jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de La Réunion |
| Section | Tribunal Administratif de La Réunion |
| N° Dossier | TA101-2300430 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mars 2023, M. C B, représenté par Me Dodat-Akhoun, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de La Réunion à lui verser les sommes de :
- 5000,00 € au titre du préjudice subi pour non-respect du délai de préavis et absence de motif,
- 5000,00 € au titre du préjudice subi pour non-respect du droit à être informé des suites d'un processus de recrutement auprès d'une personne publique,
- 10 000,00 € en réparation des préjudices subis du fait des discriminations dont il estime avoir été victime ;
2°) de condamner le département de la Réunion à lui verser la somme de 1 500,00€ sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du département de non renouvellement de son contrat et rejetant sa candidature à un emploi d'agent routier polyvalent est entachée d'une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité en ce qu'elle méconnait le délai de prévenance prévu à l'article 38-1 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- elle n'est pas justifiée par l'intérêt du service ;
- il n'a pas été informé des suites de ses entretiens de recrutement comme le prévoit l'article 2-10 du décret du 15 février 1988 ;
- elle présente un caractère discriminatoire ;
- les préjudices subis du fait de sa perte de chance de trouver un emploi, des troubles dans ses conditions d'existence et du préjudice moral du fait de son éviction brutale doivent donner lieu à indemnisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mai 2024, le département de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le requérant n'avait pas droit au renouvellement de son contrat ;
- il ne justifie d'aucun des préjudices allégués.
Par une ordonnance du 19 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tomi, première conseillère,
- les conclusions de M. Sauvageot, rapporteur public,
- les observations de Me Dodat pour M. B, et de Mme D pour le département de la Réunion.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté à compter du 10 mars 2019 par le département de La Réunion en qualité d'adjoint technique territorial contractuel pour exercer les fonctions d'agent d'entretien des services routiers en vertu d'un contrat à durée déterminée (CDD) d'un an qui a été renouvelé jusqu'au 10 mars 2021. Il a postulé une première fois sur l'emploi d'agent routier polyvalent le 4 décembre 2020, sans que sa candidature ne soit retenue, avant de se porter candidat une seconde fois à l'emploi d'adjoint technique territorial. Sa candidature a été rejetée le 11 mai 2021. Le 14 novembre 2022, par l'intermédiaire de son conseil, M. B a demandé le retrait de la décision de refus de renouvellement de son contrat et sa titularisation, avant de former le 22 novembre 2022 un recours indemnitaire préalable en vue d'obtenir réparation du préjudice moral, des troubles dans ses conditions d'existence et de la perte de chance de retrouver un emploi. A la suite du rejet implicite de cette demande, M. B demande au tribunal, par la présente requête, de condamner le département à réparer les préjudices subis du fait de son éviction irrégulière.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale modifiée, ce texte étant désormais codifié à l'article L. 332-14 du code général de la fonction publique applicable à compter du 1er mars 2022 : " Par dérogation à la règle énoncée à l'article L. 311-1, pour des besoins de continuité du service, des agents contractuels territoriaux peuvent être recrutés pour occuper des emplois permanents des collectivités et établissements afin de faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire territorial, sous réserve que cette vacance ait donné lieu aux formalités prévues à l'article L. 313-4. / Le contrat de ces agents est conclu pour une durée déterminée dans la limite d'un an. / Le contrat peut être prolongé dans la limite d'une durée totale de deux ans si, au terme de la durée mentionnée au deuxième alinéa, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi concerné par un fonctionnaire n'a pu aboutir. " Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : ()-deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans ;-trois mois avant le terme de l'engagement pour l'agent dont le contrat est susceptible d'être renouvelé pour une durée indéterminée en application des dispositions législatives ou réglementaires applicables ( )".
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 2-10 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'autorité territoriale décide de la suite donnée à la procédure de recrutement. Elle informe, par tout moyen approprié, les candidats non retenus de la décision de rejet de leur candidature ".
5. M. B soutient qu'en s'abstenant de l'informer, dans le délai imparti par les dispositions citées au point 3, de la décision de renouveler ou non son contrat, le département a commis une faute de nature à engager sa responsabilité alors qu'il indique avoir par ailleurs bénéficié d'une promesse d'embauche. Il ne résulte pas de l'instruction que le département aurait effectivement respecté cette exigence. Dès lors, cette carence fautive est de nature à engager la responsabilité du département. Toutefois, le requérant n'établit pas l'existence du préjudice qu'il invoque découlant selon lui de la perte d'une chance d'obtenir un autre emploi au cours de ce délai de prévenance. Il ne justifie pas non plus avoir bénéficié d'une promesse d'embauche. Par suite, il n'est pas fondé à demander l'indemnisation d'un tel préjudice.
6. De même, si M. B fait grief au département de ne pas l'avoir informé des suites données à ses deux candidatures successives à un emploi d'agent d'entretien routier, il résulte toutefois de l'instruction que le département lui a fait savoir, s'agissant de la première candidature, qu'elle avait été rejetée au profit de celle d'un autre agent, M. A, fonctionnaire territorial. S'agissant de la seconde candidature, si le requérant déclare sans être contredit par le département, qu'il n'a pas eu connaissance des suites qui y ont été données, alors qu'il avait bénéficié d'un entretien dont le déroulement avait été positif, il n'établit pas que cette carence l'aurait empêché d'obtenir un emploi. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le défaut d'information allégué est de nature à engager la responsabilité du département.
7. Pour demander la condamnation du département à raison de la discrimination dont il se serait rendu l'auteur à son égard, M. B produit un courriel adressé le 4 octobre 2021 en réponse à ses interrogations par le vice-président du conseil départemental laissant entendre que l'intervention d'un avocat rendait les services " frileux ". Toutefois, il résulte de l'instruction que ce message, postérieur à la décision de rejet de sa candidature datée du 11 mai 2021, n'a pas pu influer sur le sens de cette décision. Quant à l'absence de suite donnée à sa seconde candidature, le grief invoqué par le requérant en ce que celle-ci repose sur une interprétation non corroborée par des éléments objectifs, ne peut suffire à caractériser une situation de discrimination. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le département aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité fondée sur une discrimination.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de M. B, partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de La Réunion.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Blin, président,
M. Monlaü, premier conseiller,
Mme Tomi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
N.TOMI
La présidente,
A.BLINLe greffier,
F.IDMONT
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026