui concerne le courrier du 19 septembre 2022 :

8. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, dans sa rédaction issue de l'article 94 de la loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 portant loi de finances rectificative pour 2011 : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. / Toutefois, la répétition des sommes versées n'est pas soumise à ce délai dans le cas de paiements indus résultant soit de l'absence d'information de l'administration par un agent de modifications de sa situation personnelle ou familiale susceptibles d'avoir une incidence sur le montant de sa rémunération, soit de la transmission par un agent d'informations inexactes sur sa situation personnelle ou familiale. / Les deux premiers alinéas ne s'appliquent pas aux paiements ayant pour fondement une décision créatrice de droits prise en application d'une disposition réglementaire ayant fait l'objet d'une annulation contentieuse ou une décision créatrice de droits irrégulière relative à une nomination dans un grade lorsque ces paiements font pour cette raison l'objet d'une procédure de recouvrement ".

9. Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne peut plus être retirée. Dans les deux hypothèses mentionnées au deuxième alinéa de l'article 37-1, la somme peut être répétée dans le délai de droit commun prévu à l'article 2224 du code civil.

10. Par le courrier du 19 septembre 2022, le chef du secrétariat général de l'administration de la police nationale (SGAP) a décidé, d'une part, de procéder à la répétition de l'indu d'IFSE, pour la période de janvier à septembre 2022, par régularisation sur le salaire du mois de novembre 2022 et, d'autre part, de cesser, à compter d'octobre 2022, le versement de la valorisation forfaitaire. En application des dispositions précitées de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, et alors que la requérante ne soutient ni même n'allègue qu'à la date du 18 septembre 2022 elle remplissait toujours les conditions justifiant la revalorisation de l'IFSE, l'administration était fondée à procéder à la répétition de l'IFSE indument perçue par Mme A, sans qu'ait d'incidence la circonstance que l'avantage financier dont elle disposait ait pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive.

11. Il résulte de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 septembre 2022 et de la décision du 1er décembre 2022 rejetant son recours gracieux en tant qu'ils procèdent au retrait de la décision du 17 mai 2022 et qu'ils fixent le montant d'IFSE attribué à Mme A entre le 1er janvier et le 18 septembre 2022. En revanche, elle n'est pas fondée à demander l'annulation du courrier du 19 septembre 2022.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

13. Le préfet de La Réunion ayant pu, à bon droit, procéder à la répétition de l'indu de 1 346,22 euros correspondant à la revalorisation forfaitaire qui avait été irrégulièrement accordée à Mme A, l'annulation partielle des décisions des 22 septembre et 1er décembre 2022 n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 22 septembre 2022 et la décision du 1er décembre 2022 sont annulés en tant qu'ils procèdent au retrait de la décision du 17 mai 2022 et qu'ils fixent le montant d'IFSE attribué à Mme A entre le 1er janvier et le 18 septembre 2022.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme Dominique Nerina et au préfet de La Réunion.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Le Merlus, conseiller.

Mme Lebon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. LE MERLUS

Le président,

T. SORIN

La greffière,

E. POINAMBALOM

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions