lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300106 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une protestation et des mémoires enregistrés le 24 janvier, 31 mars, 18 mai et 23 juillet 2023, le syndicat autonome de la fonction publique territoriale de La Réunion (SAFPTR) demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de Sainte-Marie ayant accepté les listes de candidats des syndicats FO Sainte-Marie et UNSA Mairie de Sainte-Marie pour les élections des représentants du personnel au comité social territorial (CST) de la commune ;
2°) d'annuler la décision du président du bureau de vote rejetant implicitement le recours préalable formé à l'encontre des élections susmentionnées ;
3°) d'annuler les opérations électorales ayant eu lieu le 8 décembre 2022 pour la désignation des représentants du personnel au CST de la commune de Sainte-Marie ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Marie une somme de 1000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision de rejet implicite du recours gracieux n'est pas motivée ;
- l'existence de statuts régulièrement enregistrés n'est pas établie en ce qui concerne les syndicats FO Sainte-Marie et UNSA Sainte-Marie;
- le syndicat FO Territoriaux Réunion ayant été dissous il y a deux ans et n'étant pas affilié à un syndicat national représentatif compte tenu de ce qu'il a moins de deux ans d'existence, il ne pouvait être candidat à ces élections ;
- aucun compte annuel n'ayant été déposé par les syndicats susmentionnés à la date du 27 octobre 2022, l'acceptation de ces candidats révèle une méconnaissance de la règle selon laquelle les syndicats prenant part au scrutin doivent respecter les valeurs républicaines et d'indépendance ;
Par un mémoire enregistré le 23 mars 2023, le syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie, représenté par Me Grimaldi, avocat, conclut au rejet de la protestation et à ce que soit mise à la charge du SAFPTR une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le SAFPTR, qui n'a présenté aucune liste aux élections litigieuses, n'a pas d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés les 30 mars et 10 mai 2023, la commune de Sainte-Marie conclut au rejet de la protestation et à ce que soit mise à la charge du SAFPTR une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
Elle soutient que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 7 juin 2023, le syndicat UNSA Mairie de Sainte-Marie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés à l'égard de sa situation par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983
- le décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Monlaü, premier conseiller,
- les conclusions de M. Ramin, rapporteur public,
- les observations de Mme A, représentant le SAFPTR.
Considérant ce qui suit :
1. Les élections des représentants du personnel au comité social territorial (CST) de la commune de Sainte-Marie se sont déroulées le 8 décembre 2022. La commune a reçu trois listes candidates émanant des syndicats FO, UNSA et CFDT dont les deux premières ont été acceptées. Par un courrier du 12 décembre 2022, le syndicat SAFPTR a formé un recours gracieux auprès du président du bureau central de vote de la commune de Sainte-Marie, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet. Dans le cadre de la présente instance, le SAFPTR demande l'annulation des opérations électorales.
2. En premier lieu, si le SAFPTR soutient que la décision de rejet de la réclamation du 12 décembre 2022 est irrégulière en ce qu'elle est dépourvue d'une motivation suffisante, les vices propres dont serait entachée une telle décision, postérieure à la proclamation des résultats, sont en tout état de cause sans incidence sur la régularité des opérations électorales litigieuses.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique : " Peuvent se présenter aux élections professionnelles : / 1° Les organisations syndicales de fonctionnaires qui, dans la fonction publique où est organisée l'élection, sont légalement constituées depuis au moins deux ans à compter de la date de dépôt légal des statuts et satisfont aux critères de respect des valeurs républicaines et d'indépendance ; / 2° Les organisations syndicales de fonctionnaires affiliées à une union de syndicats de fonctionnaires qui remplit les conditions mentionnées au 1° () ". Aux termes de l'article 12 du décret n° 85-565 du 30 mai 1985 : " Les candidatures sont présentées par les organisations syndicales qui, dans la fonction publique territoriale, remplissent les conditions fixées à l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2131-3 du code du travail : " Les fondateurs de tout syndicat professionnel déposent les statuts et les noms de ceux qui, à un titre quelconque, sont chargés de l'administration ou de la direction () ". Enfin, aux termes de l'article R. 2131-1 du même code : " Les statuts du syndicat sont déposés à la mairie de la localité où le syndicat est établi () ".
4. Le SAFPTR soutient que les syndicats FO Sainte-Marie et UNSA Mairie de Sainte-Marie, à défaut de justifier de la production de leurs statuts, ne disposent pas d'une existence légale, au regard des dispositions précitées, et ne pouvaient dès lors participer aux élections professionnelles en litige. Cependant, il ne résulte pas des dispositions précitées que les syndicats souhaitant présenter des listes en vue de la participation à un scrutin relatif à la désignation des représentants du personnel au CST d'une commune doivent nécessairement avoir au préalable déposé leurs statuts en mairie du lieu de l'élection. En effet, les dispositions de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983, relatives aux conditions nécessaires pour qu'un syndicat puisse se présenter à une élection professionnelle dans la fonction publique territoriale impliquent seulement qu'il soit justifié de l'existence du syndicat depuis au moins deux ans dans la fonction publique territoriale et que celui-ci satisfasse aux critères de respect des valeurs républicaines et d'indépendance. Par ailleurs, il est justifié en l'espèce que le syndicat UNSA Mairie de Sainte-Marie s'est constitué le 15 mars 2011, date à laquelle il a déposé ses statuts en mairie. La condition d'ancienneté de deux ans est donc remplie, pour ce premier syndicat. Quant au syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie, qui ne conteste pas avoir été dissous deux ans auparavant, il justifie s'être constitué et avoir satisfait à la formalité du dépôt des statuts en mairie. Lesdits statuts font apparaître que le syndicat adhère à la Fédération des personnels des services publics et des services de santé Force Ouvrière, ainsi qu'à l'union départementale se rattachant à cette organisation syndicale. Le syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie est ainsi affilié à deux unions de syndicats de fonctionnaires qui satisfont au critère d'ancienneté de deux ans. Par suite, le grief tiré du non-respect de la condition d'ancienneté de deux ans doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique énonce la règle suivante : " Pour l'application du 2°, ne sont prises en compte en qualité d'unions de syndicats de la fonction publique que les unions de syndicats dont les statuts déterminent le titre et prévoient l'existence d'organes dirigeants propres désignés directement ou indirectement par une instance délibérante et de moyens permanents constitués notamment par le versement de cotisations par les membres. ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2121-1 du code du travail : " La représentativité des organisations syndicales est déterminée d'après les critères cumulatifs suivants : / 1° Le respect des valeurs républicaines ; / 2° L'indépendance ; / 3° La transparence financière ; / 4° Une ancienneté minimale de deux ans dans le champ professionnel et géographique couvrant le niveau de négociation. Cette ancienneté s'apprécie à compter de la date de dépôt légal des statuts () ".
7. Aux termes de l'article L. 2135-1 du même code : " Les syndicats professionnels et leurs unions mentionnés aux articles L. 2131-2, L. 2133-1 et L. 2133-2 relatifs à la création de syndicats professionnels () sont soumis aux obligations comptables définies à l'article L. 123-12 du code de commerce. Lorsque leurs ressources annuelles n'excèdent pas un seuil fixé par décret, ils peuvent adopter une présentation simplifiée de leurs comptes avec la possibilité de n'enregistrer leurs créances et leurs dettes qu'à la clôture de l'exercice. Si leurs ressources annuelles n'excèdent pas un second seuil fixé par décret, ils peuvent tenir un livre enregistrant chronologiquement l'ensemble des mouvements de leur patrimoine. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret ".
8. Aux termes de l'article D. 2135-7 de ce code : " Les syndicats professionnels de salariés ou d'employeurs et leurs unions, et les associations de salariés ou d'employeurs mentionnés à l'article L. 2135-1 dont les ressources au sens de l'article D. 2135-9 sont égales ou supérieures à 230 000 euros à la clôture d'un exercice assurent la publicité de leurs comptes et du rapport du commissaire aux comptes sur le site internet de la direction de l'information légale et administrative. A cette fin, ils transmettent par voie électronique à la direction de l'information légale et administrative, dans un délai de trois mois à compter de l'approbation des comptes par l'organe délibérant statutaire, le bilan, le compte de résultat, l'annexe ainsi que le rapport du commissaire aux comptes. Un arrêté du Premier ministre fixe les modalités de cette transmission. / Ces documents sont publiés sous forme électronique par la direction de l'information légale et administrative, dans des conditions de nature à garantir leur authenticité et leur accessibilité gratuite () ".
9.Selon l'article D. 2135-8 du même code : " Les syndicats professionnels de salariés ou d'employeurs et leurs unions, et les associations de salariés ou d'employeurs mentionnés à l'article L. 2135-1 dont les ressources au sens de l'article D. 2135-9 sont inférieures à 230 000 euros à la clôture d'un exercice assurent la publicité de leurs comptes () dans un délai de trois mois à compter de leur approbation par l'organe délibérant statutaire soit dans les conditions prévues à l'article D. 2135-7, soit par publication sur leur site internet ou, à défaut de site, en direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi. A cette fin, ils transmettent, le cas échéant par voie électronique, leurs comptes () ou le livre mentionné à l'article D. 2135-4 à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi dans le ressort de laquelle est situé leur siège social. / Ces comptes annuels sont librement consultables () ".
10. Le syndicat SAFPTR soutient que, faute d'avoir publié leurs comptes annuels, les syndicats FO Territoriaux Sainte-Marie et UNSA Mairie de Sainte-Marie, n'auraient pas dû être autorisés à prendre part au scrutin. Toutefois, tandis que ces deux syndicats sont affiliés respectivement, pour la première, à la Fédération des personnels des services publics et des services de santé Force Ouvrière et à l'Union départementale FO de La Réunion, et pour la seconde, à la fédération UNSA Territoriaux, le syndicat requérant n'apporte aucun élément de nature à laisser présumer que les syndicats FO et UNSA ayant participé aux élections litigieuses ne satisferaient pas au critère d'indépendance prescrit par les dispositions de l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique. Si le SAFPTR reproche à ces deux syndicats et d'avoir négligé de publier leurs comptes, cette circonstance ne saurait révéler, par elle-même, une absence d'indépendance et de transparence financière. Dès lors, les griefs émis par le syndicat requérant à l'égard des critères d'indépendance et de transparence ne sont pas fondés.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la protestation du syndicat SAFPTR doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Sainte-Marie et par le syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1 : La protestation du syndicat SAFPTR est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Marie et du syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat autonome de la fonction publique territoriale de La Réunion (SAFPTR), à la commune de Sainte-Marie, au syndicat FO Territoriaux Sainte-Marie et au syndicat UNSA Mairie de Sainte-Marie.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Aebischer, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
Le rapporteur,
X. MONLAÜ
Le président,
M.-A. AEBISCHER Le greffier,
D. CAZANOVE
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026